Blogue Marc Denis | Pas si vite, les jeunes!

Malgré ses deux bagues de la coupe Stanley, Matt Murray, des Penguins, sera, avec Andrei Vasilevskiy, du Lightning, le plus jeune gardien de la LNH lors des prochaines séries.
Malgré ses deux bagues de la coupe Stanley, Matt Murray, des Penguins, sera, avec Andrei Vasilevskiy, du Lightning, le plus jeune gardien de la LNH lors des prochaines séries.
Alors que les clubs de la Ligue nationale semblent se tourner, un peu plus chaque saison, vers la jeunesse pour connaitre du succès, surtout à l’attaque, mais aussi en défense, la position de gardien de but semble représenter le dernier bastion de la résistance à cette théorie.

 

Marc Denis | RDS

Collaboration spéciale

 

En effet, alors qu’une poignée d’équipes à peine amorcera les séries avec un gardien flambant neuf entre les poteaux, bon nombre de formations se tourneront à nouveau vers leurs vétérans pour les mener vers les plus hauts sommets. Au moins trois récipiendaires du trophée Vézina, au fil des ans, amorceront le tournoi printanier comme gardien titulaire.

 

Sergei Bobrovsky, décoré en 2013 et 2017, tentera de permettre aux Blue Jackets de finalement remporter la première ronde éliminatoire de leur courte histoire. Après trois tentatives vaines, comme organisation et à titre personnel, à Columbus, Bobrovsky semble mieux protégé grâce à une ligne bleue plus complète.

 

Malgré une saison où il a montré des signes d’essoufflement, Braden Holtby est l’homme de confiance de Barry Trotz avec les Capitals et il tentera de traduire sa vaste expérience en saison régulière en succès collectif lors des séries, ce qui ne s’est pas avéré évident à Washington depuis un certain temps.

 

Tuukka Rask a su retrouver ses repères à temps pour sauver sa saison et celle des Bruins. Le meilleur gardien de la LNH en 2014 a déjà connu l’extase de la victoire et l’agonie de la défaite et il a permis une reconstruction accélérée à Boston.

 

On peut à toute fin pratique considérer que Pekka Rinne, des Predators, mettra la main sur un premier trophée Vézina, en juin prochain, ce qui confirme que les gardiens aguerris ont toujours la cote.

 

Ajoutons à ce groupe relevé les champions de la coupe Stanley Jonathan Quick, des Kings, et Marc-André Fleury, des Golden Knights, tous deux maintenant bien installés dans la trentaine et cumulant, ensemble, plus de 1200 parties amorcées en saison régulière.

 

Comme si la tendance n’était pas assez forte, considérons que Martin Jones, qui a déjà mené les Sharks en grande finale, et Devan Dubnyk, qui est passé par toute la gamme des émotions depuis son acquisition par le Wild, feront aussi partie des têtes d’affiche des prochaines séries.

 

Et dans leurs courses respectives qui n’étaient toujours pas terminées au moment d’écrire ces lignes, les Panthers, avec Roberto Luongo, les Devils, avec Cory Schneider, et les Stars, avec Kari Lehtonen et Ben Bishop, s’en étaient tous remis à des gardiens d’expérience pour leur permettre d’espérer être parmi les équipes repêchées en vue des éliminatoires.

 

La jeunesse maintenant

Il y a, bien sûr, de ces exceptions qui viennent confirmer la règle. Les deux gardiens partants les plus jeunes, quand s’amorcera le premier tour éliminatoire, auront 23 ans. Seuls quatre portiers de 25 ans et moins sur 16 devraient être de la première ronde et ce nombre pourrait être réduit si les Ducks de John Gibson - et du vétéran récipiendaire du Vézina en 2010, Ryan Miller - ne peuvent se qualifier pour les séries.

 

Le bémol quant à la jeunesse de ces gardiens est non négligeable. Malgré les 23 ans de Matt Murray, des Penguins, et d’Andrei Vasilevskiy, du Lightning, le premier a déjà deux coupes Stanley à son tableau de chasse, alors que le second aura plus de 150 matchs derrière la cravate dans la LNH, mais aussi une trentaine dans chacune des ligues professionnelles que sont la Ligue continentale russe (KHL) et la Ligue américaine (AHL).

 

La plus belle surprise chez les nouveaux numéros un du circuit Bettman se nomme Connor Hellebuyck il et aura pour mission de mener les Jets vers la Terre promise. S’il est possible qu’il souffle ses 25 bougies pendant le parcours de son équipe, s’il devait se prolonger jusqu’en finale d’association, il n’est pas un nombril vert lui non plus, avec plus de 130 départs au compteur et la confiance qui l’accompagne.

 

Des explications

S’il appert évident, à la lumière de ce que je viens de vous relater, que les gardiens d’expérience sont encore légion chez les meilleures formations de la LNH, c’est donc dire que l’apprentissage de la position complexe qui nous concerne prends un certain temps.

 

L’explosion et le dynamisme sont des qualités recherchées pour de jeunes attaquants, deux traits qui se perdent chez les vétérans, mais qui sont nécessaires pour se démarquer. La naïveté d’un défenseur recrue qui n’a pas peur de commettre des erreurs risque, de nos jours, de bien servir une équipe qui joue en transition rapide et accélérée.

 

Chez un gardien, la compréhension du jeu, la gestion du match et la précision des mouvements seront toujours plus importants qu’une hyperactivité qui ne permet pas à l’athlète de rester bien en contrôle de ses gestes. Pour bien suivre la rondelle du regard pendant 60 minutes, souvent plus pendant les séries, il faut savoir s’économiser et bien gérer ses décisions, ce qui vient, une fois de plus, avec l’expérience des années.

 

Autant de facettes qui démontrent que les gardiens aguerris ont toujours leur place dans notre sport et qu’il ne faut pas passer le flambeau au suivant trop rapidement.

 

Il y a présentement aucun vidéo de disponible.

Social