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Blogue Pierre Houde | Un rendement bien au-delà des attentes

L’émergence du jeune Jesperi Kotkaniemi (15) a changé la donne dans l’entourage du Canadien cette saison.
L’émergence du jeune Jesperi Kotkaniemi a changé la donne dans l’entourage du Canadien cette saison.
À la pause du Match des étoiles, les joueurs du Canadien venaient d’accomplir un exploit digne de mention: une troisième place au sein de la division Atlantique, ainsi qu’un écart favorable de sept points devant les équipes qui espéraient toujours se faufiler en séries éliminatoires ce printemps. Leur niveau de succès surpassait largement les attentes, y compris celles des amateurs les plus optimistes!

 

Pierre Houde | RDS

Collaboration spéciale

 

L’étonnant rendement du Tricolore depuis le début de la saison 2018-2019 a commencé à se dessiner dès les premiers matchs préparatoires. Mais ce qui est le plus remarquable, c’est sans contredit le progrès collectif qui ne s’est jamais arrêté, même après une cinquantaine de rencontres. Comme l’a souvent répété l’entraîneur-chef, Claude Julien, son équipe a commencé à apprendre à gagner, peu importe l’adversaire, les blessures, les aléas du calendrier et que les matchs aient lieu à domicile ou à l’étranger.

 

Ça commence par le centre

Parmi les nombreux facteurs qui amènent le Canadien à étonner autant la planète hockey jusqu’ici, je retiens d’abord la situation inespérée au poste de centre. Pour être honnête, la plupart d’entre nous avaient émis les perspectives les plus sombres à ce chapitre avant le début de la saison. Les dirigeants de l’équipe avaient eux-mêmes de sérieuses réserves, ce qui avait poussé le directeur général, Marc Bergevin, à offrir un contrat d’un an à Tomas Plekanec.

 

Finalement, tout est tombé en place de façon presque miraculeuse ! Phillip Danault, pour un, a élevé son jeu d’ensemble à un niveau supérieur, devenant une pièce indispensable dans l’échiquier de Julien. Max Domi s’est quant à lui avéré une très grande et agréable surprise. S’il en arrache toujours un peu dans le cercle des mises en jeu, il sait compenser par son ardeur, son intensité, sa haine viscérale de la défaite et par son sens du jeu en zone offensive. Au sein du quatrième trio, quand Matthew Peca a montré des signes de défaillance très tôt dans la saison, Michael Chaput est venu stabiliser les choses en excellant, notamment, dans le cercle des mises en jeu.

 

Mais au fond, l’élément le plus marquant au poste de centre est, sans l’ombre d’un doute, le jeu de Jesperi Kotkaniemi ! Le jeune homme de 18 ans a non seulement percé la formation dès le début de la saison, il a aussi forcé son entraîneur à lui confier de plus en plus de responsabilités à mesure que la saison progressait. À chaque étape du calendrier, on l’a vu ajouter des facettes différentes à son immense coffre d’outils. À un sens inné du hockey, autant sur le plan technique que stratégique, il a ajouté progressivement tous les ingrédients : feintes, tir précis, passes exceptionnelles et même un peu de robustesse au passage. La qualité étonnante de son jeu a eu un effet domino inattendu au sein de l’équipe.

 

Le grand retour de Price et Weber 

Quand l’équipe aurait pu battre de l’aile pour toutes sortes de raisons, Carey Price a repris du service comme l’un des meilleurs gardiens de but de la Ligue nationale. À compter du mois de décembre, particulièrement, il a recommencé à afficher un niveau de jeu supérieur, qui a largement contribué à la séquence de 17 victoires contre 9 défaites entre le 1er janvier et la pause du Match des étoiles. On s’est mis à revoir le Price des beaux jours, techniquement très fort, en contrôle de ses émotions, reconnaissant les charges de l’adversaire et prêt à réparer les erreurs de ses coéquipiers en zone défensive. Bref, on a revu le gardien qui insuffle une telle dose de confiance chez les 18 joueurs devant lui lors d’un match.

 

Il ne faudrait pas oublier, bien sûr, l’effet du retour de Shea Weber sur le brio de son grand ami et gardien. Weber a peut-être mis du temps à retrouver tous ses atouts, ayant été tenu à l’écart du jeu pendant une période totale d’un an, il n’en demeure pas moins qu’il a lui aussi provoqué un effet domino qui a permis aux autres défenseurs de l’équipe de se retrouver là où ils devaient réellement l’être. Ç’a été d’autant plus véridique pour Jeff Petry et Jordie Benn.

 

Chapeau aux entraîneurs  

On a rarement entendu le nom de Claude Julien et de ses adjoints dans l’analyse de la surprenante saison du CH jusqu’ici. Pourtant, ils méritent beaucoup de crédit. Julien a relevé le défi colossal de transformer l’identité du Canadien, et de le faire, de surcroît, avec une équipe très jeune et grandement renouvelée. Il a été calme, mais ferme, patient, mais exigeant, leader, mais ouvert d’esprit, honnête avec la presse et le public, mais protecteur envers ses jeunes troupiers. Le tout, avec un dosage parfait, la plupart du temps. Il a aussi été très moderne dans son approche, ajoutant notamment Dominique Ducharme à son groupe d’adjoints. Unanimement, les joueurs ont salué cet ajout en citant, entre autres, son souci du détail, un facteur si important dans le hockey d’aujourd’hui.

 

Bien au-delà des attentes, dites-vous, cette cuvée 2018-2019 du Canadien? Mais rien n’est obtenu gratuitement dans le sport. Le revirement rapide que l’on vit à Montréal repose sur des éléments tangibles, qui sont aussi grandement prometteurs pour l’avenir.

 

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