Du haut des gradins | Une (autre) occasion ratée pour les Montembeault

Le Québécois Samuel Montembeault n'était pas en uniforme face au Canadien, mercredi soir, au Centre Bell. (Getty)
Le Québécois Samuel Montembeault n'était pas en uniforme face au Canadien, mercredi soir, au Centre Bell. (Getty)

Ceux qui me connaissent savent à quel point le côté humain du hockey me passionne. Après tout, au-delà des matchs et des mouvements de personnel, il y a des intervenants, des gens qui sont à même ces situations pas toujours évidentes, bien souvent hors de leur contrôle. Ce qui m’amène à me pencher sur la situation du gardien de but Samuel Montembeault, qui a encaissé un autre coup dur lors de la visite des Panthers au Centre Bell, mercredi soir.

 

Simon Bédard | Hockey Le Magazine

Rédacteur en chef

 

Contre toute attente, cette victoire de 5-2 des Panthers, Samuel Montembeault l'a contemplée depuis la passerelle de presse. Même pas depuis le banc de son équipe, comme on aurait été en droit de s'attendre.

 

Cette décision a de quoi surprendre. Montembeault ne l’a pas affirmé ouvertement, mais je suis certain qu’il a été habité d’une certaine déception lorsque son entraîneur-chef Bob Boughner lui a fait part de sa décision. Après tout, il s’apprête à entamer sa deuxième saison complète chez les professionnels. Ce genre de nanane, ça vaut beaucoup aux yeux d’un jeune joueur, de temps à autre.

 

Il a beau n’avoir que 21 ans, il n’est plus une verte recrue de la Ligue américaine. L’an passé, il a offert un rendement plus qu’honnête, compte tenu des circonstances, devant la cage de leur club-école de la AHL, les Thunderbirds de Springfield. L’émergence d’Harri Sateri, maintenant dans l’organisation des Red Wings, était venue chambarder quelque peu les plans, mais il avait néanmoins mérité un bref séjour avec les Panthers. Pour faire ça court, la Ligue nationale et les rangs professionnels, ça ne lui est plus étranger. Ce petit velours face à l’équipe de son enfance, il ne l’aurait pas volé.

 

Cette rencontre revêtait un cachet particulier pour le clan Montembeault, qui s’apprêtait à venir des quatre coins de la Mauricie afin de l’encourager. Surtout après cette décision pour le moins douteuse de l’entraîneur-chef Geordie Kinnear, en avril dernier, qui avait préféré Sateri plutôt qu’au Québécois lors de la seule et unique visite des Thunderbirds à la Place Bell. Ce soir-là, faut-il le rappeler, cette partie n’avait plus aucune incidence sur le classement, les deux formations étant déjà éliminées du portrait des séries.

 

On ne se le cachera pas, c’était probablement la seule fois de la saison qu’il avait la chance de se produire devant les siens. Les Panthers miseront sur un club qui bataillera pour les séries éliminatoires cette saison et devant le filet, tout reposera, à moins d’une catastrophe, sur les épaules de Roberto Luongo et James Reimer. Il devra vraisemblablement attendre jusqu’à l’an prochain avant de ravoir pareille opportunité.

 

Samuel Montembeault se relèvera de cette petite claque au visage. Pour le connaître personnellement depuis des années, c’est un jeune homme posé, réfléchi et très easy going. Il ne laisse pas paraitre ses émotions bien facilement et il sera sans doute l’un des premiers à sauter sur la patinoire lors de la prochaine séance d’entraînement des Panthers.

 

N’empêche que ç'aurait été quoi de lui donner les 20 minutes d’action qu’a obtenues le vétéran de 28 ans Michael Hutchinson, hier soir? Ça n’aurait en aucun temps chamboulé les plans de Boughner, qui voulait miser, à quelques exceptions près, sur sa formation « A » le plus rapidement possible dans ce camp.

 

Le pire, c'est que Hutchinson ne devrait même pas être l’adjoint de Luongo cette saison. Ironie du sort, il devrait plutôt partager le travail avec Montembeault avec les Thunderbirds. Une décision à n'y rien comprendre, quoi.

 

En attendant, il doit prendre son mal en patience et accepter des décisions un peu moches comme celle d’hier. Ah, tiens! Les Thunderbirds doivent rendre visite au Rocket, à Laval, les 19 et 20 octobre prochains. Cette fois, la famille Montembeault devrait avoir l'occasion de reprendre ce rendez-vous manqué...

 

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