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La face cachée de Martin Reway

Martin Reway a défendu les couleurs de la Slovaquie lors du plus récent Championnat mondial de hockey junior. (Photo Getty)
Martin Reway en a mis plein la vue lors du plus récent Championnat mondial de hockey junior. (Getty)

Martin Reway vient à peine de franchir le cap de la vingtaine. Sa babyface et son omniprésence sur les médias sociaux le corroborent plutôt bien. Il a beau n’avoir disputé qu’un seul match préparatoire depuis qu’il s’est joint à l’organisation du Canadien, en juin 2013, certains remettent déjà en question son niveau de maturité et son ardeur au travail. Entrevue avec un espoir qui entend bien redorer son blason auprès de ses futurs partisans.

 

Simon Bédard - @simonbedard17

 

C’est depuis sa République Tchèque natale que Reway accepte sans hésiter la demande d’entrevue de Hockey Le Magazine. Rien de trop surprenant là-dedans, diront certains. Ses nombreuses publications Twitter et Instagram démontrent à quel point il aime se mettre en valeur, faire parler de lui. « Je ne crois pas que je publie tant que ça, se défend-il au bout du fil. Je le faisais durant le Championnat mondial junior, c’est vrai, mais sinon, je ne fais que partager quelques photos durant les séries éliminatoires ou avant les matchs importants. »

 

Voilà un peu le genre d’image qu’il projette de l’extérieur : celle d’un jeune joueur bourré de talent, mais dont l’encadrement et la rigueur au travail semblent parfois faire défaut. En plein le genre d’image que les partisans du Canadien n’apprécient guère. Tenez, les frères Kostitstyn pourraient certes vous en glisser un papier. « Les gens ont droit à leur opinion et je n’y peux rien, mentionne le choix de quatrième ronde (116e au total) du Tricolore en 2013. Si les amateurs ne m’aiment pas, je ne peux que leur prouver qu’ils ont tort d’agir ainsi envers moi. Tu devrais demander à mon coach s’il m’a déjà adressé des reproches semblables. Si les dirigeants du Canadien ont quelque chose à me dire par rapport à la manière dont je joue, ils n’ont qu’à m’en faire part et je tenterai de m’améliorer. »

 

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L’attaquant de 20 ans n’a rien fait pour s’attirer les éloges des partisans en ne se présentant pas au camp d’entraînement du CH, en septembre dernier, à Brossard. Reway sait que sa décision n’a pas fait l’unanimité au sein de l’état-major, mais ne pouvait faire autrement, assure-t-il. « Il ne fait aucun doute que j’aurais aimé y prendre part, jure l’ex-attaquant des Olympiques de Gatineau. Je faisais partie de l’équipe de mon pays au Championnat du monde, l’an dernier, à Minsk, et c’est pourquoi je n’ai pu venir à Montréal cet automne. Par contre, j’aurais été prêt à tout pour y être! »

 

La vérité, c’est qu’il a décidé de quitter Gatineau et de retourner dans sa ville natale de Prague afin de venir en aide à sa famille, qui peine à joindre les deux bouts. C’était la décision logique à prendre après tout ce que ses proches avaient fait pour lui par le passé, croit Reway. « Ma famille a toujours passé avant tout, dit-il. Elle a toujours pris soin de moi, m’a acheté mon équipement de hockey et elle a toujours cru en moi. Aujourd’hui, elle est dans le trouble et c’est normal que je sois là pour l’aider. C’est la principale raison pour laquelle j’ai décidé de rentrer à la maison. Je garde fréquemment le contact avec elle et je me précipite à son secours lorsqu’elle a besoin de moi. C’est tout naturel chez moi… »

 

Un enfant au royaume des adultes

 

Une autre de ces raisons, c’est que Reway a maintenant la chance de jouer avec des hommes. Dans la cour des grands, comme il a toujours rêvé de le faire. Rien de personnel contre l’organisation des Olympiques, tempère-t-il, mais plutôt une belle opportunité de démontrer son savoir-faire au royaume des adultes. « J’ai toujours aimé jouer contre des hommes et c’était une priorité pour moi que de pouvoir le faire le plus tôt possible, explique le porte-couleurs du HC Sparta. Cette année, le Championnat du monde a lieu en République Tchèque et si j’étais retourné à Gatineau, je n’aurais pas pu y prendre part. Ce sera un gros tournoi et un gros défi pour moi. »

 

 

Depuis le début de la saison, celui qui a grandi en Slovaquie – il représente d’ailleurs ce pays sur la scène internationale - prend tous les moyens nécessaires pour conquérir le cœur de ses admirateurs dans la métropole. Même s’il fait figure de jeunot dans le vestiaire du HC Sparta, le jeune homme répond par la bouche de ses canons sur la patinoire. Sa récolte de 37 points (9-28) en 34 parties en saison régulière en dit long sur le potentiel qu’il possède. « Ce fût une bonne saison dans l’ensemble, mais cela ne veut plus rien dire présentement, car nous tirons de l’arrière 2-0 en séries éliminatoires, déplore le jeune homme de 5 pi 8 po et de 170 lb. Par contre, nous allons changer le momentum de la série et la remporter! Présentement, toute mon attention est portée sur les séries et sur le Championnat mondial, si on m’offre la chance d’y participer. »  

 

Avec tout ce qui a circulé à son sujet au cours des derniers mois, Reway fait preuve de prudence lorsque vient le temps de discuter de son avenir à court et à moyen terme avec le Canadien. L’expérience qu’il a vécue au Centre Bell, à l’occasion du plus récent Championnat mondial junior, a ravivé la flamme en lui, mais l’organisation du CH ne lui a pas donné signe de vie pour autant au cours des derniers mois. « C’était fantastique d’être de retour dans cet amphithéâtre, sourit le principal intéressé. Les partisans étaient incroyables et c’est toujours plaisant de vivre une telle expérience en tant que porte-couleurs de son pays. En même temps, je n’ai pas eu beaucoup de discussions avec le CH cette saison et j’ai entendu quelques rumeurs à mon sujet lors de la date limite des transactions. Par contre, ce n’était que des spéculations, j’imagine… »

 

 

Martin Reway se dit flatté lorsqu’il prend connaissance des propos élogieux qu’a tenus le directeur général Marc Bergevin à son sujet, plus tôt cette saison. Enfin quelque chose de positif sur lequel bâtir en attendant de savoir s’il sera invité à prendre part au prochain camp d’entraînement du club, doit-il se dire. « C’est sûr que c’est plaisant à entendre, conclut-il. Je ne lui ai pas encore parlé cette année, mais ça fait du bien au moral. Tu sais, tout le monde s’améliore avec le temps et j’ai plus d’expérience aujourd’hui que j’en avais à mon premier camp, en 2013. J’en aurai encore plus l’an prochain et ça s’en ressentira par une prise de décision plus intelligente et par un jeu d’ensemble plus complet. »

 

Des petits joueurs comme Martin Reway, le Canadien en regroupe déjà plusieurs. Mais du nombre, peu sont aussi talentueux que lui...

 

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