De joueur à entraîneur: Pascal Dupuis

Pascal Dupuis et Dany Dubé
Tout au long de la saison, la nouvelle application Play360, par l’entremise de Dany Dubé, s’entretiendra avec des anciens joueurs de la Ligue nationale qui ont développé une nouvelle passion pour le coaching. Une belle façon pour eux de donner au suivant, tout en restant plongé dans un univers qu’ils connaissent plus que quiconque. Ce mois-ci, l’ancien attaquant des Penguins, Pascal Dupuis, s’ouvre sur son nouvel emploi d’entraîneur du côté de Blainville.
 

Dany Dubé | Hockey Le Magazine

Collaboration spéciale

 

DANY DUBÉ  Pascal, où as-tu fait ton hockey mineur? 

PASCAL DUPUIS  Je l’ai fait ici, à Boisbriand, avec les Seigneurs de Mille-Îles. J’ai grandi dans le coin et disons qu’ici, c’est mon univers! J’ai également évolué pour les Sélects du Nord après un petit accrochage parental qui a mené à une séparation. J’ai décidé d’aller jouer pour les Sélects par la suite. Je suis toujours demeuré dans le coin et j’ai toujours eu un pied à terre à Boisbriand.

 

DD  Parle-moi un peu du programme pour lequel tu es maintenant entraîneur.

PD  C’est un programme qui appartient à la Ligue de hockey préparatoire scolaire du Québec (LHPSQ). On est associé avec l’École internationale Lucille-Teasdale de Blainville. C’est une gang de jeunes qu’on appelle d’abord et avant tout des étudiants-athlètes. C’est tellement difficile, ici au Québec, de les garder sur les bancs d’école. Si je suis capable de m’impliquer grâce à ce que j’ai fait dans la vie, soit le hockey, et de leur transmettre ma passion pour ce sport tout en les aidant à demeurer à l’école, ce sera déjà ça de gagné. Ici, c’est simple : si tu es en échec scolaire, tu ne sautes pas sur la patinoire avec les autres joueurs. Mon garçon [Kody] fait partie du programme. Il a 12 ans et il est en secondaire un. Il évolue dans ce qu’on appelle du M13 [moins de 13 ans].

 

DD  Tu me parlais de tes parents. Ton père t’a-t-il déjà dirigé?

PD  Il me coachait des estrades ! C’était ce genre d’entraîneur-là. Il m’entraînait dans l’auto en revenant, à la maison et même pendant l’été. La game, je la jouais quatre, cinq et même six fois dans ma tête! Il y a des gens qui vont dire que ç’a dû fonctionner parce que je me suis rendu jusqu’à la Ligue nationale, mais d’un autre côté, en tant que père, je ne fais pas ça à mon gars. Je ne reproduis pas ce genre de choses-là. Je ne dis pas qu’il n’y aura jamais de reproches, mais ce sera toujours constructif, sous forme de discussion entre deux personnes. Je n’ai aucun reproche à adresser à mon père, en passant. Tout a déjà été dit, tout a déjà été fait.

 

DD  Tu diriges Kody cette saison. Est-ce difficile de faire la distinction entre le père et l’entraîneur?

PD  Au début, ce n’était pas toujours facile et en étant l’entraîneur de ton garçon, on marche toujours sur une ligne mince. Tu ne veux pas faire de favoritisme parce que c’est ton gars, mais en même temps, tu le sais que tu vas être un peu plus dur envers lui. Tu sais ce que ça prend et ce qu’il est en mesure de te donner. Je suis témoin de ses habiletés et de sa personnalité depuis qu’il est haut comme trois pommes. Lorsqu’il ne te l’offre pas à tous les jours, que ce soit sur ou à l’extérieur de la glace, ça vient te chercher un peu.

 

DD  Dans ce temps-là, estimes-tu qu’il est préférable que ce soit l’un de tes adjoints qui intervienne auprès de lui?

PD  J’ai la chance d’avoir de bons entraîneurs avec moi qui me disent ‘C’est beau, je m’en occupe’. En même temps, j’ai la chance d’avoir le garçon que tout entraîneur rêve d’avoir. Sans que j’aie besoin de le pousser, c’est lui qui travaille le plus fort. C’est quelque chose d’inné en lui. Il a dû prendre exemple sur quelqu’un au cours des dernières années… [rires]

 

DD  Penses-tu que ça peut être lourd pour lui à l’occasion?

PD  C’est certain que c’est le fils du coach, mais aussi le fils de Pascal Dupuis. Il a ce nom-là brodé à l’arrière de son chandail à toutes les parties. Il vit avec ça, mais il le gère vraiment bien si tu veux mon avis.

 

DD  Quelles valeurs veux-tu véhiculer auprès des jeunes?

PD  Ce que je connais. Ce que je connais, c’est la rigueur et l’ardeur au travail. C’est comme ça que je suis parvenu à atteindre la Ligue nationale. Je n’étais pas le meilleur. Oui, j’avais des aptitudes qui m’ont permis de me rendre jusque-là, mais je pense que c’est le travail qui m’a permis d’atteindre le prochain niveau, d’y demeurer et d’y faire ma marque.

 

DD  Qu’as-tu trouvé le plus difficile de ton passage de joueur à entraîneur?

PD  Quand tu n’es pas prêt à arrêter de jouer et que c’est une situation médicale qui t’oblige à abdiquer, c’est difficile et il fallait absolument que je me retrouve à nouveau sur une patinoire. J’aime être sur la glace et ça me permettait d’y retourner trois ou quatre fois par semaine avec mon équipe et mon garçon. Grâce à mon travail d’entraîneur avec les Diabolos, je vais rechercher un petit quelque chose que j’avais peut-être perdu en étant forcé de prendre ma retraite.

 

DD  Est-ce qu’un entraîneur t’a déjà prodigué un conseil ou une recommandation qui t’est utile auprès des jeunes aujourd’hui?   

PD  Probablement Jacques Lemaire, mon premier entraîneur-chef avec le Wild du Minnesota à mes débuts dans la Ligue nationale. J’arrivais du junior majeur, où je venais d’inscrire 50 buts, et il est venu me dire ‘Tu n’as pas un bon bâton. Tu ne coupes pas assez de jeux pour évoluer dans cette ligue-là’. Aujourd’hui, si tu demandes aux gens du milieu ce qu’ils retiennent de moi, ils vont probablement te répondre que je coupais des jeux et que je patinais bien. J’étais alerte, je coupais des jeux dans les airs et j’avais vraiment un bon bâton. Ça m’avait tellement marqué ce que Jacques m’avait dit! Je me demandais ce qu’il voulait dire par là, mais dans le fond, je ne coupais pas assez de jeux, je n’étais pas toujours positionné dans les lignes de passes et j’avais souvent les mains dans les airs en échec-avant. Ça m’avait vraiment marqué.

 

DD  En tant qu’entraîneur, le travail en atelier, est-ce quelque chose que tu favorises dans ton approche?     

PD  Il y a beaucoup de travail en atelier, oui. C’est important d’essayer de maximiser ce que tu fais sur la patinoire pour que les exercices que tu leur montres deviennent une habitude pour eux. C’est drôle à dire, mais il faut les laisser se planter, des fois… Il faut leur donner que quelques directives au tableau et observer comment ils se débrouillent par la suite. Tu remarques rapidement les petits gars qui assimilent bien les mouvements et qui sont smarts sur une patinoire, ainsi que ceux pour qui ça peut prendre plus de temps, mais qui vont néanmoins arriver au même point que les autres au final. Comme entraîneur, il faut connaître ses joueurs et savoir que l’approche va être différente avec chacun d’entre eux. Un bon entraîneur est celui qui va pouvoir aller vers celui pour qui tout semble lui réussir et être capable de lui amener une technique de plus, mais aussi amener celui qui a vraiment de la difficulté vers l’atteinte de son objectif.

 

DD  Est-ce que tes objectifs de coach transcendent le pointage ou les statistiques personnelles?

PD  Avec moi, c’est cinq dollars du but, trois dollars de la passe et une boîte de Timbits chez Tim Hortons pour les étoiles et les tours du chapeau. Je fonctionne toujours comme ça [rires]. Pour vrai, je ne suis vraiment pas un gars de statistiques. Si on pouvait enlever ça dans le hockey mineur, ce ne serait pas une mauvaise chose. De toute façon, on le voit. Lorsqu’on regarde une partie ou un jeune s’exercer sur la patinoire, on les voit, les athlètes. La majorité des gens qui évoluent dans le hockey sont capables d’identifier ceux qui se démarquent du lot. C’est plus de cette façon-là que j’aimerais que ça fonctionne, des fois.

 

DD  Finalement, Pascal, penses-tu que de plus en plus d’anciens joueurs décideront de s’impliquer auprès des jeunes du hockey mineur comme tu le fais présentement?

PD  J’ai pris deux minutes pour regarder ce qui se passait ailleurs. Présentement, les pays qui sont les plus productifs en matière de joueurs de haut calibre, ce sont la Suède, la Finlande et, bientôt, les États-Unis. Pourquoi? Parce que ceux qui dirigent les équipes de ces pays sont pratiquement tous d’anciens joueurs de la Ligue nationale ou de haut niveau. Ils ont décidé de s’impliquer et tenter de redorer le blason de leur pays à l’échelle mondiale. Je veux faire la même chose ici. Si je peux aider une gang de mon coin et que ça peut profiter à notre sport national au Canada, c’est certain que je vais le faire.

 

LES EXERCICES DE PASCAL DUPUIS

 

1) Parcours de glisse

Parcours de patinage autour des cônes avec emphase sur l’ouverture des patins pour glisser.

 

Points clés

-Patin avant en position ouverte (cheville intérieure face à l’adversaire);

-Dégagement des mains pour éloigner la rondelle de l’adversaire;

-Corps entre la rondelle et l’adversaire.

 

 

2) Délai et synchronisation en zone offensive

L’objectif de cet exercice est de travailler la synchronisation entre deux joueurs en zone offensive.

 

Points clés

-Ajuster sa vitesse pour s’assurer que la passe s’effectue bien en entrée de territoire;

-Créer un délai avec un virage vers la bande pour attendre son coéquipier.

 

 

3) Trois contre deux « Duper »

Le trois contre deux « Duper » est l’exercice favori des joueurs de Pascal Dupuis. Il s’agit d’un exercice en continue avec transition entre les deux zones. On remarque que tous les joueurs qui ne sont pas impliqués dans le trois contre deux en cours et celui en attente sont positionnés dans le cercle central pour favoriser une entrée large dans le territoire lors de la transition.

 

Points clés

-Jeu en retrait;

-Charge dans le corridor central et passe transversale.

 

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