Hockey Le Magazine

Des rondelles de caoutchouc partout en Amérique du Nord en provenance de... Saint-Jérôme!

 

Avez-vous déjà pris le temps de vous questionner à savoir où sont fabriquées les rondelles de hockey utilisées par vos joueurs de la Ligue nationale favoris? Préparez-vous à être surpris: depuis plus de 30 ans, ces rondelles sont fabriquées à... Saint-Jérôme, sur la couronne Nord de Montréal! Hockey Le Magazine est récemment allé à l’Usine Soucy Baron Inc. afin de démystifier un peu la fabrication de ces objets de caoutchouc.

 

Jasmin Leroux | Hockey Le Magazine

Collaboration spéciale

 

L’odeur au sein de l’usine rappelle tout ce qu’on pourrait imaginer du caoutchouc. Au coeur même de l’usine, ils sont plusieurs dizaines à travailler avec cette matière pour développer un tas d’objets. En fait, les rondelles de hockey ne sont qu’une infirme partie de la business de l’Usine Soucy Baron.

 

« C’est loin d’être la chose pour laquelle nous investissons le plus de temps. Par contre c’est assurément un aspect de notre travail qui nous rend très fiers », lance Guy Meredith, superviseur aux opérations de l’usine.

 

Les employés, qui cumulent en moyenne une ancienneté de 25 ans avec cette compagnie, retirent une grande fierté à voir leurs rondelles sur les patinoires de la Ligue nationale, dont celle du Centre Bell.

 

« La majorité des employés ont eu à toucher à la fabrication des rondelles dans leur parcours. Mais d’avoir travaillé avec la Ligue nationale pour mettre en place les paramètres de congélation des rondelles au cours des années 2000, par exemple, est un aspect supplémentaire qui nous rend très fiers », poursuit M. Meredith.

Parce qu’à une certaine époque, les rondelles étaient livrées aux équipes, mais leur utilisation était loin d’être optimale et dans les conditions recommandées aux quatre coins du circuit.

 

« On a fait des tests à notre usine pour en arriver à la conclusion que la température idéale d’une rondelle était de -4 à -8 degrés pour avoir le minimum de rebonds possible. Plus la rondelle est chaude ou plus elle est gelée, plus les rebonds augmentent. On a structuré les façons de faire un peu partout à travers la ligue pour être certain que nos rondelles soient de la meilleure qualité possible au moment de les mettre en jeu sur la patinoire », mentionne-t-il.

 

Avant de voir un officiel déposer une rondelle sur la patinoire, cette dernière doit réussir plusieurs tests afin de s’assurer qu’elle est conforme aux normes fixées par le circuit Bettman. Des normes qui sont évidemment très strictes.

 

« On fait près d’une dizaine de tests sur la rondelle. Ça concerne le poids [qui est entre 162 et 164 grammes], on mesure la résilience, communément appelé le rebond, et on surveille la planéité de la rondelle pour s’assurer qu’elle glisse bien sur la glace », énumère-t-il.

 

De Saint-Jérôme à Sherbrooke… avant d’arriver à New York ou Los Angeles!

Ces rondelles de caoutchouc qui aboutissent sur les patinoires des plus grands amphithéâtres de la Ligue nationale passent par bien des endroits avant d’arriver à destination. Si elles naissent à Saint-Jérôme, elles passent ensuite à Sherbrooke, dans les bureaux de la compagnie Inglasco Inc., qui est quant à elle responsable du traitement des rondelles depuis bien longtemps.

 

C’est cette compagnie qui est en contact direct avec la Ligue nationale et qui gère non seulement l’envoi des rondelles, mais aussi d’un paquet d’articles promotionnels qui sont sa propriété.

 

Inglasco est en charge de faire imprimer le logo des équipes et tout ce qu’il y a à imprimer sur une rondelle. Ensuite, on peut procéder à la distribution aux quatre coins de l’Amérique du Nord.

 

Et des rondelles, croyez-nous, il y en a une tonne à expédier! Chaque équipe de la Ligue nationale peut en utiliser au moins une trentaine par match, « un nombre qui peut augmenter en séries éliminatoires avec les prolongations en continue d’une durée de
20 minutes chacune. En fait, on ne sait jamais tout à fait combien de rondelles les organisations utilisent par match » soutient J.D. Ross, responsable de la vente aux équipes professionnelles chez Inglasco.

 

Et la moyenne de temps de jeu d’une rondelle avant qu’elle soit retirée par un arbitre ? Cela peut être aussi bas que... deux minutes!

 

Une association de longue date

Si certains se demandent comment cette usine de Saint-Jérôme a pu décrocher un contrat aussi prestigieux, il faut savoir que cette association remonte à il y a bien longtemps déjà.

 

« En 1984, la compagnie Inglasco a fait une approche auprès de la Ligue nationale pour le développement de la rondelle et le développement de la formule du caoutchouc qui permet de respecter ses normes. On a commencé à concevoir et à fabriquer les rondelles de la Ligue nationale dans notre usine depuis le début des années 1990 et nous avons toujours renouvelé ce contrat depuis », confie Guy Meredith.

 

Une étape importante de ce contrat est survenue lorsque la Ligue nationale a exigé que les rondelles de toutes les équipes soient exactement les mêmes, ce qui n’était pas le cas par le passé. C’est à ce moment que la collaboration entre ces deux compagnies québécoises a pu voir le jour pour en arriver au résultat que l’on connaît aujourd’hui.

 

« C’est une association importante pour nous, un échange de bons procédés entre l’Usine Soucy Baron et Inglasco depuis bien des années. On a toujours travaillé de concert avec elle pour avoir un produit final qui respectait nos standards et qu’on était fiers d’acheminer aux équipes de la Ligue nationale par la suite », mentionne J.D. Ross, de la compagnie Inglasco.

Et pour les curieux, sachez que la rondelle qui était utilisée par Wayne Gretzky et Mario Lemieux dans les années 1980 et 1990 est pratiquement la même que celle utilisée par Sidney Crosby et Connor McDavid de nos jours.

 

« Ce sont les mêmes tests. Le caoutchouc a peut-être évolué de façon mineure et les outillages utilisés pour fabriquer la rondelle ont été mis à jour au fil des ans, mais ça demeure assez minime comme changements. On en est encore aux mêmes spécifications qu’à l’époque et si on les changeait, ç’aurait un impact sur toute l’histoire de la Ligue nationale », conclut M. Ross.

 

Les étapes de fabrication d’une rondelle de hockey

1) Mélangeage qui consiste à prendre tous les ingrédients et les matières premières — caoutchouc naturel et synthétique — et les mettre dans un mélangeur pour obtenir un caoutchouc qui n’est pas vulcanisé.

 

2) Prendre le caoutchouc non-vulcanisé et le réchauffer sur de gros rouleaux pour être capable de préparer le caoutchouc et le mettre dans un preformer, qui servira
à couper les ébauches de caoutchouc au bon poids.

 

3) Les passer à travers d’un réfrigérateur pour les refroidir et ainsi éviter une vulcanisation, et arrêter la réaction chimique.

 

4) Étape de moulage où on veut avoir la réaction chimique en les mettant dans des moules et en les plaçant au four, à 170 degrés, pendant 12 minutes.

 

5) Inspection et différents tests pour s’assurer que les rondelles sont conformes et qu’elles répondent aux exigences.

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