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Guillaume Latendresse et Félix Potvin: le parcours de deux anciens de la LNH devenus entraîneurs au niveau midget AAA

Photo Getty
Après avoir connu des carrières couronnées de succès au niveau professionnel, certains passionnés de ce sport veulent maintenant transmettre leur savoir aux plus jeunes. Mais est-ce que le fait d’avoir joué dans la Ligue nationale garantit du succès à titre d’entraîneur au hockey mineur ? Rien n’est moins sûr, lorsqu’on sait que Wayne Gretzky lui-même a connu des difficultés lorsqu’il a choisi de mettre le costard et d’entraîner une équipe de la LNH…

 

Jasmin Leroux | Collaboration spéciale

 

« La première chose qu’on remarque, c’est que les mentalités ont changé par rapport à l’époque où moi je jouais au hockey mineur. Il faut s’adapter et prôner la patience. Parfois, on peut penser que ce sera facile et trouver que le jeu est lent, mais on doit ramener notre raisonnement à comment on était lorsqu’on jouait à ce niveau », mentionne d’entrée de jeu Félix Potvin, entraîneur-chef des Cantonniers de Magog dans la Ligue de hockey midget AAA du Québec (LHMAAAQ).

 

Potvin a disputé 635 matchs dans la LNH, entre 1991 et 2004, et il avait joué au niveau midget AAA avec Montréal-Bourassa, en 1987-1988.

 

De son côté, l’ancien entraîneur-chef des Riverains du Collège Charles-Lemoyne, Guillaume Latendresse, parle des difficultés de transmettre ce qu’on croyait acquis à un jeune joueur de 15 ou 16 ans.

 

« Il y a une différence entre l’acquis d’un joueur et ce qu’il doit apprendre. Pour moi, faire une passe sur la palette du bâton, c’est standard, mais je me suis rendu compte qu’il fallait travailler des habiletés comme celle-là. C’est beau de le voir, mais il faut le transmettre au jeune », note-t-il.

 

Latendresse est de 16 ans plus jeune que Potvin et a joué 341 matchs dans la LNH entre 2006 et 2013, dont 232 avec le Canadien. Il est donc issu d’une époque différente en ce qui a trait à la culture du hockey et pourtant, les défis restent les mêmes pour celui qui avait excellé au niveau midget AAA avec ces mêmes Riverains, entre 2001 et 2003, en récoltant 102 points en 83 parties.

 

Des valeurs à transmettre aux jeunes

Pour réussir en tant qu’entraîneur-chef, il est acquis qu’il faut avoir de solides valeurs à transmettre aux joueurs, sur qui nous avons autorité. C’est quelque chose dont Potvin est pleinement conscient.

 

« J’ai toujours eu les mêmes valeurs que mes entraîneurs. Peu importe ce que j’ai réalisé dans ma vie, il faut avoir du respect pour les autres », explique-t-il.

 

C’est d’ailleurs un témoignage que Latendresse vient corroborer en d’autres mots. « Je ne suis pas le genre d’ancien joueur qui croit tout connaître sur le hockey. Je suis super ouvert aux nouveaux points de vue qui sont parfois meilleurs que ceux que j’avais. L’une des valeurs qu’il faut avoir, c’est d’être ouvert d’esprit et d’être à l’écoute des gens qui nous entourent. »

 

Tender enchaîne ensuite avec une phrase-clé dans son témoignage. « Ce n’est pas parce que tu as joué dans la LNH que tu vas être un meilleur entraîneur que quelqu’un qui n’y a jamais goûté. Ce serait faux d’affirmer ça. Peut-être qu’au début j’ai pensé que ça pourrait être un facteur, mais plus maintenant. C’est surtout ce que tu peux apporter comme leadership en arrière du banc d’une équipe qui fera de toi, à long terme, un bon entraîneur-chef », tranche-t-il.

 

Des réflexes d’entraîneurs qui se développent depuis bien longtemps

Pour ces joueurs qui ont choisi la voie du coaching, pouvons-nous affirmer qu’il s’agissait d’une carrière prédestinée à la fin de leurs années sur la glace? Parfois oui, mais pas toujours.

 

« Lorsque je jouais, j’aimais regarder comment on gérait un match ou une pratique. Il m’arrivait de dessiner, chez moi, un exercice qu’on venait de faire sur la glace pour ne pas l’oublier. Ça, je l’ai toujours eu en moi. Lorsqu’on se rend dans la Ligue américaine ou dans la LNH, je pense qu’on a la passion du hockey. Mais la passion d’entraîner, celle-là, elle n’est pas innée, non. Le meilleur moyen, c’est de l’essayer et de voir quelle émotion ça peut amener », affirme Latendresse avec conviction.

 

Le parcours de l’ancien 84 est tout de même spécial, lui qui a dû mettre fin à sa carrière de hockeyeur prématurément, à 25 ans, après avoir souffert de commotions cérébrales. Il s’est donc rapidement redirigé vers le métier d’entraîneur.

 

S’il y a bien un enseignement à retenir, c’est qu’il faut beaucoup de patience, de respect et de persévérance pour percer dans le milieu. Au bout du compte, ce sont les jeunes qui sont les grands gagnants, alors qu’ils peuvent bénéficier d’une expérience sans précédent et d’un vécu que peuvent leur transmettre Félix Potvin, Guillaume Latendresse et tous ces autres anciens joueurs reconvertis dans plusieurs domaines du hockey.

 

Guillaume Latendresse a quitté ses fonctions d’entraîneur des Riverains à la fin mars.

 

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