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Hilary Knight: à la conquête du Québec

Hilary Knight (Getty)

Une vedette mondiale du hockey féminin est maintenant bien installée à Montréal. Entrevue avec Hilary Knight, une jeune femme prête à participer au rayonnement de son sport dans la province, au pays et même à travers le monde!

 

Jasmin Leroux | Hockey Le Magazine

Collaboration spéciale

 

En mars 2018, les Canadiennes de Montréal ont frappé un très grand coup. L’un des plus gros de l’histoire de la concession, sans aucun doute. L’équipe a confirmé la venue de la vedette américaine Hilary Knight pour la fin de la saison et pour les séries éliminatoires. Une expérience qui s’est renouvelée pour la saison 2018-2019.

 

« C’est drôle parce que chaque fois que j’étais venue au Canada auparavant, c’était en portant un gilet aux couleurs des États-Unis ou de Boston, mentionne l’athlète qui aura 30 ans en juillet quant à ses premiers pas à Montréal. J’avais l’habitude de me faire huer fréquemment. À présent, je suis de l’autre côté, celui qui reçoit les encouragements des spectateurs qui aiment et apprécient réellement le hockey sur glace. C’est une expérience vraiment unique en son genre. Dès les premières semaines où je suis arrivée ici, j’ai pu apprécier l’hospitalité et la gentillesse des fans qui m’accueillaient comme l’une des leurs. C’est plutôt génial. »

 

Et au-delà de tout ce support du public, la motivation de faire grandir le sport ailleurs que dans sa terre natale a pesé dans la balance afin de justifier sa venue en sol québécois.

 

« La première chose, c’est que je crois en l’organisation, explique Knight. Je crois en ce qu’elle essaie de faire pour le hockey féminin et j’adore le support que l’on reçoit du Canadien. Je suis enthousiaste à l’idée de faire grandir notre sport et d’apprendre de différentes personnes. J’étais à Boston depuis quelques années déjà et c’était le temps de changer. »

 

Une entrée remarquée

Son arrivée à Montréal a été fracassante tant au niveau de la couverture médiatique de sa venue qu’au support des amateurs, qui accueillaient cette nouvelle avec joie. Il fallait être au Complexe sportif Bell de Brossard pour son premier match, le 11 mars 2018, afin de s’en rendre compte.

 

« C’est une chose à laquelle j’ai dû m’adapter, convient-elle. Au début, je ne comprenais pas vraiment! Cependant, j’ai toujours cru que ma performance sur glace devait appuyer ma crédibilité hors glace. Pour moi, ma mentalité, c’est l’équipe d’abord. Lorsque j’enlève mes patins, que je sors de l’amphithéâtre, ça devient ‘Comment peut-on faire pour faire progresser le hockey féminin, le mettre sur la carte?’ »

 

Un regard vers l’avenir et des objectifs qui font rêver

Le hockey féminin est en constante progression. Tant les chiffres que le niveau de jeu sur la glace peuvent en témoigner. Malgré tout, il y a encore beaucoup de paliers à franchir afin d’améliorer le produit. Knight en est bien consciente.

 

« Le nombre d’amateurs a beaucoup augmenté dernièrement et j’ai l’impression qu’on a plus de bénévoles chaque jour, dénote-t-elle. Je crois que la ligue est en train de s’établir en tant que sport traditionnel. On doit aussi s’ouvrir vers d’autres pays. Bien sûr, on a quelques joueuses de différents pays, mais j’aimerais voir des fédérations permettre à leurs hockeyeuses de venir jouer ici. La croissance du sport est un autre point important. J’aimerais voir une augmentation dans les salaires pour que l’on puisse jouer aussi longtemps que nécessaire sans devoir avoir un second emploi. J’aimerais aussi voir nos matchs être diffusés et offerts en diffusion en continu aussi souvent que possible. Trouver ce pont qui permettra au produit sur la glace de rejoindre ses amateurs à travers le monde représente un obstacle de taille que l’on doit surmonter. »

 

Plus personnellement, il ne semble pas y avoir d’ambitions trop élevées pour l’Américaine, qui pourra peut-être même, un jour, nous livrer ses commentaires en français!

 

« J’apprends lentement le français, conclut-elle. Certaines de mes coéquipières et moi n’avons aucun lien avec la langue, mais on songe à suivre un cours ensemble. Lorsque je me retrouve en immersion dans une nouvelle culture, apprendre les civilités du langage est très important pour moi. Donc en étant à Montréal, il est important que les premières paroles soient ‘Bonjour’ ou ‘Salut’, par exemple. C’est une marque de respect et c’est amusant d’apprendre une nouvelle culture. Parfois, la seule façon de le faire, c’est à travers la langue. »

 

À n’en point douter, Hilary Knight pourrait avoir le Québec à ses pieds avant longtemps!

 

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