Le Lightning maintenant arrivé à maturité

 

CÉDRIC PAQUETTE NE S’EN CACHE PAS. LES JOUEURS DU LIGHTNING SONT TANNÉS D’ÉCHOUER LÀ OÙ ON S’ATTEND À CE QU’ILS RÉUSSISSENT. PERÇUS COMME L’UNE DES ÉQUIPES À BATTRE DANS L’ASSOCIATION EST DEPUIS QUELQUES SAISONS, ILS NE SONT TOUJOURS PAS PARVENUS À ATTEINDRE LA TERRE PROMISE MALGRÉ DES PARCOURS REMPLIS DE PROMESSE. PORTRAIT D’UNE FORMATION QUI S’EST TOUTEFOIS DONNÉE TOUTES LES MUNITIONS POUR REMÉDIER À LA SITUATION CE PRINTEMPS.

 

Simon Bédard

sbedard@ovationmedias.com

@simonbedard17

 

Lorsque le Lightning a été éliminé en quatre parties lors du premier tour des séries éliminatoires de 2014 contre le Canadien, le noyau de l’équipe était bien jeune et commençait à peine à acquérir du millage dans la Ligue nationale. Depuis, à l’exception d’un petit pas de recul involontaire l’an passé, la formation n’a cessé de progresser. Ce sont du moins les conclusions tirées par Julien BriseBois, adjoint au directeur général de l’équipe.

 

« En 2014, on a vu qu’on était un club qui était vert, analyse-t-il à Hockey Le Magazine. On n’était pas encore mûr pour une longue présence en séries. Ça nous a ouvert les yeux et on a réalisé que malgré une bonne saison régulière, on avait encore des croûtes à manger pour pouvoir rivaliser avec les vrais aspirants. En 2015, on a vu qu’on était capable. On a atteint la finale de la Coupe Stanley et on a été en mesure de rivaliser avec les Blackhawks, une équipe aguerrie, alors que notre noyau n’en était qu’à une première expérience aussi unique. L’année suivante, on a perdu en sept matchs contre les Penguins en finale d’association. C’était vraiment une série qui aurait pu aller d’un bord comme de l’autre, même qu’on la menait 3-2 à un certain moment. Parfois, ça ne prend pas grand-chose pour gagner ou perdre une série. Un petit détail ici, un petit détail là peut faire pencher la balance d’un côté comme de l’autre. »

 

Cédric Paquette a encore le cœur qui saigne lorsqu’on revient sur ces deux plus récentes éliminations des siens. Surtout sur cette défaite en finale, en juin 2015, au cours de laquelle il avait inscrit deux gros buts importants.

 

« Je vais t’avouer que ça n’a pas été facile, concède le Québécois. Lors des matchs quatre, cinq et six de la finale, je rêvais que je soulevais le trophée. Ensuite, quand tu es sur la patinoire et que tu vois les joueurs des Blackhawks gagner et célébrer, ça donne un dur coup. Ç’a été difficile, mais on est passé par-dessus et je crois que l’équipe est maintenant prête pour une autre longue playoffs run. »

 

UN LIGHTNING BEAUCOUP PLUS MATURE

Progression et maturité: voilà les principaux points qui sont ressortis de notre entretien avec Paquette et BriseBois. Oui, le Lightning est devenu plus mature grâce à l’expérience acquise depuis 2014. Mais aussi parce que l’équipe a procédé à quelques mouvements de personnels qui lui a permis de mettre la main sur quelques bons leaders ici et là.

 

« Si tu n’as pas de bons leaders, tu auras de la difficulté à faire un bout de chemin en séries, relate le numéro 13 des Bolts. Avec l’ajout de Kunitz [Chris] et Girardi [Dan], ç’a vraiment changé la dynamique dans la chambre. Ils peuvent nous ramener sur terre, de temps à autre. Kunitz a gagné deux coupes de suite et il sait ce que ça prend pour se rendre jusque-là. Il parle souvent dans le vestiaire et ça nous fait du bien d’entendre ses histoires. Ça nous motive encore plus. »

 

« Je crois qu’on a progressé depuis quelques saisons, renchérit l’adjoint au DG Steve Yzerman. Point [Brayden] et Gourde [Yanni] n’étaient pas là, même en 2016. Maintenant, on a un Sergachev [Mikhail] qui vient nous donner un peu de profondeur en défense. Mais on a aussi ajouté Girardi, McDonagh [Ryan] et Kunitz, entre autres, qui ont du vécu en pareille situation. Ils comprennent ce que ça prend et ils savent comment gérer les émotions qui viennent avec un long parcours en éliminatoires. Toutes ces petites choses-là font en sorte qu’on est mieux préparé et qu’on a un meilleur club cette année. Est-ce que ce sera suffisant ? Rendu en séries, ce sera à nous de faire nos preuves. On va rencontrer d’autres bonnes équipes. »

 

BIEN SAVOIR GÉRER UN LONG CALENDRIER

D’une honnêteté rafraîchissante, Paquette n’est pas passé par quatre chemins pour expliquer le petit pas de recul qu’ont connu les hommes de Jon Cooper l’an dernier. Par hâte d’entamer les séries et d’enfin répondre aux attentes placées en eux, il croit que lui et ses coéquipiers ont négligé leur rendement en saison régulière.

 

« Ça nous a rendus plus fort, ça nous a améliorés, assure-t-il. En début de saison, je ne te cacherai pas qu’on ne s’attendait pas à vivre ça. Le problème, c’est qu’on voulait passer immédiatement aux séries avant même d’avoir disputé les matchs de la saison. On voulait se rendre aussi loin que lors des années passées, mais en amorçant les séries tout de suite. On s’est rendu compte qu’il fallait d’abord connaître du succès en saison régulière pour arriver en séries avec du momentum. »

 

BriseBois n’a pas voulu divulguer autant de détails que son joueur, mais reconnaît que l’organisation a appris de tout cela.

 

« Je ne sais pas si ce pas vers l’arrière était nécessaire dans notre processus, mais je sais qu’on a beaucoup appris de ça, se contente-t-il de répondre. On a appris qu’on ne peut rien prendre à la légère ni s’asseoir sur notre talent. On a tiré plein de leçons qui ont guidé nos décisions et notre façon de faire les choses cette année. »

 

RÉALISER LE GROS COUP DANS LA MESURE DU POSSIBLE

Une façon de faire qui s’est traduite par un coup d’éclat réalisé lors de la date limite des échanges, le 26 février dernier, alors que le Lightning a acquis les services du défenseur-étoile McDonagh et de l’attaquant J.T. Miller, des Rangers, en retour, entre autres, de l’attaquant Vladislav Namestnikov, de jeunes espoirs et de choix au prochain repêchage de la Ligue nationale.

 

« En se réveillant ce matin-là, on n’avait pas la certitude qu’on ferait quelque chose cette journée-là, explique BriseBois. On travaillait sur certains dossiers depuis quelque temps, mais on n’avait pas la conviction qu’on en serait réellement capable. À l’interne, on savait qu’on était au sommet du classement général et qu’on avait une bonne équipe dans son ensemble, mais Steve avait quand même identifié certains besoins au sein de notre formation. Il voulait entre autres améliorer notre équipe au niveau du Top 4 en défense. C’était la priorité, mais on regardait aussi pour être plus lourd, plus physique à l’attaque. Cette transaction nous a permis de répondre à ces deux besoins. »

 

Maintenant que McDonagh et Miller sont membres du Lightning, difficile d’identifier meilleure formation dans l’Association Est. Une équipe qui regorgeait déjà de talent, dont le noyau mûrit ensemble depuis la saison 2013-2014 et qui peut maintenant miser sur des vétérans d’expérience. Le mélange parfait, quoi!

 

« Ce sont deux joueurs qui répondent à des besoins, qui font en sorte qu’on sera plus difficile à affronter en séries, analyse l’adjoint au DG. On a ajouté deux joueurs d’environ 215 lb chacun. Sur une série de sept affrontements, ça devient pesant et ce sera un avantage marqué pour nous. De plus, on n’a pas sacrifié de la vitesse. On sait que ce sont de bons joueurs qui vont nous aider. Ceci étant dit, ce sera à nous de s’assurer que la chimie opérera et qu’on exécutera bien le plan de match. Rendu à ce stade-ci de l’année, tu veux simplement que ton groupe peak au bon moment et qu’il demeure en santé. »

 

Cette fois pourrait bien être la bonne pour Cédric Paquette et le Lightning. Le parcours en route vers une première conquête de la coupe Stanley depuis 2004 s’annonce éreintant et périlleux, mais le jeune homme est convaincu que les Bolts en sont rendus là dans leur ascension.

 

« On a hâte de prouver aux gens qu’on est capable d’accomplir cet exploit, qu’on est prêt à tout pour gagner, conclut-il. On a un noyau qui est demeuré le même depuis notre participation à la finale et on est maintenant prêt. Aujourd’hui, on sait ce que ça prend pour gagner en séries. On sait que ce sera ardu, une guerre de tranchées, mais on est prêt à tout. »

 

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