Maxime Boisclair: transmettre son talent de marqueur naturel

Maxime Boisclair (Getty)
Dans une ère où les buteurs naturels sont en demande au hockey, où il est de plus en plus difficile d’afficher des statistiques qui font écarquiller les yeux, il y en a un qui avait réussi, au début des années 2000, un fait d’armes assez unique. Retour sur le parcours de Maxime Boisclair, qui transmet maintenant sa passion du hockey et son talent de marqueur aux attaquants des Riverains du Collège Charles-Lemoyne midget AAA. 

 

Jasmin Leroux | Hockey Le Magazine

Collaboration spéciale

 

« Cette saison 2005-2006 a été incroyable, commente Boisclair lorsqu’il revient sur la meilleure année de sa carrière au hockey. C’est difficile d’expliquer comment tout ça a pu arriver. On était une famille tissée serrée ».

 

En 2005-2006, le natif de Port-au-Prince, en Haïti, a réussi 70 buts en 70 matchs avec les Saguenéens de Chicoutimi, dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, terminant la saison avec un total de 130 points. Preuve de l’accomplissement quasi unique qu’il a réussi, ils ne sont que trois joueurs à avoir inscrit 70 buts en une saison depuis le début du millénaire. Simon Gamache, en 2000-2001, Boisclair, en 2005-2006, et Thomas Beauregard, l’année suivante, en 2006-2007.

 

« Pour marquer 70 buts en une saison, il faut d’abord beaucoup de chance à certains moments, dit-il. Il faut aussi avoir des coéquipiers aussi incroyables que les miens. David Desharnais, entre autres, m’a tellement aidé [il avait amassé 85 mentions d’aides lors de cette saison]. Tout avait tombé en place pour moi cette saison-là. »

 

« J’en conserve d’incroyables souvenirs et j’ai aussi gardé contact avec plusieurs d’entre eux, dont David et Julien Brouillette, ajoute-t-il. Nous avions une attaque massive qui frôlait les 30 % d’efficacité et j’ai marqué 43 de mes 70 buts avec un patineur en plus. C’était incroyable ! »

 

Pour le meilleur ou pour le pire?

De nos jours, de moins en moins de joueurs revendiquent des statistiques aussi spectaculaires. Boisclair croit savoir pourquoi.

 

« Maintenant, je remarque que les 12 attaquants et les 6 défenseurs sont des joueurs d’habiletés, opine celui qui est présentement âgé de 33 ans. Tout le monde peut marquer des buts et contribuer offensivement. Petit à petit, le côté robustesse du jeu a été délaissé. Ça fait en sorte que même si tu es opposé au cinquième ou sixième défenseur de l’équipe adverse, ça demeure un excellent joueur qui pourra être capable de te contrer. Les joueurs sont davantage conçus dans le même moule, je trouve. »

 

Un hockey nord-américain qui tend donc à se rapprocher de celui préconisé en Europe. Boisclair a disputé deux saisons là-bas, en 2010-2011 et 2011-2012, et il y remarque de plus en plus de similitudes dû au fait qu’on a progressivement délaissé l’élément robustesse, ici, en Amérique du Nord. 

 

Donner au suivant dans un circuit qu’il affectionne

Depuis cinq saisons maintenant, Boisclair se consacre davantage sur ses tâches d’entraîneur. Il n’a pas délaissé la glace, mais il affectionne particulièrement ce nouveau milieu. Pour sa première saison au niveau midget AAA, avec les Riverains, il se réjouit du travail qu’il doit effectuer avec les attaquants de l’équipe.

 

« J’aime beaucoup le midget AAA, confie-t-il. Les gars veulent apprendre et ils ont du talent et de la motivation. Ça rend les choses plus faciles lorsque tu dois travailler avec eux. Ça me permet de redonner ce que j’ai appris. »

 

On comprend mieux l’attachement qu’il a envers le midget AAA lorsqu’on sait que l’entraîneur qui l’a le plus marqué dans sa carrière est celui qu’il a eu avec les Cantonniers de Magog midget AAA, en 2000-2001, Judes Vallée.

 

Boisclair venait de quitter le domicile familial de Drummondville et il dit avoir beaucoup appris de ce pilote. Le numéro 97 avait terminé la saison avec 49 points en 41 matchs, ce qui lui avait ouvert les portes de la LHJMQ dès la saison suivante. Au cours de son passage dans le circuit Courteau, le Québécois aura amassé 173 filets et 343 points en 334 matchs.

 

Bien qu’il n’ait pas été en mesure d’atteindre la Ligue nationale, les souvenirs et les apprentissages tirés de sa carrière de hockeyeur auront fait de lui l’homme qu’il est devenu aujourd’hui. De belles valeurs à transmettre aux jeunes de 15 et 16 ans qui rêvent eux aussi des plus hauts sommets.

 

Il y a présentement aucun vidéo de disponible.

Social