Hockey Le Magazine

Notre sport national, notre passion: Claude Legault

Claude Legault (Getty)

Depuis le 23 novembre dernier, dans la plupart des salles de cinéma du Québec, le film Junior majeur, la suite du populaire film Les pee-wee 3D, fait le bonheur des jeunes et moins jeunes. On y retrouve notamment Claude Legault dans le rôle du père peu commode d’un espoir de demain. Entretien avec le populaire comédien sur sa passion du hockey.

 

Simon Bédard

sbedard@ovationmedias.com

@simonbedard17

 

SIMON BÉDARD: Claude, es-tu un amateur de hockey ?

CLAUDE LEGAULT: Tout à fait. Depuis que je suis conscient que ce jeu-là existe, donc depuis que j’ai cinq ou six ans, je suis un fan de hockey. Pour moi, l’arrivée de l’hiver n’est pas quelque chose de malheureux, mais bien d’heureux. Quand la neige et la glace arrivent, je jubile ! Je suis content. Je sais que la saison de la Ligue nationale recommence, mais je ne suis pas juste le Canadien et la LNH. Je regarde les autres ligues, comme les femmes, par exemple. J’aime le hockey en général.

 

SB: Quelle place le hockey occupe-t-il dans ta vie personnelle ?

CL: C’est énorme. Ç’a toujours été dans ma vie, en fait. Je prendrais cinq éléments de la vie qui me caractérisent et le hockey devrait y être. J’aime le regarder, le jouer, je collectionne des chandails de hockey, j’aime les jeux de hockey – même les jeux de hockey sur table – et les cartes à collectionner. J’aime le hockey actuel comme celui d’autrefois, le Canadien même s’il m’énarve ces temps-ci. J’aime le hockey tout court. Je me sens aussi bien à regarder ou pratiquer le hockey qu’à déboucher une bonne bouteille de vin ou jouer un rôle qui m’intéresse. Pour moi, le hockey fait partie des choses positives de ma vie.

 

SB: Dirais-tu que tu aimes plus le jouer, le regarder ou est-ce impossible de trancher ?

CL: Quand tu es tout petit, tu le regardes. Dans la plupart des cas, on a commencé à aimer le hockey en le regardant. J’aime beaucoup le regarder, quoiqu’il y a des années plus pénibles que d’autres. Mais je ne suis pas juste le CH. Quand il me tombe sur les nerfs, je vais aller regarder d’autres équipes que je trouve intéressantes. J’aime bien les Jeux olympiques, les championnats du monde, mais pour ce qui est de jouer sur la glace, je le fais beaucoup moins maintenant, même si je joue encore en bottine, en gymnase ou dans une cour d’école. En plus, je suis pratiquement avec les mêmes gars avec qui j’étais il y a 20 ans. Le 31 décembre, c’est une tradition de faire un match en campagne, en famille, au chalet. À 23 h, on sort dehors après avoir mangé et on sépare tout le monde en deux ou trois équipes. Tout le monde s’habille avec des chandails de hockey et on joue jusqu’à deux ou trois heures du matin.

 

SB: Qu’est-ce qui te fascine tant dans ce sport-là ?

CL: Ç’a l’a changé, je trouve, surtout sur le plan de la vitesse. Ce qui me fascine, c’est l’esthétique. La patinoire, à huit clos, c’est assez serré. Jouer sur une patinoire avec des bottes fixées sur des lames, c’est déjà assez spécial comme jeu ! [rires] La vitesse du jeu, quand on était jeune, on les trouvait rapide. Maintenant, ils ne seraient plus rapides comparativement à ceux d’aujourd’hui, mais dans le temps, ils l’étaient quand même plus que la majorité du monde. C’est un jeu très robuste, explosif, qui te met sur les nerfs. Ils sont toujours dans le tapis, au maximum de leur cardio. Un terrain de soccer, c’est grand, mais il y a des joueurs à diverses positions sur le terrain et ils peuvent marcher, de temps à autre. Au hockey, tu ne peux pas te laisser glisser [rires]. C’est trop petit. C’est rapide, spectaculaire, ça cogne dur et il y a une ambiance d’enfer dans les arénas. J’adore ça.

 

SB: Quel est ton plus beau souvenir relié au hockey, que ce soit en tant que joueur ou simple partisan ?

CL: J’en ai eu des beaux. J’ai suivi toutes les saisons du Canadien des années 1970, mais je te dirais plus précisément quand le CH a vaincu les Flyers en quatre parties, en 1976, pour mettre un terme au règne des « débiles » qu’étaient les Flyers à l’époque. Ils avaient terni le hockey à un point effrayant. Autant les Européens, lorsqu’ils sont arrivés, avaient apporté du sang neuf positivement, autant Philadelphie l’avait fait reculer pendant des années. J’avais suivi cette série-là, le Tricolore l’avait emporté en quatre et j’étais tellement content ! J’étais heureux que la coupe retombe enfin dans les mains d’un club de hockey et non de « sauvages ». C’était aussi le début des quatre coupes Stanley de suite des années 1970.

 

SB: Assistes-tu régulièrement à des matchs au Centre Bell ?

CL: J’aime ça aller au Centre Bell, c’est sûr. Par contre, je n’achète plus vraiment de billets pour y aller. Quand Subban [P.K.] est arrivé ici, il y a quelques années, ça m’avait redonné le goût d’aller au hockey, car j’avais décroché un peu avec les mauvaises décisions de Bob Gainey et Pierre Gauthier. Ensuite, Price [Carey] commençait à arriver, tout comme Subban et Gallagher [Brendan]. Je croyais que c’était reparti pour de bon, mais Subban, qui était vraiment aimé par beaucoup, beaucoup de gens, est parti. J’ai fini par l’accepter et je croyais que l’organisation savait où elle s’en allait en procédant à ce move-là, mais finalement, elle s’est trompée. J’aime ça y aller quand même, mais des fois, je trouve ça trop bruyant. On fait trop de choses à l’extérieur de la patinoire pour essayer de nous faire oublier que le show n’est pas bon sur la glace. Des fois, je me dis « Arrêtez, c’est correct. On veut juste regarder la game ! Faites juste demander à Mme Bibaud de jouer de l’orgue et on va être correct. » Mais j’aime encore ça et c’est le fun d’être sur place, particulièrement en séries éliminatoires. Mais je me souviens aussi du Forum, à l’époque. Il y avait des billets pour les gens debouts, dans les hauteurs. Je n’avais pas beaucoup d’argent pour y aller, alors je m’en achetais et je restais debout. 

 

SB: Depuis le 23 novembre dernier, on peut te voir dans le film Junior majeur, la suite de Les pee-wee 3D. Parle-nous un peu de ton personnage et de la suite de ce film tant apprécié du public.

CL: C’est le fun, car je suis rendu trop vieux pour incarner un joueur dans un film de hockey, mais je peux quand même faire un parent ou un entraîneur. Ce qui est cool, c’est que je joue le genre de parent qu’on dit qu’on ne veut pas avoir dans les arénas. Le genre de parent qui crie et qui met trop de pression sur son enfant. C’est ça que je devais faire et j’aimais ça, car c’est le genre de personnage que je n’aime pas dans la vraie vie. Ça me permettait de m’amuser à le rendre encore plus cave. C’est un bon film et les jeunes sont vraiment très bons. Le premier, il y a quelques années, avait eu de bonnes critiques, mais je m’attends à ce que le deuxième soit aussi bon, sinon meilleur. Je suis bien confiant.

 

SB: Pouvoir combiner son métier de comédien à l’une de ses plus grandes passions, le hockey, ça doit être amusant, non ?

CL: C’est vraiment le meilleur des deux mondes. J’aime être acteur, jouer des scènes et je m’en allais en tourner dans des arénas, c’était très hot. Des fois, je pouvais passer des heures à l’aréna à apprendre mes textes, mais j’en profitais aussi pour aller voir les personnes qui aiguisaient les patins, préparaient les uniformes, etc. On me laissait entrer partout, donc j’en profitais pour jaser avec tout le monde et découvrir les coulisses du hockey. Je parlais même avec le conducteur de la zamboni et je trouvais ça bien excitant. Une game de hockey, ce n’est pas seulement les joueurs sur la patinoire. Il y a toute une préparation derrière ça. J’étais chanceux de pouvoir faire ça. C’est un beau film pour l’automne et les Fêtes.

 

EN TIRS DE BARRAGE

 

*Ton équipe préférée dans la LNH? Ça demeure encore le Canadien, mais tout près, les Blackhawks.

*Quelles sont tes idoles de jeunesse?
J’ai toujours eu un faible pour les défenseurs, car j’en suis un moi-même. Guy Lapointe, dans le temps du Big Three, était mon joueur préféré. Ensuite, Chris Chelios et Andrei Markov.

*Qui t’impressionne le plus dans la LNH en ce moment? C’est sûr que c’est Connor McDavid. C’est effrayant! Suivi de près par Auston Matthews. Ils n’ont pas fini, en plus...

*Ton joueur préféré chez le Canadien? [Hésitation] Gallagher. Il se présente à tous les matchs, peu importe le gabarit du joueur adverse. Il répond toujours présent. Si la moitié du club avait du coeur comme lui, ce serait solide.

*Le plus beau chandail dans la LNH? Le rouge des Blackhawks, le rouge du Canadien et le blanc des Blackhawks.

*Et celui que tu aimes le moins? Celui de l’Avalanche est assez abominable. C’est effrayant... C’est dommage pour Ottawa, mais celui des Sénateurs est aussi ordinaire, quoiqu’il est moins laid. 

*Le joueur que tu détesterais le plus affronter dans la LNH? Oh, boy! [Hésitation] Brad Marchand. C’est un très bon joueur, mais il est vraiment vicieux. Absolument vicieux.

*Des joueurs avec lesquels tu aurais été prêt à tout pour jouer à leurs côtés l’instant d’une rencontre? Oh, boy! Attends un peu [hésitation]. Je dirais Guy Lafleur et Mark Messier. Je serais le pire des trois! 

*En juin prochain, le gagnant de la coupe Stanley sera? Il y a plusieurs équipes aspirantes cette année, mais je crois que les Penguins seront encore l’équipe à battre. Ils sont encore solides et ça va prendre tout un club pour les éliminer. Sinon, j’irais avec les Ducks dans l’Association Ouest.

 

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