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Notre sport national, notre passion | Patrice Robitaille

Patrice Robitaille (Isabel Rancier)
Détrompez-vous, Patrice Robitaille n’est pas qu’amateur des Nordiques de Québec, comme on pourrait être porté à le croire. Oui, ses plus beaux souvenirs sont principalement rattachés aux Bleus et cette haine pour le Canadien se fait ressentir après une discussion d’une quinzaine de minutes en sa compagnie. Mais il est par-dessus tout un véritable amateur de notre sport national et des 31 formations de la Ligue nationale. Entrevue éclair en compagnie d’un véritable boute-en-train.

 

Simon Bédard

sbedard@ovationmedias.com

@simonbedard17

 

Simon Bédard: Patrice, es-tu un fan de hockey?

Patrice Robitaille: Oui, je suis un fan de hockey et j’en regarde énormément, au grand désespoir de ma douce. Je joue également deux fois par semaine, depuis plus de 15 ans, dans une ligue d’artistes. C’est vraiment trippant ! Quand on est travailleur autonome, on a la liberté de jouer sur l’heure du dîner. À la télévision, je ne regarde pas juste le Canadien. J’ai tous les postes rattachés au hockey de la LNH et ça me permet de regarder tous les matchs possible, même un duel entre les Red Wings et les Sabres [rires].

 

SB: Quelle place le hockey occupe-t-il dans ta vie personnelle?

PR: J’ai une vie chargée, oui, mais en même temps, j’ai l’âge que j’ai [44 ans] et j’ai de jeunes enfants. Sortir dans les bars et toutes ces choses-là, c’est terminé pour moi, alors le soir, j’aime bien passer du temps avec ma blonde, qui travaille souvent de la maison. Lorsqu’elle s’installe avec son ordinateur pour travailler, j’en profite pour mettre ça au hockey. Par contre, je dois avouer que parfois, on regarde la télévision ensemble et je peux t’assurer qu’on ne regarde pas de matchs de hockey.

 

SB: Préfères-tu jouer au hockey ou le regarder à la télévision?

PR: J’adore le regarder à la télévision, mais lorsque tu joues, ça t’apporte quelque chose de différent. J’ai joué longtemps lorsque j’étais plus jeune et j’aimais le vestiaire, la compagnie de mes amis avec qui je jouais et le côté boys club. J’aime aussi l’effort physique que ça exige. Ce n’est pas un sport que tu pratiques pour être en forme ; il faut vraiment que tu le sois pour jouer. C’est tough ! C’est déjà tough dans une ligue de garage entre chums, alors je n’ose même pas imaginer ce que ça doit être en séries éliminatoires dans la LNH.

 

SB: Qu’est-ce qui te fascine tant dans le hockey?

PR: Je suis tellement en admiration avec le potentiel des joueurs de la LNH, c’est complètement malade ! Quand tu pratiques un sport et que tu vois les professionnels à l’œuvre, tu t’aperçois du step entre les deux. Ça n’a pas de bon sens ! C’est juste malade à quel point ces joueurs ont des habiletés incroyables. Des fois, j’ai besoin de le partager avec ma blonde ! [rires] Je mets la télévision sur pause et je recule la séquence pour qu’elle la voit au ralenti. Mais on va se le dire, elle s’en fout royalement !

 

SB: Parle-moi un peu de ton amour pour les Nordiques… 

PR: Ils sont arrivés à Québec en 1974 et je suis né en 1979, alors le calcul n’est pas trop difficile à faire. Au moment où je me suis mis à aimer le hockey, les Stastny étaient à leur peak. C’était tout simplement malade ! On avait un beau club et j’ai appris à détester le Canadien, qui était l’ennemi juré. Maintenant que les Nordiques sont partis, l’ennemi est encore là, alors je me plais toujours à le haïr ! Le plus drôle, c’est que j’ai quitté Québec pour Montréal la même année qu’ils sont déménagés au Colorado. Depuis que je suis à Montréal, les partisans du CH n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent ! C’est juste le fun, je trouve. Le sport permet, à mon avis, de s’achaler un peu entre fans. Il y a quelque chose de plaisant, d’unique et de différent dans le sport et la partisannerie.

 

SB: Ton plus beau souvenir relié au hockey, que ce soit comme joueur ou simple amateur?

PR: Le tournoi pee-wee de Québec, c’est évident ! J’y ai pris part deux années de suite et lors de la deuxième, on a perdu en finale contre Mississauga. C’est un beau souvenir malgré tout. C’était spécial de pouvoir jouer au Colisée Pepsi, l’amphithéâtre de mon enfance. Je pense aussi au Face-à-face des Célébrités Ford, auquel je participe depuis quelques années au Centre Bell. C’est un beau trip, car on a la chance de vivre l’expérience comme si on était de vrais pros. Il y a quand même près de 10 000 personnes dans les gradins et il y a aussi les reprises de nos séquences sur l’écran géant. C’est là qu’on s’aperçoit à quel point on est mauvais. C’est dégueulasse ! Mais c’est vraiment la totale et on peut se faire croire, le temps de quelques heures, qu’on est un pro. Sinon, en tant que partisan, j’aimais bien aller aux matchs des Nordiques. Je prenais un autobus qui se rendait directement au Colisée. Je m’en allais là tout seul avec un billet acheté à l’unité. Mes parents me faisaient vraiment confiance, quand j’y repense. J’avais été à un match de séries contre les Whalers de Hartford et c’était écoeurant ! Tout le monde était habillé en blanc, un peu comme c’est le cas à Winnipeg lors des séries.

 

SB: En terminant, du côté carrière, tu as eu la chance d’avoir quelques rôles en lien avec le hockey, dont les films Maurice Richard et Junior Majeur, et les téléséries Les Boys et Patrice Lemieux 24/7. Qu’est-ce qu’on ressent quand on peut combiner métier et passion?

PR: C’était juste formidable ! Je pouvais gagner ma vie en me prenant pour un sportif d’élite. Pour un passionné comme moi, c’était juste superbe ! Quand tu aimes le sport, tu ne peux pas demander mieux que d’être payé pour camper ce genre de rôles. Les Boys, ç’a quand même été cinq ans à rire et à s’amuser avec tous mes camarades qui en faisaient partie. Pour ce qui est de Maurice Richard, je capotais vraiment ! Écoute, j’étais dans le même vestiaire que plein de joueurs professionnels comme Mike Ricci, Sean Avery, Ian Laperrière, Vincent Lecavalier et Mathieu Dandenault. C’est le plus près du pro que j’ai été ! [rires] Les gars étaient vraiment cool. On a même eu la chance de sortir avec eux à l’occasion.

 

En tirs de barrage

 

*Ton équipe préférée dans la LNH?

Je n’ai pas de club préféré. Il y en a que j’affectionne plus que d’autres, comme les Sharks, les Bruins et les Flyers, mais je suis d’abord et avant tout un amateur de beau hockey. 

 

*Ton ou tes idoles de jeunesse? 
Peter Stastny. C’est vraiment un no-brainer ! C’était un bon joueur de hockey, capable de prendre soin de lui à l’occasion. Pour moi, il avait tout pour lui.

 

*Qui t’impressionne le plus actuellement dans la LNH?       

Ryan Getzlaf et Evgeni Malkin. Sinon, Matthew Tkachuk, avec les Flames, c’est vraiment mon genre de joueur. Il a du talent tout en étant un peu chien. Ça prend des joueurs comme ça dans un club de hockey.

 

*Ton joueur préféré chez le Canadien présentement ?

J’ai toujours eu du respect pour des joueurs comme Brendan Gallagher, Paul Byron et Phillip Danault. Ça n’a rien à voir avec le talent, mais bien avec l’ardeur au travail.

 

*Le plus beau chandail dans la LNH?

[Hésitation] J’opterais pour celui des Blackhawks, même si c’est un classique, ainsi que pour celui des Sharks et des Golden Knights. J’aime bien le vieil uniforme des Flames également.

 

*Et celui que tu aimes le moins?

Celui des Hurricanes. Il est vraiment plate. Je suis tanné de cette mode d’avoir une bibitte comme logo… C’est rendu que c’est seulement des bibittes avec des dents. Au baseball, les Cardinals ont un moineau comme sigle et c’est tout un club de balle ! On n’est pas obligé d’avoir quelque chose avec des dents, c’est quétaine…

 

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