Hockey Le Magazine

Samuel Girard: la fulgurante ascension de la tornade de Roberval

 

Mi-août. Samuel Girard a rendez-vous avec Hockey Le Magazine sur une terrasse extérieure d’un restaurant du Centropolis de Laval. Quelques minutes auparavant, la Ligue de hockey midget AAA du Québec (LHMAAAQ) vient d’en faire l’une de ses têtes d’affiche de la campagne Je garde mon sport en santé ! pour la saison 2018-2019. Oui,  les choses vont à cent mille à l’heure dans la vie de ce jeune homme d’à peine 20 ans. Rencontre.

 

Simon Bédard | Hockey Le Magazine

Rédacteur en chef

 

Attablé sur la terrasse du restaurant, Girard semble dans un bon état d’esprit. Vêtu d’un complet et soigneusement peigné, il ne refusera aucune demande d’entrevue et prendra le temps d’échanger avec chacune des personnes qui l’abordera. Il a beau n’être âgé que de 20 ans, il fait déjà preuve de beaucoup de classe et de maturité.

 

« Quand le président des Élites de Jonquière [Michel Simard] m’a contacté pour m’annoncer que j’allais être l’une des têtes d’affiche de la campagne, j’étais vraiment content, raconte-t-il. C’est un honneur pour moi d’être l’un des quatre parrains policiers. Il y a de très bons joueurs qui sont passés avant moi et être l’un des élus pour la saison 2018-2019, c’est un privilège. Je suis content de ce qui m’arrive présentement. »

 

De ce qu’il parvient à réaliser, du moins. Car son ascension est à ce point fulgurante depuis son passage avec les Élites, en 2013-2014, qu’il n’a pas encore pris conscience de tout.

 

« Je n’aurais pas cru ça possible il y a quelques années à peine, convient-il. Mon objectif était de jouer dans la LNH le plus rapidement possible, mais si quelqu’un m’avait dit, il y a cinq ans, que j’allais y être en 2018, je n’aurais pas été convaincu du tout. C’est quand même difficile de s’établir dans la LNH à l’âge de 19 ans, surtout pour un défenseur. En même temps, j’ai toujours cru que je pouvais réaliser mon rêve le plus rapidement possible. Chaque été, lorsque je m’entraînais, j’avais cet objectif en tête. »

 

C’est d’ailleurs grâce à cette force de caractère innée, à cette capacité à repousser les barrières qu’il est parvenu à faire mentir bien des détracteurs tout au long de son ascension jusqu’à la Ligue nationale. Un trait de personnalité qu’il doit à ses parents, affirme-t-il.

 

« C’est l’une des valeurs inculquées par mes parents, croit le Québécois. Dans la vie, de la confiance, ça t’en prend, mais pas trop. C’est comme ça que je perçois la vie. Lorsque tu te présentes à un camp d’entraînement, tu dois être confiant de pouvoir faire l’équipe, mais il doit aussi y subsister un petit doute qui va t’inciter à offrir le meilleur de toi-même et à être le meilleur sur la patinoire. » 

 

C’est probablement ce qui lui a permis de surprendre tous ces gens qui, tout au long de son parcours dans le hockey mineur, prenaient un malin plaisir à lui rappeler qu’il était trop petit. Trop petit pour atteindre le prochain niveau, mais, surtout, pour atteindre le circuit Bettman.

 

« Je n’ai jamais cru que je n’allais pas être capable de me rendre loin à cause de ma grandeur, assure le défenseur de l’Avalanche. Moi, je ne pensais pas vraiment à ça et les gens ne le disaient pas directement à moi, mais plus à mes parents. Quand j’étais dans le bantam AA, on disait que je n’atteindrais jamais le midget AAA. Rendu là, j’ai connu une grosse année, mais ils disaient que je ne serais pas capable de produire dans le junior. Dans la LHJMQ, on ne croyait pas plus en mes chances de tirer mon épingle du jeu face à des gars beaucoup plus gros et grands que moi. Lorsque j’ai été repêché par les Predators, on a continué à dire que je n’évoluerais jamais dans la LNH à cause de mon size. À mon premier camp pro, j’ai été parmi les derniers défenseurs retranchés. L’an dernier, je suis parvenu à faire ma place dans la LNH. Je suis content d’avoir fait mentir ces personnes-là. Pour moi, ce n’était qu’une source de motivation supplémentaire. Je ne me laissais pas détruire par ça. Je voulais démontrer aux jeunes de petit gabarit que c’est possible, parfois, de réaliser ses rêves. »

 

Arrivé au bon moment

Oui, la force de caractère de la Tornade de Roberval l’a certes aidé à faire mentir bien des gens, mais il faut avouer que la Ligue nationale est en pleine évolution. Il reconnaît lui-même qu’il y a une dizaine d’années, il lui aurait été bien plus difficile de s’établir dans le circuit, surtout à un si jeune âge.

 

« La game a changé et de nos jours, les dirigeants recherchent des défenseurs qui patinent, qui bougent la rondelle et qui ont un certain instinct offensif, note l’ex-arrière des Cataractes de Shawinigan. Si tu mesures 5 pi 10 po, mais que tu es capable de sortir le disque de ton territoire et d’effectuer de bonnes premières passes, tu vas avoir ta place. Les attaquants qui évoluent dans la LNH sont les meilleurs au monde. En possession de la rondelle, ils peuvent réussir n’importe quoi. La mentalité a changé aujourd’hui. »

 

Le natif de Roberval cite, à juste exemple, des défenseurs tels que Ryan Ellis, des Predators, Tyson Barrie, de l’Avalanche, et Torey Krug, des Bruins, qui font partie des meilleurs à leur position malgré leur petite taille.

 

« J’arrive dans la LNH au bon moment, se réjouit le numéro 49. Des gars comme Ellis, Barrie et Krug, il y en a de plus en plus dans la LNH d’aujourd’hui. Ce sont tous des arrières de petit gabarit qui réussissent à faire leur marque au sein du meilleur circuit au monde. Aujourd’hui, les organisations recherchent des défenseurs avec une bonne mobilité, capables de bien bouger la rondelle. »

 

Comme si son conte de fées des derniers mois n’était pas assez spécial comme ça, Girard a eu l’occasion de côtoyer Ellis, qu’il qualifie de source d’inspiration au cours de sa jeunesse, lors de son séjour avec les Predators.

 

« J’ai toujours admiré Ryan, mentionne-t-il. On me conseillait toujours d’épier son jeu, ainsi que celui de Krug et Barrie, que je côtoie maintenant au Colorado. C’était spécial d’être conseillé et épaulé par lui lorsque j’étais à Nashville. Je n’avais même pas encore 20 ans que déjà, j’étais sur la même patinoire que Josi [Roman], Subban [P.K.] et Ekholm [Mattias] et je communiquais avec eux. Ce sont tous des vedettes de la LNH à leur position, quand même ! » 

 

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