Hockey Le Magazine

Une opportunité à saisir pour les Sharks

 
Curieusement, c’est peut-être au moment où les Sharks défraient le moins la manchette qu’ils pourraient finalement remporter cette coupe Stanley tant attendue. Dans l’ombre des surprenants Flames et des toujours attendus Predators et Jets, l’équipe californienne mise sur une équipe bien équilibrée qui possède tous les ingrédients pour mettre la main sur le premier championnat de son histoire. On en a récemment discuté avec le défenseur Marc-Édouard Vlasic.  
 
 
Simon Bédard | Hockey Le Magazine
Rédacteur en chef 
 
 
Il y a quelques saisons à peine, lorsque les séries éliminatoires s’amorçaient, les Sharks étaient instantanément scrutés à la loupe. Suite à un calendrier régulier de rêve, on les voyait plus souvent qu’autrement comme de sérieux aspirants à la coupe Stanley. Puis, sans trop savoir pourquoi, la donne changeait. On attend maintenant davantage des formations comme les Predators, les Jets et même les Golden Knights dans l’Association Ouest. Les Sharks, on en parle un peu moins… 
 
 
« Ici, à San Jose, on ne sait pas si on parle de nous ou pas, raconte Marc-Édouard Vlasic lors d’un entretien avec Hockey Le Magazine. Dans l’Ouest, surtout en Californie, il n’y a pas beaucoup de gens qui parlent de hockey. À part l’ajout de Gustav Nyquist, on a procédé à toutes nos acquisitions l’an dernier ou avant le début de la saison. C’est normal que les gens parlent davantage des équipes qui ont procédé à de gros mouvements de personnel au cours des dernières semaines comme Vegas, avec Mark Stone, Nashville, avec Wayne Simmonds, ou Winnipeg, avec Kevin Hayes. Il y a cinq ou six grosses équipes de l’Ouest qui peuvent gagner cette année. On fait partie de ces clubs-là et ça va être très intéressant. On sait qu’on a une chance, mais évidemment, les autres équipes pensent la même chose que nous. Chaque année, on est compétitifs et on a une chance d’aller jusqu’au bout. » 
 
 
Mais cette année, on dirait que les Sharks possèdent ce petit je-ne-sais-quoi qui pourrait leur permettre de finalement soulever la coupe Stanley tant attendue. C’est que cette formation est balancée à tous les niveaux. Mais surtout, elle mise sur l’apport de joueurs importants, comme l’attaquant Joe Thornton et le défenseur Erik Karlsson par exemple, qui pourraient en être à leurs derniers milles à San Jose. 
 
 
« Chaque année, notre état d’esprit, c’est de remporter la coupe Stanley, rappelle le numéro 44. Ce n’est pas plus vrai cette année qu’une autre. On sait qu’on mise sur une bonne équipe cette année. À l’interne, on ne pense pas aux joueurs qui pourraient revenir ou qui pourraient quitter. Après tout, peut-être que cet été, notre directeur général [Doug Wilson] va aller chercher d’autres joueurs qui seront aussi bons que les éléments qu’on a en place et qu’on aura encore l’opportunité de gagner l’an prochain. Par contre, ce qui est sûr, c’est qu’il faut tirer profit de l’équipe qu’on a présentement pour gagner dès maintenant. » 
 
 
Outre Thornton et Karlsson, des joueurs tels Joe Pavelski, Nyquist et Joonas Donskoi, pour ne nommer qu’eux, pourraient devenir joueurs autonomes sans compensation au terme de la présente saison. Ce qui incite plusieurs à croire que la « fenêtre d’opportunité » des Sharks, comme on dit, c’est maintenant ou jamais. Une théorie à laquelle Vlasic refuse d’adhérer.
 
 
« Je crois que ça fait 13 ans qu’on parle de cette-dite fenêtre depuis que je suis ici, réplique le coloré défenseur. Notre fenêtre doit être rendue de la grandeur de celle d’un aréna! Si Karlsson, par exemple, devait quitter, mais qu’on ajoutait un autre défenseur élite cet été, la fenêtre ré-ouvrirait aussitôt et on aurait encore une bonne chance de gagner. À chaque année, on a une formation pour connaître du succès. Il faut profiter de notre groupe de joueurs actuel pour aller jusqu’au bout et gagner ensemble. »
 
 
Aussi dangereux offensivement que défensivement
La mauvaise nouvelle pour les Sharks, c’est qu’ils auront rendez-vous avec les coriaces Golden Knights au premier tour éliminatoire. Par chance, les Sharks misent sur un bon mélange d’expérience et de jeunesse. Leur groupe de joueurs est aussi épeurant à l’attaque qu’à la défense et ce mélange plait bien au Québécois de 32 ans. 
 
 
« C’est vrai qu’on a une équipe complète, sourit-il. C’est vraiment le genre de club sur lequel notre DG voulait pouvoir miser. Il voulait avoir une équipe avec quatre trios et trois paires de défenseurs capables de gérer beaucoup de responsabilités. On a beaucoup de profondeur et nos quatre trios sont capables de se partager le travail offensivement. On est aussi dangereux à l’attaque qu’on est difficiles à contrer défensivement. » 
 
 
Toujours reconnus comme étant une formation imposante à la défense, les Sharks le sont encore plus cette année avec l’ajout de Karlsson. Ce dernier a peut-être raté sa part de matchs en raison de blessures, n’empêche que son acquisition a eu un impact instantané sur ses coéquipiers. 
 
 
« On a une bonne brigade défensive avec de la profondeur, analyse celui qui, en date du 1er avril, totalisait 25 points (3-22) en 69 matchs. On a six défenseurs mobiles, qui peuvent évoluer contre n’importe qui. Sur papier, on a assurément l’un des bons groupes de défenseurs de la ligue et j’aime notre profondeur. En séries, c’est ce que ça te prend. Tu as besoin de six gars qui peuvent affronter n’importe qui, dans n’importe quelle situation de jeu. On est très chanceux d’avoir une telle brigade. » 
 
 
Impossible de ne pas parler de son meneur, Brent Burns, qui pourrait bien rafler un autre trophée Norris au terme de la présente saison. Après tout, ce n’est pas n’importe quel club élite de la Ligue nationale qui peut se targuer d’avoir un défenseur comme meilleur marqueur!
 
 
« C’est drôle à dire, mais offensivement, tout passe par lui, affirme Vlasic au sujet du gros numéro 88. Il est capable de créer bien des choses à l’attaque et en avantage numérique, c’est notre principale arme. On aura besoin de lui pour marquer lorsque le jeu sera plus corsé en séries. » 
 
 
Il y a aussi le gardien de but numéro un des Sharks, Martin Jones. Un gardien qui ne reçoit peut-être pas assez le crédit qui lui revient, opine Pickles. Il a beau être le dernier rempart d’une défensive imposante, il n’en demeure pas moins qu’il inspire confiance aux joueurs devant lui. 
 
 
« C’est un gardien, donc oui on en parle à l’occasion, mais pas assez, je crois, compte tenu qu’on a des joueurs qui prennent plus de place que lui, mentionne-t-il. Martin est important et il le sera d’autant plus en séries. Rendu à ce stade-ci de l’année, ça prend un gardien qui est en mesure, certains soirs, de gagner des matchs à lui seul et il l’a déjà fait par le passé. Il s’est déjà rendu loin en séries, il est très calme et confiant devant sa cage et il sait ce que ça prend pour gagner. Après tout, il a déjà vécu un parcours éliminatoire heureux avec les Kings. Il va être prêt lorsque ça va commencer. » 
 
 
Puis il y a cette transaction conclue par Wilson, le 25 février dernier, qui laisse croire que quelque chose de spécial pourrait peut-être se produire à San Jose. Historiquement, des transactions de ce genre à ce stade-ci de la saison, il en avait conclues bien peu par le passé. L’ajout de Nyquist, en provenance des Red Wings, contre deux choix au repêchage a lancé un message fort dans le vestiaire.  
 
 
« Doug procède généralement à ses mouvements de personnel durant l’été ou en début de saison pour ne pas affecter la chimie dans le vestiaire, remarque Vlasic. Cette année, il voulait ajouter quelqu’un sans devoir sacrifier un joueur déjà établi. Son but premier, c’était de préserver notre noyau intact et de ne pas sacrifier de jeunes joueurs pour le futur. Je me suis dit ‘S’il est capable de nous améliorer de façon significative sans sacrifier l’un de nos éléments déjà en place, il va le faire’ et c’est ce qui s’est produit. Il est parvenu à ajouter un bon morceau en donnant seulement deux choix. Il veut gagner. Depuis qu’il est ici, il n’a pas remporté de coupe Stanley et il veut en gagner une. »  
 
 
Et si le printemps 2019 était le bon pour les Sharks? Après tout, loin de ces réflecteurs qui ont été trop souvent braqués sur eux par le passé, peut-être qu’ils possèdent finalement l’édition pour en surprendre plus d’un. Le défi sera de taille, mais on sent que ce groupe de joueurs en mission. 
 
 
« Mon objectif, c’est de gagner à San Jose et chaque fois que je suis sur la patinoire, peu importe si mon nom apparaît ou non sur la feuille de pointage, mon but est de gagner, conclut-il. Je ne veux pas impressionner personne, mais bien remporter une coupe Stanley. 
 
Il y a présentement aucun vidéo de disponible.

Social