À cœur ouvert: Jonathan Huberdeau et le désir de gagner

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Il n’ y a pas si longtemps, Jonathan Huberdeau vivait l’euphorie de la victoire avec régularité. Depuis les matchs improvisés dans le sous-sol de la maison familiale avec son frère jusqu’ au tournoi de la Coupe Memorial, avec les Sea Dogs de St. John, il carburait à l’idée de gagner en séries éliminatoires. Maintenant, c’est dans la Ligue nationale, avec les Panthers, qu’il compte bien revivre ces mêmes sensations. À quelques jours du début d’une saison qui s’annonce fort intéressante à Sunrise, voilà qu’il se livre aux lecteurs de HLM.

 

Lorsque ça fait plusieurs saisons que tu fais partie de la même organisation et que tu n’as goûté aux séries éliminatoires qu’une seule fois, tu veux commencer à gagner pour de bon. Après tout, personne n’aime être rendu à la mi-saison et savoir déjà qu’il ne sera pas des prochaines séries.

 

Après notre excellent calendrier régulier et notre participation aux séries de 2016, on a fait une rechute considérable et ç’a été difficile à accepter. J’aime l’organisation et je veux demeurer en Floride, mais à un moment donné, il faut faire un pas vers l’avant. Je m’ennuie du sentiment de performer et de gagner en séries, quand il y a un enjeu et de l’effervescence à tous les soirs ! Dans la Ligue nationale, les séries, c’est complètement autre chose.

 

Je me rappelle encore de la saison 2015-2016, quand on avait fini premiers dans la division Atlantique. On jouait les uns pour les autres et c’était un sentiment spécial. Peu importe par combien de buts on pouvait tirer de l’arrière, on dirait qu’on avait cette certitude qu’on pouvait revenir de l’arrière et l’emporter.

 

Encore aujourd’hui, je persiste à croire qu’on aurait dû vaincre les Islanders en première ronde des séries. On était dominants à tous les matchs et Thomas Greiss était tout simplement surhumain devant sa cage. Je crois que les Islanders avaient eu l’avance pendant seulement 25 ou 30 minutes au cours de cette série de six matchs. On aurait mérité d’atteindre la demi-finale de l’Association Est cette année-là.

 

Lors de l’une de nos visites au Centre Bell, l’an passé, j’ai fait part de ma frustration pendant un scrum avec les médias. Ce n’était pas prémédité et je ne voulais pas faire couler d’encre avec ça, mais après quelques questions à ce sujet, la frustration de ne pas faire les séries s’est emparée de moi. À la longue, c’est quelque chose qui m’agace et je devais le laisser savoir. Peut-être que je devrais garder ça pour moi et ne rien dire, mais l’organisation sait que je ne le fais pas parce que je veux aller gagner ailleurs, mais bien parce que ce groupe a le potentiel d’aller chercher une coupe Stanley.

 

Aujourd’hui, je suis content qu’on ait dépensé l’argent nécessaire pour se donner une chance légitime de passer au niveau supérieur cette saison. Notre directeur général, Dale Tallon, a fait son travail en allant chercher quatre bons joueurs qui combleront des besoins précis. On avait déjà un bon club, mais certaines brèches ont été colmatées.

 

J’ai parlé avec notre nouvel entraîneur-chef, Joel Quenneville, en deux occasions au début de l’été. Il m’a dit de passer une bonne période estivale, car il veut que je sois un leader pour cette équipe et qu’on accomplisse de belles choses ensemble. C’est un entraîneur qui veut gagner, qui sait comment s’y prendre pour y parvenir et qui n’a presque jamais raté les séries depuis le début de sa carrière. Il changera la culture afin que l’on puisse devenir une vraie organisation gagnante. Il risque d’implanter un système de jeu qui permettra à des joueurs comme Aleksander Barkov et moi d’être davantage en possession de la rondelle.

 

Personnellement, je trouve ça cool de voir un Sergei Bobrovsky être aussi excité de s’amener avec nous. Ç’a été difficile de voir une légende vivante et un bon coéquipier comme Roberto Luongo quitter, mais Bobrovsky est plus jeune et il est dans son prime présentement. J’ai hâte de pouvoir le côtoyer et d’essayer de le déjouer lors des entraînements !

 

On en parle un peu moins, mais le défenseur Anton Stralman et les attaquants Brett Connolly et Noel Acciari représentent aussi de bonnes acquisitions. Stralman est stable défensivement et l’expérience d’un vétéran comme lui est toujours la bienvenue dans un vestiaire. Je l’ai affronté souvent par le passé et c’est bien de savoir qu’il sera dorénavant de notre côté.

 

Acciari se donne à chaque match et il apporte une certaine présence physique, tout en étant capable d’inscrire quelques gros buts ici et là. Même chose pour Connolly, qui est un autre gars d’expérience qui peut enfiler sa part de buts importants et être aussi fiable offensivement que défensivement.

 

Je rentre en Floride en sachant qu’il y a de réelles attentes envers nous cette saison, mais je ne vois que du positif à ça. On n’arrivera plus au BB&T Center en se demandant si l’on peut gagner ce soir. Maintenant, on veut gagner notre part de matchs en saison régulière et participer aux séries. C’est ce thinking-là que je veux qu’on implante dans la chambre des joueurs. Savoir que, match après match, on a une chance légitime d’empocher les deux points à l’enjeu, comme les partisans sont en droit de s’y attendre.

 

Bonne saison 2019-2020 à tous !

 

Jonathan Huberdeau

Attaquant des Panthers de la Floride

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