À cœur ouvert: Mathieu Joseph et la fierté de représenter Équipe Canada junior

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Trois ans plus tard, Mathieu Joseph n’a toujours pas oublié l’édition 2017 du Championnat mondial de hockey junior. Le sentiment de représenter son pays à la maison, à Toronto et Montréal, avec un groupe de joueurs passionné, tissé serré, et d’inscrire un but devant la foule endiablée du Centre Bell. À quelques semaines du début du tournoi, qui aura lieu en République tchèque, l’attaquant du Lightning a accepté de se remémorer ses plus beaux souvenirs en lien avec sa participation à l’évènement.

 

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Lorsque j’étais jeune, je passais la majorité de mes Noëls chez mes grands-parents, près de Thetford Mines. Mon père regardait toujours le début du Championnat mondial de hockey junior sur le vieux téléviseur de mon grand-père et c’est vite devenu une tradition de regarder les matchs du Canada en famille.

 

Ce que les gens aiment de ce tournoi, c’est que ce sont des jeunes et qu’encore beaucoup d’erreurs peuvent être commises. Dans le fond, il y a à peu près autant de rebondissements que de kids qui rêvent de représenter leur pays à l’échelle mondiale !

 

Honnêtement, plus jeune, je ne croyais pas que c’était accessible. De fil en aiguille, j’ai fait mon petit bout de chemin jusqu’à la Série Subway, ce qui m’a amené à recevoir une invitation au camp estival d’Équipe Canada junior. Quand j’ai réalisé que mes chances d’y parvenir étaient légitimes, j’étais nerveux. Pour moi, c’était beaucoup plus qu’un simple rêve d’enfant ; c’était quelque chose qui, dans ma tête, semblait inaccessible !

 

Lorsque je suis embarqué sur la glace pour le premier warm-up du tournoi, c’était comme un scénario de film. Il y avait du rouge partout dans le Scotiabank Arena de Toronto ! On n’était même pas encore embarqué sur la glace pour l’échauffement que les amateurs scandaient déjà Go Canada ! Je ressentais toute l’énergie qu’ils allaient nous transmettre.

 

C’était bruyant à Toronto, mais au Centre Bell, de la manière dont l’amphithéâtre est conçu, ce l’était encore plus. Lorsque j’ai marqué en finale, contre les Américains, c’était incroyable ! On ne s’entendait pas parler sur le banc des joueurs et j’en avais des frissons. C’était difficile de garder notre concentration. Je ne me souviens même pas d’avoir célébré après mon but. C’est comme un blackout dans ma tête. Je me rappelle seulement de m’être mis en boule, d’avoir crié très fort et de m’être fait envahir par mes coéquipiers !

 

Au fond, notre passion pour notre sport et notre pays, c’est ce qui rend ce tournoi aussi excitant. On dirait que chaque but marqué est important, peu importe le moment de la rencontre. C’est pour ça que les gars célèbrent avec autant d’ardeur. C’est quelque chose de spécial et je crois que c’est apprécié des spectateurs.

 

Notre défaite en finale contre les États-Unis a été difficile à accepter. Une photo de moi, en larmes avec la médaille d’argent autour du cou, a d’ailleurs circulé sur Internet. Après un revers aussi crève-cœur, à la maison, les émotions sont très vives. À notre retour au vestiaire, 80% d’entre nous n’avait pas été capable de retenir ses émotions. J’ai encore de la difficulté à accepter qu’on se soit rendu en fusillade dans un match aussi important. Le tournoi est tellement relevé que le vainqueur ne devrait jamais être déterminé ainsi. En prolongation, j’attendais juste que l’un de nos joueurs la mette dedans pour lancer mon casque et mes gants dans les airs et commencer à célébrer. Une médaille d’or, tout le monde rêve à ça dans sa vie et d’avoir été si près du but, c’est certain que mon p’tit cœur de 19 ans a eu mal, surtout pour un féroce compétiteur comme moi.

 

Malgré tout, ç’a été l’une des plus belles expériences de ma vie. On a été deux semaines ensemble, en retraite fermée, à pratiquer et à avoir du fun ensemble. Le tournoi n’est pas seulement plaisant parce que tu joues, mais aussi parce que tu crées des liens spéciaux avec tes coéquipiers. Il y avait plusieurs Québécois au sein de l’équipe, mais je me suis aussi fait de bons amis chez les gars de l’Ontario et de l’Ouest canadien, comme mon coéquipier avec le Lightning, Anthony Cirelli, et Mathew Barzal.

 

À tous les joueurs qui pourraient former l’édition 2020 d’Équipe Canada junior, je vous conseillerais simplement d’être dans le moment présent. Il faut être capable de vivre ce moment-là à fond, de l’apprécier. Ce n’est pas vrai que l’équipe est déjà formée à l’avance lorsque tu arrives au camp. Certains gars sont peut-être assurés d’y être, mais tout le monde peut y faire sa place. C’est vraiment un tournoi de rôles, pas juste de meilleurs joueurs juniors sur la planète. C’est une question de qui peut être le meilleur dans un rôle donné. Et peu importe celui qu’on te confiera, sois fier de le remplir et exécute-le au meilleur de tes capacités.

 

Meilleure des chances à Équipe Canada junior 2020 et bon tournoi à tous les amateurs !

 

Mathieu Joseph,

Attaquant du Lightning de Tampa Bay

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