À cœur ouvert : Maxime Talbot et les séries éliminatoires

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Lorsqu’on pense aux séries éliminatoires et aux joueurs qui ont su tirer leur épingle du jeu dans les moments cruciaux, il est impossible de ne pas penser à l’attaquant Maxime Talbot. Ce dernier a remporté la coupe Stanley avec les Penguins, au printemps 2009, après avoir inscrit les deux buts des siens lors du septième match. Il a accepté de se remémorer ses principaux souvenirs en lien avec ce moment de l’année si exaltant pour les amateurs.

 

J’ai toujours été quelqu’un qui vit dans le présent et qui n’a aucun regret, mais je dois avouer que j’ai maintenant un petit pincement au cœur lorsque s’amorcent les séries de la Ligue nationale. J’aimerais encore être à la place de ces joueurs-là : disputer ces matchs à haute intensité, faire la différence et compétitionner pour les plus grands enjeux.

Quand on me demande comment on devient un joueur de séries, je réponds que ça vient avec l’expérience et le fait de marquer des buts importants au moment opportun, que ce soit en prolongation ou lorsque la pression est à son paroxysme. C’est ce que j’ai eu la chance de faire dans le junior majeur, avec les Olympiques de Gatineau, et lors du Championnat mondial de hockey junior, avec Équipe Canada.  

Lors de la finale de la Coupe Stanley de 2008, je me rappelle que mon entraîneur de l’époque, Michel Therrien, m’avait envoyé sur la glace en tant que sixième attaquant quand notre gardien de but, Marc-André Fleury, a retraité au banc dans les derniers instants du cinquième match, alors que les Red Wings s’apprêtaient à soulever le trophée. Ce sont ces petits moments qui commencent à te faire croire que t’es peut-être un joueur de séries, toi aussi.

Certains l’oublient peut-être, mais avant de connaître la gloire en 2009, j’avais perdu une finale du World Juniors et deux finales de la coupe Memorial en un an, ainsi que la finale de la Coupe Stanley de 2008 ! Quatre échecs au goût amer, mais qui m’ont fait prendre énormément d’expérience.

Le processus qui s’enclenche dès la conclusion de la saison régulière me fascinait ! Une fois le calendrier régulier terminé, tu espères avoir l’avantage de la glace aussi longtemps que possible en séries. Une fois que tu es qualifié, peu importe ton rang au classement, ton état d’esprit se tourne vers ton adversaire en première ronde. Qui vais-je avoir devant moi dès le premier shift de la série et probablement, à moins d’un ajustement, pour toute sa durée ? Il y a beaucoup de travail et de préparation derrière un parcours de séries et c’est ce qui m’allumait en tant que joueur.

Ce que les partisans ignorent peut-être, c’est que chaque joueur du club adverse est évalué de fond en comble : ses forces, ses faiblesses, son pourcentage d’efficacité au cercle des mises au jeu, etc. À partir de là, on tient des réunions d’équipe de manière à ce que chaque joueur en sache davantage à propos de l’équipe adverse. Ensuite, on étudie le système de jeu de l’adversaire, ainsi que les deux gardiens qu’on pourrait affronter au cours de la série. En tant que groupe, on savait qu’on devait gagner quatre matchs sur sept pour accéder au tour suivant, et après chaque ronde, même si on avait de petits bobos ici et là, tout était à recommencer.

En juin 2009, j’ai eu la chance de contribuer à la conquête de la coupe Stanley des Penguins aux dépens des Red Wings. Tu peux marquer 60 buts en saison régulière, mais le ou les buts que tu inscrits en séries n’ont pas la même saveur. C’est vraiment un feeling spécial ! Lorsque la sirène finale se fait entendre et que tu remportes la coupe Stanley, tu commences instantanément à avoir mal partout. C’est inévitable, puisque de ronde en ronde, c’est l’adrénaline qui te transporte. Lorsque tu soulèves la coupe, beaucoup de choses te viennent à l’esprit, particulièrement quand tu gagnes un septième match que tu n’étais pas nécessairement supposé remporter et d’autant plus quand les Red Wings obtiennent une chance en or de niveler la marque avec une seconde à jouer.

Aujourd’hui, on me présente comme Maxime Talbot, gagnant de la coupe Stanley en 2009, et non comme Maxime Talbot, auteur de deux buts lors du septième match de la finale. Chaque année, seulement 22 joueurs dans le monde ont la chance de remporter pareil trophée et c’est ce qui rend l’expérience aussi unique.

Depuis, chaque fois que je retourne à Pittsburgh, je réalise que j’ai créé un lien spécial avec la ville et les partisans. Dans ma tête et dans mon cœur, je serai un Penguin à tout jamais !

 

Cordialement,

Maxime Talbot

Ancien attaquant de la Ligue nationale

 

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Aujourd’hui, Maxime Talbot campe le rôle d’agent de joueurs pour la firme CAA, une propriété de Pat Brisson. Il est également bien en vue à la télévision du Réseau des sports (RDS), alors qu’il a sa propre émission, Max et Bruno, en compagnie de Bruno Gervais, en plus de faire quelques apparitions dans plusieurs émissions traitant de hockey.

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