Blogue Dany Dubé | Les règles d’or de Marc-Étienne Hubert

Les règles d’or sont un point de référence pour les entraîneurs et les gestionnaires. Tous les gens qui travaillent en équipe se bâtissent des règles d’or qu’ils peuvent mettre en application dans certaines situations. Il s’agit d’une facette qui permet à l’entraîneur de rester connecté avec ses convictions et d’éviter de se dénaturer dans ses actions. C’est ce qui le définira comme leader, mais avant tout comme individu. Play360 en a discuté avec l’entraîneur-chef des Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Marc-Étienne Hubert.

 

Dany Dubé | 98,5 FM

Collaboration spéciale

 

Play360 Avant de s’attarder à tes règles d’or, qu’est-ce qui t’a amené à devenir un entraîneur après ta carrière de joueur?

Marc-Étienne Hubert J’ai su très rapidement que je voulais devenir un entraîneur. Dès mon hockey mineur, les stratégies et le coaching m’interpelaient déjà. Lors d’un entretien avec mon entraîneur midget AAA de l’époque, Martin Daoust, il m’avait dit qu’il percevait certaines choses qui feraient de moi un bon entraîneur, si je le voulais. À partir de ce moment-là, j’ai su que c’est ce que je voulais faire et j’ai eu la chance, un peu plus tard, de me joindre aux Saguenéens de Chicoutimi dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Ça m’a vraiment donné la piqure du métier et je n’ai jamais regardé derrière par la suite.  

 

Play360 Comment utilises-tu ta vision d’entraîneur dans tes actions au quotidien? 

MEH On veut avoir un groupe de joueurs et d’entraîneurs qui vise l’excellence et qui veut connaître du succès à chaque jour. En se levant le matin, on veut avoir du succès dans toutes les sphères de notre journée, que ce soit lors d’un entraînement sur ou hors glace, d’un match, dans nos relations interpersonnelles avec nos coéquipiers ou sur les bancs d’école. On veut des étudiants-athlètes qui veulent connaître du succès. On veut avoir de bons individus qui visent non seulement l’excellence, mais aussi une progression quotidienne. Apprendre de ce qui vient d’être fait aujourd’hui et s’assurer de s’améliorer demain.

 

Play360 Comment tes valeurs en tant qu’entraîneur se traduisent-elles en objectifs communs pour rassembler ton équipe? 

MEH On a plusieurs valeurs qui nous tiennent à cœur. Avant d’aller vers chacune de ces valeurs, on accorde énormément d’importance à l’atteinte des objectifs communs. C’est important d’avoir un groupe homogène, qui vise les mêmes objectifs et le même niveau d’excellence au quotidien. Une fois que c’est bien établi avec les individus, on va vers les valeurs qui vont nous aider à atteindre ces objectifs communs. C’est important pour nous de bien analyser et comprendre notre équipe pour savoir jusqu’où elle peut progresser pour atteindre son plein potentiel. Ensuite, il faut établir, en groupe, les valeurs qui vont nous aider à les atteindre. C’est un travail qu’on fait à chaque année, même si 90% de nos joueurs reviennent l’année suivante. Après tout, avec une année d’expérience de plus derrière la cravate, certaines valeurs peuvent être appelées à changer. C’est un plan qui est modifiable, mais c’est important de bien analyser le groupe et de bien identifier les valeurs qui vont nous rejoindre.

 

Play360 Quelle utilisation fais-tu de l’échec et comment t’assures-tu de bien gérer le succès individuel et collectif? 

MEH On a une utilisation de l’échec très semblable à l’utilisation du succès. À chaque jour, on veut devenir meilleur, s’améliorer et apprendre des bons comme des moins bons coups. Pour nous, chaque journée est une occasion de s’améliorer et de progresser. Les objectifs sont toujours en fonction de la progression de l’individu et du groupe. Les échecs sont importants, car ils nous aident à quantifier ce qu’on doit peaufiner à court terme. En même temps, le succès d’une équipe va t’aider à avancer et à progresser. Comme entraîneur, on préfère toujours apprendre dans la victoire plutôt que dans la défaite, mais quand tu demeures terre-à-terre et que tu fais abstraction de tes émotions, les deux aspects sont importants dans la progression d’une équipe. C’est bien beau de remporter le premier match de la saison, mais l’objectif ultime est de remporter le dernier. Les bons et les mauvais coups vont t’aider à atteindre cet objectif-là.

 

Play360 Quelle place prend l’éthique, autant sur la patinoire qu’à l’extérieur de celle-ci? 

MEH Avec les Patriotes, on a une éthique de vie qui tourne autour de l’excellence. On veut avoir du succès à tous les jours, et ce, dans toutes les sphères de notre vie. Le succès vient avec l’effort, mais aussi avec une éthique de travail et de vie. Quand tu fais partie des Patriotes de l’UQTR, tu représentes l’université et l’histoire du programme. Tu parles au nom du groupe et du programme. Tu ne peux pas te permettre de dire n’importe quoi, n’importe comment et d’agir de n’importe quelle façon. Tu représentes tes coéquipiers, ton école, le programme des Patriotes et même ton coaching staff. Que ce soit au niveau du code vestimentaire ou même de ce que tu véhicules comme message, il y a une éthique bien particulière, peu importe la sphère de ta vie. On s’assure que tout le monde soit sur la même page à ce niveau-là.

 

Play360 Fais-tu une distinction entre la qualité de la performance et le résultat obtenu? 

MEH Énormément. Ça me ramène au succès et à l’échec. La qualité de la performance peut être optimale, mais tu n’as pas obtenu le résultat escompté, comme l’inverse peut être tout aussi vrai. Selon moi, le travail de l’entraîneur est de bien analyser l’effort, l’attitude et la performance collective, et de bien savoir réagir à la suite de cette analyse. Si tu communiques bien ces choses-là avec ton groupe et que tu t’assures que tout le monde soit sur la même page, tu pousses automatiquement le groupe dans la bonne direction afin qu’il progresse.

 

Play360 Comment arriver à trouver l’équilibre entre la reconnaissance et la contribution de chacun?  

MEH Ça, c’est une bonne question! On a beaucoup utilisé le terme « reconnaissance » dans les dernières années. On est persuadé qu’un athlète qui démontre de la reconnaissance est un athlète qui se soucie beaucoup du groupe et des intérêts communs. Pour nous, la reconnaissance est en lien avec ce qu’on appelle un bon individu et un bon coéquipier. Il va se soucier de ce qui est fait autour de lui et il va reconnaître les efforts qui ont été déployés par l’école, le staff, le personnel de soutien, etc. Il va être encore plus porté à mettre les efforts nécessaires pour connaître une performance optimale parce qu’il est capable de voir l’ensemble de l’œuvre. Il ne voit pas juste sa vision des choses et il est capable de s’ouvrir par rapport au groupe.

 

Play360 En dernier lieu, faut-il composer avec l’orgueil de certains joueurs? Si oui, comment y parvient-on?   

MEH C’est vraiment important qu’un athlète démontre de l’orgueil. Il faut faire attention à la ligne entre l’orgueil, la qualité, et l’orgueil, le défaut. Il faut toujours demeurer du bon côté de la force à ce niveau-là. Un athlète qui n’est pas orgueilleux, je pense qu’il lui manque quelque chose. L’orgueil fait partie de la fierté. Ce sont d’ailleurs deux mots que j’associe souvent ensemble. Ça va amener un athlète à se surpasser et à performer à la hauteur de ses propres attentes et de celles fixées en lui. Il s’agit seulement que ça demeure positif, et non négatif.  

Il y a présentement aucun vidéo de disponible.

Social