Blogue Dany Dubé | Les règles d’or de Yanick Jean

Photo : Photos André
Photo : Photos André

Les règles d’or sont un point de référence pour les entraîneurs et les gestionnaires. Tous les gens qui travaillent en équipe se bâtissent des règles d’or qu’ils peuvent mettre en application dans certaines situations. Il s’agit d’une facette qui permet à l’entraîneur de rester connecté avec ses convictions et d’éviter de se dénaturer dans ses actions. C’est ce qui le définira comme leader, mais avant tout comme individu. Play360 en a discuté avec le directeur général et entraîneur-chef des Saguenéens de Chicoutimi, Yanick Jean.

 

Dany Dubé | 98,5 FM

Collaboration spéciale

 

Play360 Avant de s’attarder à tes règles d’or, qu’est-ce qui t’a amené à devenir un entraîneur après ta carrière de joueur ?

Yanick Jean C’est vraiment la passion transmise par mes différents entraîneurs. Même si j’ai été repêché dans la Ligue nationale, je savais qu’il me manquerait quelque chose pour y accéder. Dès mon jeune âge, je regardais comment les entraîneurs travaillaient. J’étais vraiment passionné par ce côté-là de la game, de regarder les X et les O et d’observer leur relation avec les joueurs.

 

Play360 Comment utilises-tu ta vision d’entraîneur dans tes actions au quotidien ?

YJ Ça revient toujours à être une bonne personne, que ce soit dans ta façon d’être avec tes coéquipiers, avec les partisans ou avec tes camarades d’école. Notre vision est d’amener les jeunes à un autre stade de leur cheminement de vie lorsqu’ils quittent notre programme, vers l’âge de 20 ans. Notre vision, on s’y réfère sur une base quotidienne.

 

Play360 Comment tes valeurs en tant qu’entraîneur se traduisent-elles en objectifs communs pour rassembler ton équipe ?

YJ Elles doivent être partagées par les meneurs de ton équipe, de même que par toutes les personnes oeuvrant au sein de ton organisation. Si l’entraîneur y adhère, mais pas le directeur général ou le président, on n’est pas plus avancé. De la première à la dernière personne de l’organisation, ça doit être une ligne droite directrice sans laisser-aller. Si ça vaut seulement pour un ou deux individus et que d’autres réussissent à avoir des passe-droits par rapport à ça, je suis convaincu que tu ne pourras pas y parvenir en tant qu’organisation.

 

Play360 Quelle utilisation fais-tu de l’échec et comment t’assures-tu de bien gérer les succès individuels et collectifs ?

YJ On n’utilise pas le mot « échec », mais bien « adversité. » C’est la base du succès, à mon avis. Si tu es capable de vivre de l’adversité, de te relever, de retomber et de te relever encore, tu seras en mesure de soulever des montagnes et surmonter divers obstacles. C’est toujours bon de mettre nos joueurs en situation d’adversité, où ils peuvent faire face à de l’inconfort. Pour nous, peu importe la gravité de la situation ou le constat d’échec, c’est une situation d’adversité qui va nous rendre plus fort au fur et à mesure qu’on va avancer. Un joueur peut connaître du succès, mais jamais au détriment des valeurs et du système de l’équipe. On va montrer des situations de réussites si elles sont en relation avec nos valeurs.

 

Play360 Quelle place prend l’éthique, autant sur la patinoire qu’à l’extérieur de celle-ci ?

YJ Pour moi, c’est la base de tout. Premièrement, tu te dois d’être passionné. Si tu veux être capable d’aller à l’école, de te présenter à l’aréna, de faire tes entraînements sur et hors glace et de bien prendre soin de toi, tu dois être un passionné. Cette passion va ensuite t’amener l’éthique de travail qui va faire en sorte que tu vas être capable de tout faire ces détails-là pour connaître du succès. Si tu n’as pas l’éthique nécessaire, tu auras peut-être un certain succès qui sera passager, mais ça va être difficile. Par contre, l’éthique de travail se développe. On va lui donner la chance de lui montrer ce que c’est de travailler et d’avoir une éthique de travail irréprochable. Après un certain temps, on va analyser si, oui ou non, il est capable de progresser dans cette veine-là.

 

Play360 Fais-tu une distinction entre la qualité de la performance et le résultat obtenu ?

YJ Honnêtement, on ne parle que très rarement des résultats. Ç’a plutôt rapport au processus et à ce qu’on demande à nos joueurs. On ne va jamais parler de notre position au classement, de victoires et de défaites ni de points au classement. On va plutôt s’attarder à ce qu’on pourrait faire pour cheminer, avancer et connaître, concrètement, de plus en plus de succès. On ne veut pas mesurer le match en termes de victoire ou de défaite.

 

Play360 Comment arriver à trouver l’équilibre entre la reconnaissance et la contribution de chacun ?  

YJ C’est le plus grand challenge qu’on a au sein d’une équipe : avoir 24 ou 25 joueurs où chacun d’entre eux y trouve son compte. C’est un défi de tous les jours au cours d’une saison. Il y en a qui connaissent du succès. D’autres pour qui c’est plus difficile. Peu importe, l’essentiel c’est que chaque joueur y trouve sa satisfaction personnelle et ça peut être extrêmement difficile. On essaie de leur faire comprendre que ce n’est pas seulement de trouver une satisfaction en termes de temps de glace ou de résultats sur la patinoire, mais aussi dans la qualité du travail effectué lors des entraînements, dans la manière de se comporter sur les bancs d’école et même dans le processus scolaire. On essaie de mettre l’emphase at large, et non strictement en lien avec la performance sur la glace.

 

Play360 Qu’est-ce qui te motive le plus comme entraîneur ?    

YJ C’est de prendre en charge un jeune à 16 ans et de l’amener à maturité pour le laisser aller sur le marché du travail, dans les rangs universitaires ou chez les professionnels. Avoir la chance de côtoyer un Frédérick Allard ou un Nicolas Roy, à 16 ans, qui part, à 19 ans, avec une attitude incroyable. Autant un Yanni Gourde, qui sera capable de faire sa place chez les pros, qu’un Philip-Michaël Devos, qui s’en va sur le marché du travail et qu’on est convaincu qu’il est outillé pour être un citoyen modèle.

 

Play360 En dernier lieu, quelles sont les qualités premières d’un bon entraîneur ?  

YJ La qualité première d’un bon entraîneur, c’est d’être capable de laisser son égo à la porte. Si tu n’es pas capable de faire ça, les joueurs vont le savoir. Selon moi, tu dois être capable de t’oublier en fonction de l’équipe. Pour moi, c’est la base. Ensuite, les entraîneurs ont différentes qualités, mais si tu n’es pas capable de t’oublier pour l’équipe, tu vas être dans le trouble.

Il y a présentement aucun vidéo de disponible.

Social