Blogue Jasmin Leroux | Entre compréhension et déception dans la LHMAAAQ

La nouvelle a été difficile à digérer pour quelques équipes, notamment les Gaulois de Saint-Hyacinthe. (Photo: Alain Bellier)

La saison 2019-2020 devait en être une spéciale pour la Ligue de hockey midget AAA du Québec (LHMAAAQ), qui devait tenir la présentation de la Coupe Telus, emblème de la suprématie du hockey midget au Canada, à Saint-Hyacinthe. Ce tournoi, qui ne vient au Québec qu’une fois aux cinq ans, n’aura pas lieu en avril, tout comme la conclusion des séries éliminatoires 2020, à cause de la pandémie de la COVID-19.

 

Jasmin Leroux | Hockey Le Magazine

Collaboration spéciale

 

Le 11 mars dernier, les Cantonniers de Magog, les Chevaliers de Lévis, les Lions du Lac St-Louis et les Grenadiers de Châteauguay venaient de prendre les devants 2-0 dans leur série respective. Même si l’on sentait que le coronavirus gagnait du terrain en Amérique du Nord, on ne se doutait certainement pas de ce qui se produirait le lendemain, le jeudi 12 mars, alors que le monde du sport a reçu peut-être la plus grande onde de chocs de son histoire avec la suspension, à quelques rares exceptions près, de toutes les ligues sportives d’Amérique du Nord. Bien sûr, la LHMAAAQ n’a pas échappé à cette vague…

 

« Ce jeudi 12 mars, on s’en souviendra longtemps, mentionne le président du circuit, Yanick Lévesque. J’ai parlé avec mon directeur général de la ligue, M. Georges Marien, à de nombreuses reprises dans la journée. Le matin, on avait convenu de continuer à surveiller la situation de près, sans faire d’annonce en particulier. Quelques heures plus tard, après que Hockey Canada et Hockey Québec aient annoncé la fin de la saison de hockey mineur à travers la province et le pays, on n’avait plus d’autres options que de suspendre les séries. »

 

Si tous avaient convenu d’attendre jusqu’au 25 mars pour prendre une décision sur la suite de choses, la cascade d’événements a forcé l’annulation complète de la fin des séries, le 16 mars dernier, cinq jours après la suspension des séries. Pour la première fois de son histoire, la Ligue midget AAA ne couronnera pas de champions des séries.

 

Une situation différente de d’autres ligues

Bien qu’en faible minorité, certaines personnes ont tout de même soulevé certains questionnements. Pourquoi annuler tout de suite? Pourquoi ne pas attendre quelque temps encore avant d’être certain qu’il ne sera pas possible de compléter ces séries?

 

« Parce que notre situation est différente d’une ligue professionnelle, réplique M. Lévesque. Nos joueurs ont 15, 16 ou 17 ans et ils sont, pour la plupart, en famille de pension. On ne peut pas les garder éloignés indéfiniment de leur famille sans prendre une décision. Aussi, nos joueurs vont, pour la plupart quitter, notre ligue à la fin de la saison. On ne peut donc pas nécessairement reprendre une saison cet été, alors que les joueurs auront des obligations pour la suite de leur carrière dans d’autres circuits. En plus, la plupart des arénas de nos équipes appartiennent aux villes et ils ne resteront pas tous ouverts cet été. On se devait donc d’être précurseur et on l’a été. Je trouvais ça inhumain de laisser les joueurs dans l’inconnu. En plus, Hockey Canada avait envoyé une missive, dans la journée de lundi, en demandant à toutes les ligues de mettre un terme à leur saison respective. »

 

Pour les équipes, c’est évidemment une décision compréhensible, mais difficile à accepter. L’entraîneur-chef des Gaulois de Saint-Hyacinthe, Marc-André Ronda, qui étaient toujours des séries et qui devaient être les hôtes de la Coupe Telus à la fin avril, parle d’une vive déception qui n’a pas pu être vécue en groupe.

 

« Tout s’est passé rapidement, se remémore-t-il. Le mercredi soir, on jouait à Lévis et le jeudi, les joueurs étaient en congé. Ce jour-là, tout a déboulé. L’école a été arrêtée, si bien qu’on ne s’est jamais retrouvé en groupe pour pouvoir parler de ça et vivre notre déception ensemble. »

 

Une croix sur un évènement prestigieux

Cette fameuse Coupe Telus 2020, à Saint-Hyacinthe, tout le hockey québécois l’avait en ligne de mire depuis des mois. Le comité organisateur était prêt à recevoir cet évènement et avait travaillé depuis des mois dans le but de pouvoir accueillir les cinq équipes championnes au Canada et l’équipe hôte, les Gaulois.

 

« Le plus difficile, c’est d’avoir le sentiment du devoir accompli d’un travail de longue haleine, de te rendre jusqu’au bout du processus d’organisation et de te dire que tu as peut-être tout fait ça pour rien, se désole Ronda. On ne sait pas si Hockey Canada redonnera la Coupe Telus 2021 à Saint-Hyacinthe ou si, véritablement, le comité organisateur aura mis toutes ces heures-là pour rien. »

 

« On n’a absolument rien à dire sur le comité organisateur, qui a fait tout un travail, conclut Yanick Lévesque. Jean-Claude Ladouceur, Jean Bédard et tout le comité se sont impliqués du début à la fin. On va avoir des discussions avec Hockey Canada dans les prochaines semaines et dans les prochains mois. On veut éviter que la Coupe Telus ne revienne au Québec qu’en 2025, comme prévu initialement. On ne veut pas sauter notre tour et passer dix ans sans ravoir ce tournoi au Québec. Saint-Hyacinthe mériterait d’accueillir l’évènement l’an prochain. »

 

Reste maintenant à espérer que le circuit Lévesque pourra être de retour avec des mini-camps et des camps d’entraînement lors du mois d’août, si la situation au Québec le permet. 

 

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