Blogue Jasmin Leroux | Une implication qui était devenue toute naturelle pour Jocelyn Thibault

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Photo: BanQ

Après 14 saisons et près de 600 matchs dans la Ligue nationale, en plus de cumuler près d’une décennie d’expérience comme propriétaire et directeur général du Phoenix de Sherbrooke dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), Jocelyn Thibault sentait qu’il était prêt à relever de nouveaux défis. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que d’accepter la direction générale de Hockey Québec représente un défi à la hauteur des ambitions de l’homme de hockey.

 

Jasmin Leroux | Hockey Le Magazine

Collaboration spéciale

 

« Je sentais que des changements arrivaient à la fédération, et j’ai eu l’impression que c’était un défi qui m’interpellait et que je pouvais amener mon expérience et mon vécu pour tenter de faire avancer les choses. » C’est de cette manière que l’ancien gardien de but de la Ligue nationale amorce l’entretien lorsqu’on lui demande comment il en est arrivé à accepter de devenir le nouveau directeur général de Hockey Québec, le 23 octobre dernier.

Mentionner que la fédération arrivait à un point tournant et qu’elle devait trouver de nouvelles idées pour se renouveler serait un euphémisme. Sans entrer dans les détails, il était de nature publique qu’il y avait eu plusieurs conflits à l’interne et que le hockey était en perte de vitesse au chapitre des inscriptions depuis quelques années.

Tout pour justifier une embauche qui n’était peut-être pas celle à laquelle on aurait pensé à prime abord, mais qui était des plus logiques de la part du conseil d’administration.

 

Il ne manquera pas de pain sur la planche

« Des défis, il va y en avoir. Même en excluant la pandémie de la COVID-19, on peut en nommer plusieurs. Je veux d’abord, avec mon équipe, changer le ton et l’atmosphère qui régnaient à la fédération et amener une nouvelle énergie. Ouvrir la discussion avec les régions et s’assurer que le canal de communication ne se ferme plus. On veut trouver le bon équilibre entre le hockey scolaire et civil. On veut aussi faire de la pédagogie avec les parents, les aider à définir et comprendre les attentes qu’ils peuvent avoir envers la fédération et les jeunes. Ça ne fait que trois mois que je suis en poste, et je dois dire que ç’a été des semaines occupées, mais j’adore ce que je fais », mentionne Thibault avec sincérité.

Au terme de sa carrière professionnelle, en 2008, Thibault s’est impliqué dans plusieurs projets qui visaient à développer le hockey en Estrie, là où il réside. Cela a mené, depuis 2012, à son implication avec le Phoenix, où il y a occupé divers rôles. Dans ses temps libres, il a dirigé des équipes bantam AA et midget AA comme entraîneur-adjoint au niveau féminin, calibres dans lesquelles ses trois filles ont évolué.

« Il y a quatre ou cinq ans, jamais je n’aurais osé avoir comme objectif de diriger Hockey Québec. Mais au fil du temps, après les expériences professionnelles que j’ai eues avec le Phoenix et dans d’autres projets, je sentais que ça devenait plus naturel d’appliquer pour le poste lorsqu’il s’est ouvert. J’ai passé à travers le processus d’embauche sans aucune prétention, en amenant mes idées et mon expérience, mais je voulais être certain que j’étais le candidat qu’il fallait au conseil d’administration. À partir de ce moment, c’est devenu beaucoup plus naturel de m’impliquer », exprime-t-il.

 

L’ancien gardien comprend les réalités de la pandémie

En tant qu’ancien gardien professionnel, Jocelyn Thibault peut bien comprendre la frustration, mais surtout la déception qui habite les jeunes hockeyeurs et hockeyeuses de la province. C’est ce qui a inspiré le DG à s’adresser directement aux joueurs et joueuses, de même qu’à leurs parents, le 1er janvier dernier, dans une lettre ouverte publiée dans les médias du Québec.

« Je le voyais concrètement avec mes trois filles. Je ne pouvais pas être mieux placé pour sentir à quel point la déception était vive de devoir faire une croix sur d’autres rencontres en raison du variant Omicron. J’ai voulu leur écrire pour leur dire que je comprenais leur tristesse et qu’on ne peut malheureusement pas contrôler ce qui se passe actuellement, mais qu’on serait là dès que ce serait possible et qu’il fallait se serrer les coudes pour passer à travers ça. Je l’ai fait dans le but de leur donner espoir, car je voyais de l’inquiétude dans leurs yeux lorsque je les croisais. »

Bien difficile de prédire l’avenir en cette période de pandémie, mais on peut sans doute entrevoir de belles années pour Hockey Québec avec Jocelyn Thibault à la barre. L’ancien gardien, mais aussi le père de famille mérite à tout le moins d’avoir la chance de redresser la barque !

 

JOCELYN THIBAULT À PROPOS DE…

Ses principaux défis avec HQ

« On parle de changer le ton, l’atmosphère de la fédération et de changer les attentes que les parents ont envers le sport. Il faut implanter une meilleure pédagogie et mieux définir les attentes qu’on devrait avoir envers le hockey. Il y a de moins en moins de joueurs chaque année. Il faut stopper l’hémorragie, aller chercher les jeunes et faire un meilleur travail au niveau des structures. Ça va s’échelonner sur plusieurs années. »

 

Son implication au sein du comité gouvernemental sur le développement du hockey au Québec

« Ça va prendre du temps avant de changer les choses au hockey québécois. Ça va prendre quelques années pour en arriver là où on voudrait. […] À la fin, je suis convaincu qu’il y aura plusieurs bonnes choses pour le hockey d’ici. On ne travaille pas qu’en fonction de Hockey Québec. Les travaux avancent, mais je ne suis qu’un membre parmi tant d’autres. Je ne sais pas exactement jusqu’où ça nous mènera, mais j’ai hâte de le savoir. »

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