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Blogue Marc Denis | La pénurie de gardiens de but québécois

En marge de la mise sur pied récente du comité québécois du développement du hockey, dont votre humble serviteur a accepté d’assumer la présidence, je crois pertinent de prendre un pas de recul pour se pencher sur la situation des gardiens de but québécois. Un premier constat saute aux yeux: il n’y a pas que pour la main d’œuvre au salaire minimum qu’il y a pénurie chez nous par les temps qui courent. Devant la cage des équipes d’envergure, aussi.

 

Marc Denis | RDS

Collaboration spéciale

 

Au moment d’écrire ces lignes, il n’y avait que deux gardiens québécois établis et réguliers dans la Ligue nationale. Marc-André Fleury a beau être le récipiendaire en titre du trophée Vézina, il représente tout de même le seul véritable gardien partant de la Belle Province dans la Ligue nationale, à l’âge vénérable de 37 ans.

L’autre, Jonathan Bernier, est un auxiliaire de luxe au New Jersey et il a 33 ans. Des 79 gardiens ayant joué une minute dans le plus haut niveau de hockey au monde cette saison, seuls quatre proviennent de chez nous. Qui plus est, Samuel Montembeault est devenu le premier gardien local en 15 ans à remporter un match pour l’institution que représente le Canadien. Ça en dit long !

Il est depuis longtemps révolu le temps où les gardiens du Québec régnaient en rois et maîtres entre les poteaux des grandes équipes. Il y a bien eu Devon Levi qui a défendu avec brio la cage de l’équipe nationale au plu récent Championnat mondial de hockey junior de l’IIHF, mais il représente plus l’exception que la règle récemment. Et nous n’avons pas su retenir ses services et son talent à un moment critique de son développement vers les rangs professionnels. Ça aussi, c’est un problème réel.

Dans mes quatre expériences avec l’équipe canadienne, que ce soit junior ou sénior, quatre de mes six partenaires avec les grosses jambières étaient de mes contemporains québécois. Et le fort du Canada a longtemps été tenu par les Stéphane Fiset, Jimmy Waite, Roberto Luongo, Martin Brodeur, Patrick Roy et j’en passe.

En jetant un regard vers le futur rapproché, on réalise rapidement que seuls deux gardiens nés au Québec apparaissent sur la plus récente liste de la Centrale de recrutement en vue du prochain repêchage du circuit Bettman : Vincent Filion, des Wildcats de Moncton, et Charles-Édward Gravel, de l’Armada de Blainville-Boisbriand. Le Phoenix de Sherbrooke voit le nom de son gardien sur cette liste aussi, mais il s’agit d’Ivan Zhigalov, de Minsk au Bélarus.

Bref, le portrait actuel n’est pas reluisant, mais la cause n’est pas perdue. Elle n’est pas perdue parce que les intentions sont bonnes aux quatre coins de la province pour remédier à cette situation, comme à bien d’autres pour notre sport. Je ne connais pas les recommandations qui émergeront du comité québécois pour le développement du hockey, dont les travaux commencent à peine, mais je sais qu’un plan cohérent et articulé par des experts qui regorgent de vécu dans ce domaine peut être envisagé.

Un plan de développement fait par des experts en la matière qui prendra en considération les mouvements nécessaires au succès des athlètes. Un gardien qui veut mieux suivre la rondelle des yeux peut très bien développer ses habiletés au bâton en jouant au baseball, par exemple. Il apprendra aussi à mieux attraper. La concentration sera aidée en jouant au golf, à la crosse ou au soccer en ce qui a trait à la prise d’informations.

Il n’y a là que le début du commencement d’une piste de solution, mais la réalité évidente demeure que si on veut permettre à nos jeunes gardiens de rêver et de rester motivés, il faut s’y attarder dès maintenant.

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