Blogue Marc Denis | Si la tendance se maintient

Les buts sont à la hausse jusqu’ici dans la Ligue nationale et les statistiques de certains gardiens de but, comme Matt Murray, en souffrent.
Les buts sont à la hausse jusqu’ici dans la Ligue nationale et les statistiques de certains gardiens de but, comme Matt Murray, en souffrent.
Le début de saison 2018-2019 de la Ligue nationale a donné droit à son lot de matchs spectaculaires et divertissants pour les amateurs. Des buts à profusion inscrits par des formations peu reconnues pour leurs prouesses offensives et alloués par des gardiens de but qui nous ont habitués à de meilleures statistiques.

 

Marc Denis | RDS

Collaboration spéciale

 

Comparativement au reste du calendrier, les premiers matchs donnent souvent droit à des duels axés davantage sur l’attaque. Cette fois, la tendance semble vouloir se poursuivre au-delà du seuil des dix premières rencontres et, qui sait, peut-être s’étendre sur une saison complète. Il est certes trop tôt pour parler de révolution, mais analysons tout de même, du point de vue d’un gardien, les motifs de cette évolution.

 

En me promenant aux quatre coins de la planète hockey, je pique souvent un brin de jasette avec les gardiens de la LNH. Plusieurs voient clairement une métamorphose dans la façon de jouer la position, alors que d’autres, plus jeunes, ont grandi avec le style de hockey que l’on connaît en 2018. C’est même le grand Martin Brodeur qui le mentionnait récemment lors de son discours d’intronisation au Temple de la renommée du hockey: la capacité d’adaptation des hommes masqués est plus que jamais sollicitée.

 

Le jeu est plus rapide et une technique impeccable n’est plus en mesure, à elle seule du moins, d’étouffer les menaces. Le gardien efficace d’aujourd’hui doit être en mesure d’effectuer une bonne lecture du jeu.

 

Le retour du balancier

Dans une certaine mesure, c’est le retour du balancier. J’ai évolué à une époque, pas si lointaine pourtant, où on avait l’impression qu’il n’y avait que des gardiens combatifs qui comprenaient et lisaient tout ce qui se dessinait devant eux. Puis est venue l’époque des robots. Ces grands et gros gaillards adoptant la position papillon pour bloquer de l’espace, les bras collés le long de leur corps comme s’ils y étaient attachés. Ces athlètes, victimes de la surspécialisation hâtive, n’ont jamais développé leurs qualités athlétiques diverses, pourtant essentielles pour exceller à cette position.

 

De toute évidence, les gardiens doivent désormais être en mesure de bien gérer les rencontres et ça nécessite une certaine expérience. Le gardien qui a l’intention d’influencer le juge de lignes quant au côté où sera effectuée la prochaine mise au jeu, par exemple, doit savoir manœuvrer avec doigté.

 

Reconnaître le moment propice pour remettre la rondelle en jeu et ne pas provoquer le sifflet de l’arbitre requiert une compréhension de l’état d’esprit de sa propre formation. La communication avec les défenseurs, ça se travaille et ça se peaufine, et le niveau de confort nécessaire à la réussite croît avec l’expérience. Bref, une bonne gestion de match s’apprend sur le tas, au fil du temps, et avec son lot d’essais et d’erreurs.

 

Bien sûr, les gardiens ne sont pas les seuls responsables de l’augmentation des buts marqués cette saison. Les systèmes de transition rapide, les stratégies de pointe, les jeux préparés à l’avance et, surtout, les habiletés exceptionnelles des jeunes joueurs qui s’amènent dans le circuit Bettman ont un impact indéniable sur la production offensive.

 

Un phénomène à surveiller

Le phénomène qui sera à surveiller au cours des prochains mois et des prochaines saisons sera le rajeunissement des athlètes qui dominent leur profession. En effet, les plus jeunes attaquants ont ouvert le bal de par leur vitesse et leur talent. Puis, les défenseurs plus mobiles et qui excellent en jeu de transition ont rajeuni une position qui prenait plus de temps, jadis, à raffiner. Le seul bastion qui résiste à ce vent de jeunesse est celui des hommes masqués.

 

Même la société autre fois exclusive des entraîneurs-chefs n’y échappe pas. Les gardiens d’expérience semblent encore avoir la cote et le haut du pavé. Rares sont ceux qui sortent des rangs juniors ou universitaires pour faire la barbe aux plus expérimentés. Les vétérans résistent, mais pour combien de temps encore?

 

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