Blogue Pierre Houde | Du sérieux, le plan de relance du Canadien

Les attaquants Nick Suzuki et Ryan Poehling, le défenseur Cale Fleury et le gardien de but Cayden Primeau ont tous connu un bon camp d’entraînement avec le Canadien.
 

Ç’a été un long processus, mais plusieurs indices laissent présager qu’on y est enfin ! Le Canadien commence à montrer un visage hautement compétitif, et ce, avec une base de vétérans solide et une banque de jeunes joueurs susceptible de le mener encore plus loin. Fini, le temps du rapiéçage. Fini, le temps du recrutement aléatoire ! Le plan de relance est maintenant sérieusement établi et tout le monde y adhère, à tous les niveaux.

 

Pierre Houde | RDS

Collaboration spéciale

 

L’exercice est vraiment on ne peut plus frappant ! En regardant l’alignement du Canadien, lors du match préparatoire du 20 septembre 2017, on remarque que 13 des 20 joueurs en uniforme ce soir-là ne font plus partie de l’organisation. Encore plus remarquable ; exactement la moitié de la formation officielle du premier match de la saison régulière, le 5 octobre 2017, n’y est plus ! On parle, chez les vétérans, des Tomas Plekanec, Alex Galchenyuk, Max Pacioretty, Ales Hemsky, Mark Streit, Al Montoya et compagnie. Parmi les autres joueurs de l’organisation, il y avait les Byron Froese, Jacob de la Rose, Daniel Carr, Jakub Jerabek, Andreas Martinsen et autres. Aux portes du grand circuit, il devait y avoir seulement les Nikita Scherbak, Michael McCarron et Brett Lernout, pour ne nommer qu’eux.

 

Bref, on comprend sans difficulté à quel point le visage du Canadien et de son réseau de développement a changé radicalement et… pour le mieux !

 

Des choix mieux ciblés

Ce long processus a commencé il y a cinq ans, après des années de sélections douteuses. En recrutant ou en obtenant des joueurs bien mieux ciblés, beaucoup mieux adaptés à l’ère moderne du hockey professionnel, le Canadien peut enfin, aujourd’hui, compter sur des ressources susceptibles de le transporter vers l’avenir avec beaucoup de confiance. Regardez les listes des choix de repêchage du Canadien en 2012 et en 2013 et comparez-les à celles de 2017 ou 2018. C’est le jour et la nuit, ou presque !

 

Dans le premier segment de l’équation, il est question des Sebastian Collberg, Dalton Thrower, Michael McCarron, Jacob de la Rose, Zach Fucale et Connor Crisp, comparativement aux Jesperi Kotkaniemi, Ryan Poehling, Josh Brook, Cale Fleury, Cayden Primeau et Alexander Romanov dans le deuxième. On pourrait même ajouter à cette dernière liste de joueurs prometteurs le nom de Cole Caufield, repêché en 2019.

 

S’il est acquis, de nos jours, que les équipes professionnelles ne peuvent plus « acheter » des championnats, encore faut-il avoir un plan clair et visionnaire afin de bâtir sa base de la bonne façon. Si l’organisation du Canadien a semé le doute pendant plusieurs années à ce chapitre, force est d’admettre que les devoirs ont été bien faits et que les récentes sélections ont été judicieusement préparées.

 

Transactions pertinentes

Cela dit, le directeur général, Marc Bergevin, et son groupe de conseillers ont aussi eu la main heureuse en planifiant des transactions qui se sont avérées fructueuses dans ce plan de redressement. S’il parle allègrement de l’acquisition de Shea Weber comme étant son meilleur coup avec le CH, on ne saurait diminuer pour autant ses autres démarches.

 

En Max Domi, qui a coûté Galchenyuk, il a obtenu à la fois du punch en attaque et une intensité contagieuse, match après match. En échangeant un Max Pacioretty au bout de son parcours à Montréal, il a mis la main sur un Tomas Tatar qui ne demandait rien d’autre que de se retrouver dans le bon contexte pour démontrer son talent. Il a aussi mis la main sur un brillant joueur d’avenir qui a ouvert les yeux de tous les observateurs au dernier camp d’entraînement, Nick Suzuki. En passant, tous ces joueurs sont plus jeunes que ceux contre qui ils ont été échangés.

 

Bien sûr, il faudra aussi, éventuellement, évaluer les transactions qui ont permis à Marc Bergevin de gonfler sa banque de choix de repêchage. Au cours des trois dernières années, le Tricolore a pu sélectionner pas moins de neuf joueurs lors des deux premières rondes. Ce n’est pas banal, mes amis !

 

Que l’on parle de Claude Julien, avec le grand club, ou de Joël Bouchard, avec le Rocket de Laval, on peut aisément saisir le niveau de satisfaction des deux hommes en ce début de saison 2019-2020. Le premier a enfin le mélange souhaité : quantité et qualité, à plusieurs positions. Le deuxième ne peut que se frotter les mains en envisageant le développement de plusieurs jeunes joueurs qui peuvent légitimement aspirer à la Ligue nationale.

 

Reste évidemment à livrer les résultats escomptés. Mais au moins, cette fois, le plan d’attaque du Canadien semble sérieux.

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