Blogue Pierre Houde | En séries malgré l’adversité

De l’aveu même de la haute direction, les ambitions étaient très élevées chez le Canadien avant le début de cette saison atypique. J’étais même de ceux qui lui concédait la chance de terminer au premier rang de la division Nord. Finalement, le Tricolore sera bel et bien en séries éliminatoires, mais pas par la grande porte. Car il y a eu un obstacle important sur sa route : l’adversité !

 

Pierre Houde | RDS

Collaboration spéciale

 

Quand on jette un regard rétroactif le moindrement intéressé sur cette saison qui s’est amorcée le 13 janvier dernier, on constate facilement à quel point le Canadien a eu à composer avec des embûches de diverses natures, qui sont venues perturber une bonne partie de la saison. Certaines sont strictement imputables au mauvais sort, d’autres à la malchance, et… certaines autres sont franchement inexplicables ! L’excellente fiche de 9-4-2 au cours des 15 premiers matchs a rapidement établi les ambitions à une hauteur très élevée. Mais la suite a été composée exclusivement de hauts et de bas.

 

Les adversaires s’ajustent

À part l’absence de spectateurs dans les gradins, rien n’est plus inusité, pour les équipes, que le fait d’affronter à répétition les mêmes six ou sept adversaires. Après une quinzaine de matchs, les rivaux du Canadien ont fait leurs devoirs. Le jeu de transition qui coulait tellement bien a rencontré l’échec-avant des autres équipes. Frapper les défenseurs avant qu’ils ne bougent, insérer des embûches entre ceux-ci et les attaquants et forcer le jeu en territoire du Tricolore, voilà des approches qui ont porté fruits et qui ont semé le doute. Le premier signal d’alarme est survenu lors des deux défaites consécutives en bris d’égalité à Ottawa, les 21 et 23 février. Vraisemblablement, on commençait à trouver les failles dans le système. Marc Bergevin a ressenti l’onde de choc ! À un point tel que l’entraîneur-chef, Claude Julien, ainsi que son associé, Kirk Muller, ont été libérés dès le lendemain.

 

D’un extrême à l’autre

D’un entraîneur-chef possédant une feuille de route éloquente s’étalant sur près 20 ans, l’équipe s’est aussitôt retrouvée aux mains d’un homme n’ayant comme expérience que celle d’avoir été l’associé de Claude Julien pendant deux saisons. C’est tout un bouleversement pour une équipe en transition comme le Canadien ! Si les raisons de « communication », de « message », de « renouveau » et de « modernisme » expliquées par Marc Bergevin peuvent se justifier, il n’en demeure pas moins que Dominique Ducharme ne pouvait pas tout faire basculer en 24 heures. Le Tricolore est une équipe complexe, composée de très jeunes joueurs, de vétérans aguerris et de leaders bien ancrés au sein de la formation.

Bref, un bâteau plus complexe à diriger que celui des Sénateurs, par exemple. L’inconstance était presque inévitable, comme en témoigne le dossier d’environ ,500 sous la gouverne de Ducharme.

 

Les deux jeunes joueurs de centre toujours en développement

Porteurs de grands espoirs, particulièrement depuis la bulle de l’été dernier, les deux principaux jeunes joueurs de centre de l’organisation n’ont pu faire de miracles sur l’ensemble de la saison. Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi ont tous deux connu de bons moments, mais aussi de grands passages à vide. Loin d’être étonnante, cette situation a peut-être été sous-évaluée, en fin de compte. Après tout, dans le plan de l’équipe, ils occupent des postes importants, et ce, même s’ils viennent à peine de franchir le cap de la vingtaine. Si la fin de saison de Suzuki a été très rassurante, l’ensemble de celle de Kotkaniemi génère des inquiétudes. Depuis le début du mois d’avril, ce ne sont pas seulement ses chiffres qui sont horribles, mais chacune de ses présences sur la patinoire qui semblent être un tourment pour lui !

 

Les blessures

Ce n’est jamais une excuse, mais souvent une explication : à moyen et long terme, une équipe ne peut se passer de ses meilleurs joueurs, ni même se contenter de les avoir en uniforme à une fraction de leur capacité. Plus encore, les absences de ces derniers ont souvent des répercussions négatives sur les autres. Quand Ben Chiarot a quitté pour une quinzaine de matchs, la mutation de Joel Edmundson aux côtés de Shea Weber a mis Jeff Petry au neutre pour à peu près la même période. Quand Brendan Gallagher s’est fracturé le pouce, le Canadien a perdu une grande partie de son âme et de son cœur. Quand Paul Byron, Tomas Tatar, Jonathan Drouin et Joel Armia se sont tous absentés pour différentes raisons, les unités spéciales de l’équipe ont été sérieusement amputées. Quant à la nécessité de combler l’absence de Carey Price pour plus du quart de la saison, le défi a tout simplement été un peu trop lourd pour Jake Allen, malgré son niveau d’engagement irréprochable.

Cela dit, comme l’a souvent exprimé Bergevin, tout peut arriver en séries. L’important, c’est d’y accéder ! Si les piliers du Canadien y participent tous et qu’ils sont en bonne santé, qui sait si on ne pourrait pas revoir l’équipe du premier quart de la saison et rêver à une surprise, du moins au premier tour. Après tout, c’est souvent dans l’adversité que se bâtit le véritable succès  !

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