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Blogue Pierre Houde | L’an 1 pour Dominique Ducharme

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Son arrivée comme entraîneur-chef du Canadien s’est faite de façon aussi précipitée qu’étonnante. Il a dû faire face à de nombreux défis, surmonter l’adversité et établir de nouvelles bases avec de nouveaux adjoints. Tout cela avec le statut d’intérimaire! Pour Dominique Ducharme, qui a officiellement été confirmé dans ses fonctions en juillet dernier, la saison 2021-2022 s’avère véritablement l’an 1 de son mandat à la barre du Tricolore.

 

Pierre Houde | RDS

Collaboration spéciale

 

C’est quand on remonte le fil des évènements, jusqu’au 24 février dernier, que l’on constate à quel point le parcours de Dominique Ducharme a été rien de moins que remarquable entre cette date et la conclusion du dernier match de la finale de la Coupe Stanley, le 7 juillet dernier. La maladie, les blessures, la situation inquiétante de Jonathan Drouin (un joueur qu’il affectionne particulièrement), le départ de Stéphane Waite, l’entrée en séries éliminatoires presque par miracle et son propre isolement forcé en raison de la COVID-19 lors de la demi-finale ; avouons-le, peu d’entraîneurs devant assurer l’intérim ont eu à faire face à de tels défis et à s’en sortir de façon aussi brillante !

Sans étonnement, Marc Bergevin n’aura mis qu’une semaine, après le dernier match contre le Lightning, pour officiellement faire de Ducharme le 31e entraîneur-chef de l’histoire du Canadien. Et c’est ce jour-là, précisément, que le vrai mandat de ce dernier a commencé. À partir de ce moment, il obtenait une page blanche et propre pour mener le Tricolore à sa façon, selon sa vision et ses valeurs. Avec, en toile de fond, une expérience inestimable qui n’est pas à négliger.

 

DE LOURDS DÉFIS

Le premier défi qui se dresse devant lui en est un de taille, cependant : mener à bon port une équipe qui a atteint la grande finale la saison précédente, mais qui, cette année, devra réalistement se battre pour une place en séries avec ses rivaux traditionnels de la division Atlantique et de l’Association Est. Bien sûr, plusieurs facteurs hors de son contrôle viendront dicter l’allure de cette saison (blessures, maladie, etc.), mais globalement, Dominique Ducharme devra, dès le départ, obtenir un vote confiance de la part de ses joueurs et, aussi, des partisans, dont l’appétit a été grandement aiguisé l’été dernier. Plus que jamais, sa foi en la communication pourrait lui être d’une très grande utilité.

À l’interne, l’absence de Shea Weber pour toute la saison constitue un autre défi colossal pour l’entraîneur-chef. Le capitaine a encore prouvé son immense leadership la saison dernière, et il a été, plus que jamais, le pont essentiel entre les joueurs de toutes les générations, les nouveaux arrivés et les membres actuels de l’équipe. Un joueur comme Weber, c’est aussi un pont inestimable entre les entraîneurs et les joueurs. Or, même si le défenseur souhaite être très présent, en personne ou à distance, dans l’entourage du club, il ne pourra exercer la même influence. En annonçant très rapidement qu’on ne verrait pas le « C » de capitaine sur aucun chandail cette saison, Ducharme s’est donné la mission délicate de bien identifier ses lieutenants et de répartir correctement les responsabilités.

Le troisième défi: créer une « synergie » avec un groupe d’adjoints renouvelé et un nouveau personnel d’entraîneurs à Laval. Même s’il peut encore se rabattre sur l’appui de Luke Richardson et d’Alexandre Burrows, Dominique Ducharme doit quand même intégrer un nouvel adjoint en Trevor Letowski et établir une nouvelle relation avec Éric Raymond, le nouvel entraîneur des gardiens de but. Il devra aussi redéfinir le canal de communication avec Jean-François Houle, le nouvel entraîneur du club-école de Laval et s’assurer que les bases de développement soient conséquentes avec la philosophie sportive du Canadien. Houle lui-même sera entouré des nouveaux venus, Martin Laperrière et Kelly Buchberger, ce qui nécessitera aussi la création rapide d’une chimie entre les trois hommes devant mener le Rocket dans sa mission !

Bref, si l’an 1 de l’ère Ducharme se veut, de l’aveu même du principal intéressé, une opportunité professionnelle en or et qui arrive au bon moment pour lui, il est assuré qu’il sait aussi reconnaître les enjeux majeurs du vrai début de son règne. La patience n’étant pas dans la nature des partisans du Canadien, Dominique Ducharme devra en faire beaucoup... en peu de temps !

 

LE DOSSIER JONATHAN DROUIN

Casque d’écoute sur la tête, Dominique Ducharme observait la rencontre entre les Rouges et les Blancs à mes côtés et ceux de Marc Denis sur la passerelle de presse du Centre Bell, le 26 septembre dernier, et il livrait généreusement ses commentaires aux téléspectateurs de RDS. Lorsque Jonathan Drouin a sauté à nouveau sur la patinoire et qu’il a encore reçu des applaudissements chaleureux de la part des spectateurs présents, l’entraîneur n’a pu s’empêcher d’esquisser un sourire et d’exprimer, en ondes, le fond de sa pensée.

« Je connais bien Jo et il sera très touché par cette marque de respect, mais honnêtement, je m’attendais à ce beau geste de la part de nos partisans », a-t-il dit. Le lendemain, Drouin brillait avec ses compagnons de trio, Christian Dvorak et Josh Anderson, lors d’un match préparatoire contre les Maple Leafs de Toronto. Encore une fois, il a reçu une belle vague d’affection de la part du public.

C’est là une belle histoire à l’intérieur de la grande histoire que s’apprête à écrire l’entraîneur du Canadien. Jonathan Drouin semble en voie de connaître une excellente relance de carrière après ses problèmes d’angoisse et il appert qu’il n’y a pas de meilleur leader que Dominique Ducharme pour lui ouvrir à nouveau les portes de l’équipe !

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