Blogue Pierre Houde | Phillip Danault continue de progresser

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Les statistiques passées ou actuelles ne sont pas celles de Patrice Bergeron, Jonathan Toews ou d’Aleksander Barkov. Mais pour le Canadien, Phillip Danault remplit, contre toute attente, un rôle tout aussi important. Il représente une pièce maîtresse dans l’échiquier de l’équipe et demeure certainement, encore aujourd’hui, l’un des joueurs les plus sous-estimés de la Ligue nationale.

 

Pierre Houde | RDS

Collaboration spéciale

 

Lorsque le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, a complété la transaction envoyant Tomas Fleischmann et Dale Weise aux Blackhawks, en février 2016, peu d’amateurs connaissaient la véritable valeur des actifs obtenus en retour. En ce début d’année 2020, il était beaucoup plus facile d’apprécier le coup fumant de Bergevin! Le choix de deuxième ronde obtenu ce jour-là a permis la sélection du défenseur russe Alexander Romanov, que les observateurs les plus avisés considèrent comme un joueur promis à un brillant avenir dans la Ligue nationale.

 

Dans la même transaction, le Canadien a fait l’acquisition d’un certain Phillip Danault, un joueur québécois ayant principalement évolué à Victoriaville et, en fin de parcours, à Moncton chez les juniors. Là, les opinions étaient non seulement partagées, elles étaient carrément confuses ! Quelle était la réelle valeur de ce jeune homme et que pouvait-il bien apporter au Tricolore, outre le fait qu’il était un p’tit gars de chez nous ?

 

Les réponses n’ont pas tardé à venir. Au beau milieu d’une saison en dents de scie, alors que l’on se demandait si Alex Galchenyuk était un digne d’un joueur de centre de premier plan, qu’on cherchait à savoir qui allait remplacer un Tomas Plekanec vieillissant, sur qui compter pour compenser le rendement aléatoire de Lars Eller, les lacunes de Torrey Mitchell ou le ralentissement de David Desharnais, l’arrivée de Danault, qui avait à peine 22 ans à ce moment-là, a été une véritable bouée de sauvetage pour l’organisation du Canadien.

 

Si son rendement exceptionnel dans le cercle des mises au jeu a rapidement été apprécié de tous (il a maintenu une efficacité de 56% en 21 matchs à ses débuts, en 2015-2016), on a rapidement remarqué ses autres qualités.

 

Une progression à la Sean Couturier ?

Rapidement, Phillip Danault a su gagner la confiance de son entraîneur et de la direction de l’équipe, à un point tel qu’il s’est vu confier plusieurs nouvelles responsabilités sur la patinoire. De par sa compréhension du jeu, sa prise de décision et son exécution en général, il a pu combler, à lui seul, plusieurs facettes du jeu des centres mentionnés plus haut, qui ont tous quitté le navire, à un moment ou un autre. Le Québécois, lui, est non seulement resté, il s’est faufilé au poste de centre numéro un de l’équipe.

 

Son parcours n’est pas sans rappeler celui de Sean Couturier, des Flyers. Si on a rapidement reconnu les qualités défensives exceptionnelles de Danault, qui lui ont valu la mission de surveiller, soir après soir, les meilleurs joueurs adverses, on a aussi remarqué, plus récemment, un essor non-négligeable sur le plan de l’attaque. Ce qui a aussi été le cas pour Couturier ces dernières saisons. Si les statuts de Bergeron, Toews et de Barkov semblent inatteignables pour le centre du Canadien, on peut certainement conclure que l’exemple du joueur des Flyers constitue une excellente source de référence.

 

De 40 points en 2016-2017, la production de Phillip Danault est passée à 53 la saison dernière. À la veille de la semaine de relâche, cette saison, il avait déjà récolté 35 points. Tout cela, rappelons-le, avec le mandat de neutraliser les meilleurs attaquants adverses.

 

Lors de notre récent passage à Philadelphie, Alain Vigneault expliquait le développement incessant de Sean Couturier par des facteurs très simples : sa compréhension exceptionnelle du jeu et sa volonté de toujours bien faire et de s’améliorer. On peut aisément prêter des qualités semblables à Danault. Peut-il marquer 30 buts ou plus un jour, comme l’a fait le porte-couleurs des Flyers ? Peut-être pas. Mais il est le premier à dire ouvertement qu’il peut marquer davantage et qu’il ne cessera jamais de chercher à améliorer cette facette de son jeu. Le reste est déjà acquis, que ce soit la qualité de ses passes, son travail défensif ou ses qualités exceptionnelles lors des mises au jeu.

 

Si le Canadien a encore soulevé les incertitudes et les interrogations cette saison, on peut aisément dire que le jeune s’est encore une fois avéré une ressource extrêmement fiable et rassurante pour l’équipe. À 27 ans, il lui reste encore quantité de bonnes saisons et tout porte à croire qu’on n’a pas encore vu le plafond de ce fier athlète. 

 

Chose certaine, s’il y a un joueur avec qui l’organisation risque de vouloir s’entendre à long terme, c’est bien Phillip Danault.

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