Blogue Steve Turcotte | Équipe Canada junior n’aura jamais été aussi bien préparée

Le travail d'André Tourigny à la barre des 67's d'Ottawa n'est pas passé inaperçu aux yeux des dirigeants de Hockey Canada. (Getty)

Dans quelques semaines va s’amorcer le Championnat mondial de hockey junior, une tradition du temps des Fêtes. À la barre d’Équipe Canada junior, un entraîneur québécois, dont les racines sont en Mauricie, s’apprête à vivre l’expérience la plus enivrante de sa carrière.

 

Steve Turcotte | Le Nouvelliste

Collaboration spéciale

 

André Tourigny a pourtant tout un tableau de chasse. Il a dirigé pendant une décennie les Huskies de Rouyn-Noranda. Il a passé cinq saisons comme entraîneur-adjoint dans la Ligue nationale, au Colorado et à Ottawa. Finalement, après un retour dans la LHJMQ à Halifax, il est devenu le patron hockey des 67’s d’Ottawa.

Sur la scène internationale, il a savouré la conquête de la médaille d’or au Championnat du monde junior de l’an dernier, à titre d’adjoint à Dale Hunter. Il a aussi deux médailles d’argent à ce prestigieux tournoi, encore une fois comme adjoint. Mais cette fois, c’est lui qui a les commandes du programme national, dont les péripéties devraient captiver une dizaine de millions de Canadiens !

« À chaque fois que j’ai la chance de travailler pour le programme national, je me rappelle d’où je viens, confie-t-il. C’est un immense privilège. Ce sera encore plus gros pour moi cette année. Je suis prêt à vivre ça ! »

Heureusement que Tourigny dispose d’une longue feuille de route. Car ce championnat, ce sera de l’inédit. Pandémie oblige, Équipe Canada a dû mettre sur pied un camp de sélection bien différent pour amoindrir le fait que les joueurs des ligues de l’Ontario et de l’Ouest n’avaient toujours pas entamé leur saison.

Le calendrier établi : 26 pratiques et 11 matchs. La mission : s’assurer que le Canada soit fin prêt à défendre son titre mondial quand la rondelle sera déposée au centre de la glace dans la bulle à Edmonton.

« On a fait 29 plans différents avant d’adopter celui-là, fait valoir Tourigny. Ce n’était pas évident, car les règles changeaient à chaque semaine ! La formule choisie nous a permis de bâtir à la fois un système et une identité. La clé a été la collaboration de la LHJMQ, qui a accepté de laisser partir ses joueurs plus tôt. Grâce à cette décision, tous les joueurs ont traversé le même processus. »

 

Miser sur le meilleur groupe de joueurs possible

Encore une fois cette année, le circuit Courteau est celui qui compte sur le moins d’invités au camp de sélection final. Tourigny propose toutefois de voir la situation d’un autre œil.

« On se trompe en calculant les invitations par ligue, réplique le Mauricien. Si on veut vraiment comparer, il faut y aller avec le bassin de joueurs. Il y a 100 000 hockeyeurs au Québec et dans les Maritimes, et 300 000 en Ontario. Si tu fais le pourcentage, tu t’aperçois donc que la LHJMQ est très, très bien représentée. À ce niveau, la provenance du joueur n’est aucunement un facteur. Je suis fier d’être un Québécois, mais notre mandat est d’assembler la meilleure équipe possible. La pression de gagner est tellement forte, et la ligne est tellement mince entre la victoire et la défaite. Tout ce qui compte, c’est de bâtir le meilleur groupe possible. »

Tourigny sait de quoi il parle quand il évoque le mince écart qui sépare les gagnants des autres équipes au Championnat du monde junior. Pour lui, l’ivresse de l’an dernier a mis un baume sur les deux défaites crève-cœur encaissées lors de la finale des éditions de 2010 et 2011. En 2010, c’est John Carlson qui avait joué les héros en prolongation pour les Américains. L’hiver suivant, le Canada avait échappé une avance de trois buts en troisième période face aux Russes…

« C’est ce qui rend ce tournoi si spécial : les émotions sont garanties, conclut-il. Il y a tellement d’adversité, le calibre est très relevé et personne ne peut prédire ce qui va se passer. Chose certaine, notre équipe n’aura jamais été aussi bien préparée. Avant même le camp de sélection, on avait des meetings avec les joueurs sur le système de jeu. La préparation, c’est une chose. Il va rester à livrer la marchandise, maintenant. »

 

*À noter que peu près l’entretien de notre collaborateur, Steve Turcotte, avec l’entraîneur-chef d’ÉCJ, André Tourigny, deux cas de COVID-19 ont été répertoriés au sein de l’équipe canadienne junior. Les joueurs et le personnel d’entraîneurs sont présentement en quarantaine obligatoire et ils devraient logiquement pouvoir reprendre les activités régulières à compter de lundi.

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