Blogue Steve Turcotte | Le rendez-vous manqué du Phoenix

Le capitaine du Phoenix, Samuel Poulin, aurait-il disputé son dernier match dans la LHJMQ? (LHJMQ Médias)

« Dans le hockey junior, ça fonctionne par cycle. Gagner un championnat, ce n’est pas évident. Il faut une symbiose parfaite entre talent, chimie, maturité et expérience. On avait le feeling qu’on avait ça. C’est triste ce qui se passe. »

 

Steve Turcotte | Le Nouvelliste

Collaboration spéciale

 

Au bout du fil, Jocelyn Thibault s’efforce de rester positif. C’est dans sa nature. Le directeur général du Phoenix  de Sherbrooke avoue quand même que les dernières semaines n’ont pas été faciles. La COVID-19 ne fait pas de discrimination, elle frappe partout. La LHJMQ est l’une des victimes collatérales de cette pandémie mondiale.

 

« On dirait que je ne réalise pas encore ce qui se passe, confie-t-il. C’est comme si j’avais reçu un coup de marteau en plein visage. Tu te relèves, mais tu restes ébranlé un bout de temps! Au départ, on se disait que ce serait une poignée de matchs de saison régulière qui allaient être annulés et que les séries finiraient par s’entamer, tôt ou tard. »

 

Sherbrooke a récupéré son équipe junior en 2012. Depuis, l’équipe d’actionnaires dont fait partie Thibault espérait orchestrer une saison comme celle-là. Le Phoenix a dominé le classement général cet hiver.  Les foules ont été de plus en plus nombreuses au Palais des sports Léopold-Drolet. Les séries allaient permettre à la concession d’engranger de gros revenus, et de fortifier sa place dans le marché sportif de l’Estrie.

 

« C’est trop tôt pour chiffrer la perte de revenus, indique le DG. Ça va dépendre de comment ça va finir. Ce qu’on sait, c’est que ce ne sera pas agréable. Les grosses saisons servent à compenser pour celles qui sont plus difficiles. On va quand même pouvoir bâtir sur les derniers mois. Comme tout le monde, je reste à la maison la plupart du temps, mais quand je dois sortir et que je croise des gens, ils m’expriment de la fierté par rapport à ce que nous avons réalisé ces derniers mois. Ça met un peu de baume sur ce que l’on vit. »

 

Il faut dire que Thibault a eu la bonne idée de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier lors de la plus récente période de transactions. Contrairement aux Wildcats, aux Saguenéens et à l’Océanic, ce printemps n’était pas lié à une fin de cycle.

 

«On devait, en principe, attendre encore un an avant de foncer, mais avec nos résultats du début de la saison, on a décidé d’être plus agressifs, explique le principal intéressé. Cela dit, c’est vrai qu’on croit qu’on aura encore une bonne équipe l’an prochain, qui pourrait appartenir au premier tiers du classement général et qui aura encore des atouts en poche pour continuer de s’améliorer. »

 

Le repêchage 2020 changera de formule  

Quant au repêchage du circuit Courteau, qui devait avoir lieu au Palais des sports Léopold-Drolet de Sherbrooke, il ne sera pas présenté selon la formule habituelle. La LHJMQ est toujours la dernière ligue au pays à organiser une grande mise en scène, semblable à celle de la Ligue nationale. Pour des centaines d’adolescents, c’est un rêve qui devient réalité d’être réclamés par une équipe junior, en plus d’avoir la chance de parader sur l’estrade ! Ça se fera plutôt en ligne, cette fois.

 

« Pour la ligue, les Assises, c’est une grosse semaine, conclut-il. Au plan promotionnel, ça fait mal. Mais ce qui m’attriste le plus, c’est que nos jeunes ne pourront pas avoir la chance de vivre, en personne, ce moment si spécial. »

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