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Du haut des gradins | Le bon flair d’Éric Gélinas

Éric Gélinas espère que son séjour avec le Canadien sera plus fructueux que celui au Colorado. (Getty)
Éric Gélinas espère que son séjour avec le Canadien sera plus fructueux que celui au Colorado. (Getty)
Éric Gélinas aurait bien pu décider de s’emporter. À quelque trois semaines de l’ouverture des camps d’entraînement de la Ligue nationale, il aurait bien pu perdre patience et finalement s’entendre avec l’une des nombreuses équipes de la Ligue continentale russe intéressées à ses services.
 

Simon Bédard | Hockey Le Magazine

sbedard@ovationmedias.com

@simonbedard17

 

Mais au fond, ç’aurait été bien mal le connaître. De nature plutôt calme, à la limite « nonchalante », le gros arrière savait qu’il avait encore à offrir à une équipe de la LNH. Qu’il devait se donner une dernière chance avant de s’aventurer vers l’inconnu. Il a préféré faire preuve de patience et ça s’est traduit par une invitation professionnelle au camp du Canadien, tel qu’annoncé le 29 août dernier.

 

« Je ne dirais pas que j’étais nécessairement près de quitter vers la KHL, mais il y avait clairement des équipes intéressées à moi, a confié Gélinas lors d’une conversation au cours du weekend. Toutefois, le processus de mise sous contrat est un peu plus long là-bas, alors je n’ai pas vraiment reçu d’offres concrètes. Mais au fond de moi, je voulais rester ici et me donner une dernière chance dans la LNH. Je ne voulais pas partir. »

 

Impossible de savoir le degré d’intérêt de l’état-major montréalais envers le Franco-Ontarien. Si, au début juillet par exemple, il était parmi les noms évoqués par le directeur général Marc Bergevin et ses adjoints, départ d’Andrei Markov ou non. Mais selon ce qui a été possible d’apprendre, le Tricolore aurait discuté avec le clan Gélinas en quelques occasions au cours de la période estivale.

 

« Je n’ai reçu aucune offre concrète, répond-t-il avec prudence. Juste des conversations au cours desquels les dirigeants démontraient de l’intérêt envers moi, mais sans plus. Pour le reste, je n’en sais pas plus et il faudrait en parler à mon agent, mais je n’ai reçu aucune offre formelle du CH jusqu’ici. »

 

Ce qui laisse donc sous-entendre que l’organisation du Canadien a encore des doutes à valider à son sujet. Des doutes qui s’éclairciront au fur et à mesure que le camp d’entraînement progressera. Gélinas ne se berce plus d’illusions: il sait fort bien que ce try-out pourrait fort bien être son dernier dans la LNH avant de devoir plier bagage en Europe.

 

« Pour moi, c’est le moment le plus important de ma vie, confie-t-il en parlant du camp d’entraînement qui débutera officiellement le 14 septembre, au Complexe sportif Bell de Brossard. Mais je me prépare encore de la même façon et avec le même mindset qu’au début de l’été. »

 

Ce qui l’amène à nous parler un peu de sa routine d’entraînement des trois derniers mois. Une routine intense, rigoureuse, qui laisse croire qu’il devrait être dans une forme optimale pour compétitionner avec les Jakub Jerabek, Brandon Davidson Joe Morrow et autres arrières pour l’un des derniers postes disponibles en défense à Montréal.

 

« Ça varie toujours selon le moment de l’été, mais je commence par six séances d’entraînement hors glace par semaine, explique Gelly. Cet été, par contre, j’ai sauté sur la glace plus tôt qu’en temps normal. J’ai commencé ma session sur glace au début juillet. À partir de ce moment, j’étais soumis à six off-ice et à quatre à cinq entraînements sur glace par semaine. »

 

Terminé, le numéro 44!

 

On pourrait lui reprocher ceci ou cela pour son incapacité à s’établir dans la Ligue nationale depuis 2013-2014, on ne pourrait toutefois pas le blâmer pour son manque d’intensité au gymnase ou son désir de saisir sa nouvelle opportunité avec le CH.

 

Ça commence par cette décision d’opter pour un nouveau numéro, lui qui arborait le 44 à la fin de son séjour avec les Devils et lors de celui avec l’Avalanche. Ce n’est toutefois pas celui pour lequel il optera avec le Canadien, a-t-il laissé sous-entendre.

 

« C’est terminé ce temps-là, s’est-il contenté de répondre en riant. Présentement, je me concentre sur le camp et mon objectif de faire l’équipe avant de penser à mon nouveau numéro. »

 

Car pour l’heure, son seul et unique désir est de prouver à Bergevin et à ses adjoints qu’ils ont pris la bonne décision en lui offrant un nouveau départ. Un nouveau départ qui lui a fait réaliser bien des choses s’il désire forcer la main de l’équipe de son enfance à le mettre sous contrat d’ici au 5 octobre prochain. 

 

« J’ai réalisé que je dois tourner la page sur ce qui s’est passé ces derniers temps et repartir à neuf dans le but de faire ma place, mentionne le natif de Vanier, qui suivait le CH et les Sénateurs dans sa jeunesse. On m’offre un clean slate avec le Canadien et je suis vraiment reconnaissant envers l’organisation. Je suis plus que sérieux par rapport à cette opportunité. »

 

Plus que quelques jours à patienter, donc, avant de pouvoir passer de la parole aux actes. Entre deux séances d’entraînement des plus rigoureuses et quelques dossiers à gérer pour sa fondation Gely-N-Ice, Gélinas tente tant bien que mal d’imaginer ce qu’il ressentira lorsqu’il endossera le bleu-blanc-rouge au Centre Bell pour la première fois, dans quelques semaines.

 

« Mais j’ai vite réalisé que c’était quelque chose d’impossible à imaginer, réalise le défenseur de 6’4’’ et 215 lb, grand admirateur de Saku Koivu et Sheldon Souray dans sa jeunesse. Ce sera un feeling incroyable. J’étais sur place lors du retour au jeu de Saku après son cancer et déjà ça, des estrades, c’était assez spécial comme sentiment. »

 

Mais ce sentiment plutôt unique devra peut-être passer par un séjour dans la Ligue américaine, avec le Rocket de Laval, s’il parvient à convaincre le Canadien de lui offrir un contrat. Ce ne serait pas son choix numéro un, certes, mais ce ne serait pas si mal du tout considérant qu’il n’a pas joué devant les siens depuis l’âge de 15 ans, dans le midget AAA.

 

« L’arrivée du Rocket a pesé dans la balance et si je dois commencer à Laval, je commencerai à Laval et ce sera à moi de forcer la main des dirigeants du Canadien quant à un éventuel rappel, conclut-il. Jouer devant ma famille et mes amis, ça ne m’est pas arrivé depuis le midget AAA. Ça va être le fun en maudit! »

 

Le dernier joueur du Canadien à avoir obtenu un essai professionnel pour le camp d’entraînement était Tomas Fleischmann, en septembre 2015. Il s’était alors entendu avec le club pour une saison et 750 000$.

 

 

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