Du haut des gradins | Le jour et la nuit pour Marc Bergevin

Le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, est plus détendu par les temps qui courent. (NHL.com)
Le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, est plus détendu par les temps qui courent. (NHL.com)
À pareille date l’an dernier, le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, vivait des moments difficile. Avec une quarantaine de matchs à faire à la saison, le Canadien était déjà exclu des séries éliminatoires et on réclamait déjà sa tête sur toutes les tribunes. De son propre aveu, des nuits blanches, il en a connues quelques-unes.
 

Simon Bédard | Hockey Le Magazine

Rédacteur en chef

 

À quelques heures du match de lundi contre le Wild, au Centre Bell, Bergevin a tenu un point de presse de mi-saison devant les représentants des médias. Il semblait de fort bonne humeur, détendu et amusé. Tout le contraste avec l’homme qu’il était l’an dernier.

 

Tout n’est pas au beau fixe chez le CH présentement, mais force est d’admettre que l’équipe cause une heureuse surprise cette saison. Le directeur général en est bien conscient et c’est pourquoi on avait l’impression d’avoir affaire au DG des saisons 2013-2014 et 2014-2015, par exemple, lorsque le Tricolore appartenait aux bonnes formations de l’Association Est.

 

Une bonne partie du point de presse a porté sur le gardien de but Carey Price, qui a décidé, d’un commun accord avec l’organisation montréalaise, de renoncer à sa participation au prochain Match des étoiles. Une décision saluée et secondée par Bergevin, qui aura besoin de l’apport de Price pour voir son équipe se qualifier pour les séries.

 

Ses propos les plus intéressants, à mon avis, ont été tenus dans la deuxième portion de la mêlée de presse, portion portant davantage sur son approche en vue de la deuxième moitié de saison et, par le fait même, de la date limite des transactions.

 

L’avenir du Canadien est prometteur. Beaucoup plus qu’il y a une ou deux saisons à peine. Le plus récent Championnat mondial de hockey junior, auquel Bergevin a assisté à Vancouver, en a été une preuve éloquente. À moyen et long termes, la ligne de centre du Canadien n’est plus source de préoccupation. On pourrait même y avoir un surplus d’éléments avant longtemps.

 

À la défense, du renfort pourrait s’amener d’ici quelques saisons. On pense entre autres au Russe Alexander Romanov, qui a connu un excellent tournoi avec la Russie, mais aussi au jeune Cale Fleury, qui est en train de polir son jeu avec le club-école du Rocket de Laval, dans la Ligue américaine.

 

Avec Price devant le filet pour au moins les huit prochaines saisons, cette position n’a jamais été matière à préoccupation, mais le CMHJ de 2019 nous a également permis de découvrir l’imposant Cayden Primeau, un gardien repêché au septième tour en 2017. Une belle carte cachée.

 

Bref, l’avenir du Canadien est rose et la rapide progression de l’équipe cette saison fait en sorte que, soudainement, certains y croient plus que d’autres. Au début janvier, l’équipe peut encore aspirer à participer aux séries et question de s’assurer que cela survienne, le DG aurait pu être tenté de réaliser une transaction pour obtenir du renfort à la défense, par exemple, ou en ajoutant un joueur établi à son Top 12.

 

Rassurez-vous, partisans du Canadien: il n’en sera rien. À moins d’une transaction permettant aux siens d’obtenir du renfort à court, mais aussi à long terme, comme ç’avait été le cas avec Jeff Petry en 2015, Marc Bergevin ne tentera pas un coup de circuit au cours des prochaines semaines.

 

Cela veut donc dire que si le Canadien parvient à faire les séries, ce sera grâce au travail effectué par ce groupe de cols bleus, et avec l’aide de personne d’autre.

Après tout, il serait confronté à une puissance comme le Lightning, les Maple Leafs ou les Capitals dès le départ. Pourquoi sacrifier un élément clé du futur ou un haut choix au repêchage pour ne disputer qu’une poignée de matchs éliminatoires?

 

C’est une sage décision du DG, qui ne fait que démontrer que son plan était d’inculquer un virage jeunesse à son organisation, sans pour autant en affecter le produit sur la patinoire comme ça peut être le cas avec les Sénateurs, par exemple, qui accumulent défaite par-dessus défaite.

 

Il faudra patienter encore un peu avant que le Canadien puisse rivaliser avec les meilleurs clubs de l’Est, comme c’était le cas il y a quelques saisons à peine, mais au moins, Bergevin tient mordicus au plan mis en place et n’en dérogera pas, quitte à voir les siens être exclus du prochain bal printanier malgré un rendement au-delà des attentes.

 

Rendons hommage au DG du Canadien, qui le mérite bien après avoir essuyé autant de critiques au cours des derniers mois. Plus que jamais, Marc Bergevin semble être l’homme de la situation à Montréa et déjà, il semble récolter les fruits de son travail.

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