Arbitrage salarial dans la Ligue nationale : une firme d’avocats québécoise au cœur de l’action !

Me André Lepage

Tous les amateurs de hockey ont déjà entendu parler, lors de chaudes journées d’été, d’un joueur de la Ligue nationale qui a eu à passer devant un arbitre afin de savoir quel salaire il allait empocher en vue de la saison suivante. Mais au fond, comment se déroulent ces séances ? Les bureaux de BCF Avocats d’affaires, une firme québécoise qui a été au cœur de plusieurs dossiers d’arbitrage salarial, ont été ouverts à Hockey le Magazine afin d’en apprendre davantage à ce sujet.

 

Jasmin Leroux | Hockey Le Magazine

Collaboration spéciale

 

Au fil des ans, Me André Lepage, avocat en droit du travail, et son équipe composée d’une dizaine d’avocats ont bâti une relation avec de nombreuses équipes de la Ligue nationale. Une fierté pour ce cabinet québécois.

« J’ai grandi en adorant le hockey et en rêvant d’y jouer, comme n’importe quel enfant du Québec. Mon parcours professionnel avec Julien BriseBois [maintenant directeur général du Lightning] nous a amenés à commencer à travailler avec des équipes de la Ligue nationale parce que le bureau pour lequel je travaillais était accrédité par la ligue pour travailler sur ce genre de dossiers. À l’époque, dans les années 1990, on faisait affaire avec trois équipes. Maintenant, on travaille avec 17 des 32 équipes de la Ligue nationale », raconte-t-il.

Concrètement, le travail de Me Lepage n’est pas simple. Au début de chaque saison, il jette un coup d’œil aux joueurs qui n’ont pas de contrat en vue de la prochaine saison et qui sont dans la catégorie des dits ‘Joueurs autonomes avec compensation’. Ce sont donc ces joueurs qui ont une chance de se retrouver en audition d’arbitrage salarial l’été suivant. Au fil de la saison, le contact se garde toujours avec les équipes.

« On ne s’implique pas vraiment dans la négociation des contrats entre l’équipe et le joueur. Par contre, si les deux parties ne parviennent pas à s’entendre et doivent se résoudre à aller devant un juge qui va trancher, c’est là que notre travail commence. On prépare les dossiers plusieurs semaines à l’avance, et certains d’entre eux se règlent quelques jours ou heures avant l’audition prévue. Mais si on doit aller devant le juge, on est toujours prêts. On fait valoir les arguments de l’équipe », explique-t-il.

 

Une relation fragile et difficile à maintenir

L’une des grandes difficultés de ces dossiers pour Me Lepage et les avocats qui s’y spécialisent, c’est de faire attention au choix des mots qui seront utilisés lors de l’audition devant le juge. Car au final, le joueur et l’équipe continueront de travailler ensemble, et le but n’est pas de dénigrer l’importance du joueur au sein de celle-ci.

« C’est une ligne qui n’est pas simple à tracer et à ne pas dépasser, pour être honnête. On n’est pas devant un conflit plus traditionnel entre deux compagnies qui ne se reverront jamais après leur litige. On veut faire valoir les arguments de l’équipe, tout en démontrant quand même que le joueur est très important pour l’équipe et ne pas affecter son estime personnelle par rapport à l’équipe », reconnaît le principal intéressé.

Le processus d’arbitrage salarial étant difficile à traverser, il n’est pas rare de voir un joueur passer devant un juge durant l’été et se faire échanger quelques mois plus tard.

« Lorsqu’on se rend à cette étape de la négociation d’un contrat, on voit clairement qu’il y a une partie de la relation qui s’est effritée et qu’il y a un gouffre entre ce à quoi s’attend le joueur et ce que l’équipe est prête à consentir. Les gens pensent souvent que c’est le processus d’arbitrage salarial qui fait en sorte que les joueurs sont échangés quelques mois plus tard, mais je pense que c’est davantage tout ce qui s’est créé comme gouffre dans les mois précédents l’audition qui devient difficile à gérer dans la relation de travail », explique Me Lepage.

 

Une fierté pour ce bureau québécois

Malgré tout, BCF Avocats d’affaires se fait une fierté de représenter plusieurs équipes du circuit Bettman, dont le Canadien, comme elle le fait depuis de nombreuses années.

« C’est un travail qui est tellement stimulant. Personnellement, comme avocat, mais aussi comme partisan de hockey, je considère ça comme un privilège de pouvoir être impliqué dans le monde du hockey de cette manière. Il y a un paquet de causes qui ne se rendent pas jusqu’au processus d’arbitrage, mais dans lesquelles on a été impliqués pour aider à préparer la négociation et le dossier. Je ne changerais pas de travail pour rien au monde », sourit-il.

Même si les dossiers ne sont pas toujours récurrents, Me Lepage apprécie aussi que les équipes restent fidèles à son bureau.

« Chaque équipe n’a pas nécessairement des joueurs qui vont aller en arbitrage salarial à chaque année. Il peut s’écouler plusieurs années entre deux causes avec une équipe. Malgré tout, les équipes reviennent vers nous à chaque fois qu’ils ont des besoins », conclut-il.

Et vous, saviez-vous qu’une firme d’avocats québécoise était parmi les leaders mondiaux dans le monde du hockey pour des dossiers aussi complexes que ceux de l’arbitrage salarial ?

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