Frédérik Gauthier: en terrain connu avec Sheldon Keefe

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Si le congédiement de l’entraîneur-chef Mike Babcock a fait couler beaucoup d’encre, en novembre dernier, bien des jeunes joueurs des Maple Leafs devaient se réjouir d’apprendre le nom de son successeur, Sheldon Keefe, qui avait dirigé plusieurs d’entre eux avec les Marlies de Toronto, dans la Ligue américaine. Le Québécois Frédérik Gauthier fait partie de ceux qui ont gagné sous sa tutelle avant de graduer dans la Ligue nationale. On s’est récemment entretenu avec lui pour discuter de la saison en deux temps des Torontois jusqu’ici.

 

Simon Bédard | Hockey Le Magazine

Rédacteur en chef

 

Simon Bédard Frédérik, dans un premier temps, j’aimerais qu’on revienne sur le congédiement de Mike Babcock. Comment l’avez-vous appris à l’interne ?  

Frédérik Gauthier On était en Arizona, à ce moment-là. On s’était fait aviser qu’on avait un meeting d’équipe en après-midi et la nouvelle avait été ébruitée sur les réseaux sociaux avant le début de notre rencontre. La plupart des gars l’ont appris de cette façon. De la façon dont on jouait jusque-là, on savait qu’il allait y avoir des changements, mais on ignorait lesquels. Par la suite, on a rencontré notre directeur général, Kyle Dubas, qui nous a expliqué ce qui l’avait poussé à prendre cette décision et qui allait succéder à Babcock. Les gars étaient sous le choc, mais c’est ça, le monde du hockey.

 

SB Si ma mémoire est bonne, la plupart de vos jeunes joueurs avaient évolué sous les ordres de son successeur, Sheldon Keefe, dans la Ligue américaine. J’imagine que ç’a quelque peu facilité les choses, non ?    

FG Exactement. Il a été mon entraîneur pendant trois ans dans la Ligue américaine et j’ai déjà gagné la coupe Calder sous ses ordres. C’est un bon coach, qui a déjà joué la game et qui a prouvé, avec les Marlies, qu’il a tous les qualificatifs requis pour diriger des joueurs. Il a toujours eu une fiche gagnante et lors de mes trois saisons avec les Marlies, on a toujours été l’une des meilleures équipes de la AHL en saison régulière. Certains gars ne savaient pas trop à quoi s’attendre de sa part au début, mais on est tous satisfaits jusqu’à maintenant. Il avait déjà une idée de ce que chaque joueur pouvait lui amener et était capable de faire puisqu’il avait dirigé plusieurs d’entre eux dans
les mineures.

 

SB J’aimerais qu’on parle de toi plus particulièrement, maintenant. Même si vous regorgez de talent à l’attaque, tu as un rôle bien à toi sur le quatrième trio de l’équipe depuis deux saisons complètes. Quelle satisfaction tires-tu de cela ?

FG Mes années avec les Marlies ont été bonnes pour moi. À Toronto, on met beaucoup d’emphase sur le développement et mes trois années dans la Ligue américaine ont été très profitables. J’ai pu me développer en tant que joueur et apprivoiser un peu plus le rôle auquel on s’attendait de moi. J’ai eu la chance de gagner un championnat avec eux, ce qui est toujours bon pour un jeune joueur. Maintenant, je connais le rôle que je dois remplir pour demeurer dans la Ligue nationale et je veux que ça continue de bien aller comme ça. Chaque joueur doit trouver la façon dont il peut contribuer aux succès de son équipe, que ce soit en marquant des buts ou en écoulant des punitions. J’ai trouvé la mienne et je dois continuer de travailler là-dessus pour avoir un plus grand temps d’utilisation et aider encore davantage l’équipe.

 

SB Tu es l’un des rares Québécois à évoluer avec l’ennemi juré du Canadien, les Maple Leafs, depuis le début des années 2000. Comment vies-tu avec toute cette frénésie entre les deux organisations ?

FG En grandissant, je regardais les matchs du Canadien à la télévision. Ça devait certes venir de mon grand-père, qui a toujours été un grand fan du CH. Lorsque j’ai été repêché par les Maple Leafs, ça lui a pris un certain temps à digérer la nouvelle, mais aujourd’hui, il est bien content pour moi ! Pour ma famille, le simple fait que je sois repêché et que je puisse évoluer dans la Ligue nationale était quelque chose de spécial, peu importe où j’allais jouer.

 

SB En terminant, j’ai entendu dire que ton oncle est demeuré un partisan du Canadien… sauf lorsqu’il affronte les Maple Leafs ! Les allégeances de tes proches ont-elles été difficiles à convertir ?  

FG Chez nous, les membres de ma famille n’ont jamais été de grands mordus de hockey ! Ma mère regarde ça juste lorsque je joue. Même chose pour mes sœurs, qui ne regardent pas de parties excepté lorsque je suis en action. Pour ma famille proche, ç’a été facile de les convertir aux Maple Leafs. Celui pour qui ç’a été plus difficile, c’est mon grand-père. On fait toujours de petites blagues à ce sujet ensemble. À Noël, par exemple, il me donne des objets à l’effigie du Canadien et moi, des Maple Leafs. Ça n’a pas été trop dur, même pour mes amis. Ils sont contents pour moi.

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