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Gabriel Bourque : l’importance d’un environnement gagnant

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Photo Getty

Gabriel Bourque a beau avoir disputé 413 matchs dans la Ligue nationale, sa mâchoire a décroché en visitant l’environnement du Rocket de Laval pour la première fois. Lorsqu’il a effectué un retour au jeu après avoir pris une année sabbatique, la saison dernière, il voulait se joindre à une organisation gagnante comme celle du Rocket et l’expérience va au-delà de ses espérances jusqu’ici. Rencontre avec un vétéran apprécié et respecté de tous qui savoure ce retour aux sources.

 

Simon Bédard | Hockey Le Magazine

Rédacteur en chef

 

Après avoir connu une saison remplie de hauts et de bas avec les Jets, en 2019-2020, Gabriel Bourque n’a pas reçu les offres de contrat souhaités en vue de la saison 2020-2021. En plein cœur de la pandémie de la COVID-19 et avec quatre jeunes enfants à la maison, il sentait que le temps de prendre un certain recul était approprié.

« Cet arrêt m’a permis de réaliser à quel point ma femme travaille fort, rigole-t-il lors de notre rencontre à la Place Bell, à la fin du mois d’octobre. Quatre enfants, c’est de la job, mais j’ai apprécié ce temps passé avec eux. C’était bien de les voir grandir et évoluer jour après jour, et ils étaient contents que je sois à la maison. Quand tu ne joues pas, tu es davantage de nature relaxe. Au lieu de toujours penser au hockey, tu penses à eux en premier. C’était plaisant et ç’a fait du bien à tout le monde. »

Même s’il en a profité pour redécouvrir les activités hivernales du Québec, comme la planche à neige, la raquette et le ski de fond, le hockey est toujours resté bien ancré dans ses pensées. Dans sa tête, il ne faisait aucun doute qu’il allait renouer avec la compétition, tôt ou tard.

« Je n’ai jamais songé à tout arrêter, assure l’ancien attaquant des Predators, de l’Avalanche et des Jets. J’étais sûr à 80 % que j’allais revenir au jeu, car je savais que ç’allait trop me manquer. Je pensais au hockey pratiquement chaque jour même si je ne jouais pas. Je n’avais pas de regret, mais des fois, je me disais ‘J’aurais peut-être dû…’ Quand les séries éliminatoires ont débuté, c’est vraiment là que j’ai réalisé à quel point ça me manquait. Ce sont des émotions spéciales que tu ne peux pas retrouver ni reproduire n’importe où. »

Surtout qu’autant le Rocket que le Canadien ont fait vibrer les amateurs de hockey québécois la saison dernière. Même si la Ligue américaine n’a pas tenu de séries éliminatoires, le Rocket a remporté le championnat de la section Nord. Quant au Tricolore, on connaît les émotions qu’il a fait vivre à ses partisans lors des séries.

« Le parcours du Canadien, c’était incroyable, se remémore-t-il, les yeux pétillants. Ça faisait longtemps que je n’avais pas regardé du hockey comme ça à la télévision ! Pour moi, c’était un no brainer. On voulait vraiment venir ici, à Laval. Avec les enfants, l’école et le voyagement, c’était une décision facile. On avait juste cinq heures de route à faire et on était déjà arrivés à Laval. Ce n’est pas comme si on devait aller à l’autre bout du pays avec le déménagement et tout ce que ça implique. J’ai dit à mon agent de contacter le Rocket, et ç’a marché tout de suite. J’étais au courant des succès du Rocket l’an passé et Alex [Belzile] m’avait dit que la plupart des joueurs allaient être de retour. Ça faisait quelques années qu’il voulait que je vienne jouer avec lui. Je me suis dit que ce serait plaisant de conclure une carrière avec un club et une organisation gagnante. C’est toujours plus facile et l’énergie est plus positive. »

 

Au-delà de ses espérances

Gabriel Bourque en a visité des amphithéâtres depuis le début de sa carrière, mais il assure n’avoir jamais vécu quelque chose d’aussi unique dans les mineures que son premier match dans l’uniforme du Rocket de Laval, le 15 octobre dernier, à la Place Bell. Une atmosphère digne de la Ligue nationale, va-t-il jusqu’à dire !

« Lors du match d’ouverture, je capotais, mentionne le numéro 20. Je me disais ‘Wow! Qu’est-ce que c’est ça?’ Une période d’échauffement qui ressemble aux séries de la Ligue nationale tellement que ça crie’. Les fans agitaient leur serviette blanche et puisque l’amphithéâtre est foncé, on aurait dit qu’il y avait encore plus de monde dans le building. On est bien traités et le vestiaire est top notch. Je savais que c’était pour être beau, mais lorsque je suis arrivé, je me suis dit ‘Tabarouette, tu me niaises! C’est n’importe quoi pour de la Ligue américaine.’ »

Même s’il est passé de la Ligue nationale à la AHL et qu’il aura fort à faire pour retourner dans le circuit Bettman à temps plein, le natif de Squatec, dans le Bas-Saint-Laurent, savoure à fond son rôle de grand frère avec le Rocket. Exemple de persévérance et de travail acharné, il veut maintenant montrer la marche à suivre, comme Francis Bouillon et Steve Bégin l’ont fait avec lui par le passé.

« Je veux amener ma façon de penser à moi, qui est de toujours avoir la pédale au plancher et de travailler fort à chaque match, partage celui qui, en date du 29 novembre, totalisait cinq points en 17 parties. Chaque match est important et je veux aider les jeunes, qu’ils aillent bien ou qu’ils connaissent des difficultés. Je veux être là pour eux. Ça fait partie de mon rôle et l’une des raisons pourquoi je suis revenu, c’est pour aider les autres. Je veux pouvoir partager mon expérience et les aider dans leur cheminement. »

Avec un contrat à un volet de la AHL en poche, Gabriel Bourque refuse de voir trop loin et il préfère demeurer les deux pieds ancrés dans le moment présent. Après tout, à l’âge de 31 ans, il a la chance de pouvoir jouer chez les professionnels à la maison, au Québec, et de partager ces précieux moments avec les membres de sa famille.

« Mes enfants sont très contents, surtout les plus jeunes, affirme celui qui espère prolonger sa carrière d’au moins deux ou trois saisons. Ils ne m’ont pas vu beaucoup jouer par le passé. Lorsqu’ils vont au hockey, ils aiment ça et ils commencent à comprendre que lorsque que je porte un habit, c’est parce que je m’en vais jouer un match. C’est drôle ! Les plus vieux sont contents aussi. L’an passé, ma plus vieille était triste que je ne joue pas au hockey. Elle était contente lorsque j’ai recommencé et mon garçon capote. Il en mange, du hockey ! »

 

Un fit parfait pour les Predators

Pour un choix de cinquième ronde en 2009, le séjour de Gabriel Bourque dans l’organisation des Predators aura été ponctué de succès. Préconisant un style de jeu physique et intense qui cadrait à merveille avec l’identité de l’équipe, il aura été l’un des favoris de la foule au cours de son passage à Nashville entre 2011 et 2016.

« Quand les Predators m’ont repêché au Centre Bell, en 2009, j’étais sur un nuage, sourit l’ancien attaquant du Drakkar de Baie-Comeau et des Wildcats de Moncton. Mon oncle avait déjà été voir un match des Predators à leurs débuts dans la Ligue nationale et il m’avait dit que j’allais tripper. J’ai eu de méchants bons entraîneurs là-bas, comme Barry Trotz, et les gens qui font partie de cette organisation sont très humbles. Ils respectent leurs joueurs et ils m’ont offert ma première chance. Je vais toujours garder Nashville dans mon cœur. »

Même s’il a été sélectionné au cinquième tour, il n’a eu qu’à patienter une saison et demie dans les mineures avant d’obtenir sa véritable chance à Nashville. Dès qu’elle s’est présentée à lui, il l’a saisie et il a charmé les partisans par son ardeur au travail et ses coups d’épaule retentissants.

« Après mon deuxième camp d’entraînement, à l’âge de 21 ans, on m’a dit de me préparer, que j’allais être rappelé très bientôt. Je n’en revenais pas. Je ne m’attendais pas à ça tout de suite. Ç’a bien cliqué par la suite. Les amateurs des Preds aiment les joueurs qui travaillent fort et ç’a bien été du premier au dernier jour. Ça cadrait bien avec mon style de jeu et c’était un fit parfait. Lorsque tu effectues une grosse mise en échec et que la foule se lève debout, ça ne parait pas, mais ça te donne un boost d’énergie et des frissons. Nous ne voulions pas que personne n’aime venir jouer au Bridgestone Arena. »

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