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Joël Teasdale et Rafaël Harvey-Pinard : tout naturellement

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Rafaël Harvey-Pinard et Joël Teasdale (Photo: Alain Bellier)

Certains pourraient être portés à croire que Joël Teasdale et Rafaël Harvey-Pinard se connaissent depuis leur enfance tellement ils s’entendent à merveille. Mais dans les faits, ce n’est que lors de la saison 2018-2019 qu’ils ont véritablement commencé à développer cette franche camaraderie. Rencontre avec deux espoirs du Canadien qui ont beaucoup en commun, autant sur la patinoire qu’à l’extérieur de celle-ci.

 

Simon Bédard | Hockey Le Magazine

Rédacteur en chef

 

Depuis qu’ils ont fait connaissance, il y a un peu plus de deux ans, Joël Teasdale et Rafaël Harvey-Pinard sont presque inséparables. Coéquipiers pendant quelques mois dans le junior majeur avec les Huskies de Rouyn-Noranda, ils viennent maintenant d’entreprendre leur carrière professionnelle ensemble avec le Rocket de Laval.

« Nos personnalités cadrent bien ensemble, opine Harvey-Pinard, un choix de septième tour du CH en 2019. On est deux personnes énergiques et sur la patinoire, on est deux joueurs qui se ressemblent beaucoup. Ç’a cliqué instantanément lorsqu’on s’est rencontrés à la Série Canada-Russie de 2018. On était sur le même vol de retour et ce soir-là, on jouait l’un contre l’autre à Rouyn-Noranda. On ne s’attendait pas à ce que Joël se joigne aux Huskies quelques semaines plus tard, mais lorsqu’on a appris la nouvelle, les joueurs étaient tous contents et j’étais sur le bord de crier de joie ! On venait d’aller chercher l’un des meilleurs joueurs disponibles sur le marché. »

Teasdale renchérit avec une anecdote qui le fait encore rire. « Lors de ce match contre Rafaël et les Huskies, à Rouyn-Noranda, j’ai marqué un but pour l’Armada à ma première présence sur la glace, se remémore celui qui n’a jamais été repêché dans la Ligue nationale. Par contre, le momentum a vite changé de camp, car on a finalement perdu 10-1 ! On était contents de pouvoir se retrouver ensemble avec les Huskies, quelques semaines plus tard, et notre amitié s’est encore plus développée par la suite. »

 

L’extase de la victoire

Comme coéquipiers, ils ont vécu une fin de saison 2018-2019 exaltante en Abitibi, qui s’est soldée par la conquête de la coupe du Président et de la coupe Memorial.

« Dans la chambre, Joël a eu un très gros impact, souligne le numéro 11, qui agissait à titre de capitaine des Huskies. C’est un très grand leader. Dans les années précédentes, il avait franchi beaucoup de tours éliminatoires avec l’Armada. À Rouyn-Noranda, on s’était fait éliminer en première ronde lors de la saison précédente, alors on avait besoin de cette expérience des séries. Il a grandement contribué à nos deux conquêtes. »

Et ce, même si Teasdale était plus qu’hypothéqué physiquement lors du match ultime de la coupe Memorial.

« J’étais pas mal amoché, mais la volonté de gagner demeurait la même, dit celui qui estimait être à 10 ou 15 % de ses capacités. Je poussais, poussais et je donnais ce que je pouvais pour aider l’équipe du mieux que je le pouvais dans les circonstances. J’ai été récompensé, car j’ai marqué un but et j’ai pu soulever la coupe avec mes coéquipiers. »

« Quand tu gagnes et que tu soulèves la coupe, ce sont des moments que tu n’oublies jamais, conclut Harvey-Pinard, sourire aux lèvres. Ce sont toujours de beaux souvenirs à se remémorer. Un autre moment spécial, c’est la parade à Rouyn-Noranda. Ce sont des partisans incroyables et de pouvoir célébrer ça avec eux et leur ramener les deux trophées, c’était vraiment un moment unique. »

Gageons que les deux comparses souhaitent maintenant revivre pareil moment, mais dans l’uniforme du Rocket ou du Canadien !

 

Un jeune homme aux mille talents

Quoi qu’il advienne de sa carrière professionnelle dans l’organisation du Tricolore, l’avenir de Rafaël Harvey-Pinard est assuré. Après tout, on a affaire à un jeune homme à l’éthique de travail irréprochable, qui excelle sur les bancs d’école et qui n’hésite pas à redonner à autrui.

Récipiendaire du trophée Marcel-Robert en tant que joueur-étudiant de l’année dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) avec une moyenne générale de 92 %, la saison dernière, Harvey-Pinard se distingue aussi sur les bancs d’école.

« Ça part de mes parents et de ma famille, mentionne celui qui a également mis la main sur deux bourses d’études de la part de la Fondation d’études des Saguenéens de Chicoutimi avec une cote R de 35,2. Chez moi, l’école a toujours été quelque chose d’important et ça m’a suivi tout au long de mon parcours. J’ai été en mesure de compléter mon diplôme d’études collégiales cet été et même si c’était un bel accomplissement pour moi, je ne vais pas m’arrêter là. Je veux poursuivre mon parcours et les études auront toujours une place importante dans ma vie. Ce sont des valeurs que je veux transmettre à mes enfants plus tard. »

 

Livreur à la pizzéria familiale

Pendant que la pandémie de la COVID-19 était à son plus fort, le printemps dernier, Rafaël et sa sœur, Katherine, ont décidé de donner un coup de main en s’improvisant livreurs de pizza à l’entreprise familiale d’Arvida.

« La pizzéria a toujours été importante pour moi, explique-t-il. Mes parents l’ont ouvert un mois avant ma naissance, alors ça m’a suivi toute ma vie. Je connais tous les employés qui y travaillent et je vais faire mon tour de temps en temps. Il manquait un livreur, alors ma sœur et moi nous sommes proposés. J’étais content de poser ce geste et de pouvoir contribuer à l’entreprise, moi aussi. »

Figure connue à Chicoutimi et au Québec depuis qu’il appartient au CH, sa bonne action n’est pas passée inaperçue !

« Au début, les gens ne le savaient pas vraiment et avec le masque, c’était difficile de me reconnaître, mais j’ai accordé une entrevue à un média au restaurant et à partir de ce moment, les gens demandaient ‘Est-ce que Rafaël peut venir livrer à la maison?’, rigole-t-il. J’ai même eu des demandes pour aller livrer de la pizza à des fêtes d’enfants. J’y allais, j’autographiais certains items et je quittais. »

 

La douce revanche de Teasdale

Ignoré deux fois au repêchage de la Ligue nationale, Joël Teasdale admet avoir vécu des moments de déception ces dernières années. Toutefois, avec un contrat de l’organisation du CH en poche à titre de joueur autonome, il ne pouvait espérer meilleure revanche auprès de ceux qui ont levé le nez sur lui.

Le gros attaquant de 22 ans se souvient plus particulièrement de la séance de sélection de 2017, qui avait lieu à Chicago. Répertorié favorablement sur la liste des recruteurs, il s’était présenté au repêchage en débordant d’optimisme. Il avait finalement quitté bredouille et déçu.

« Ç’avait été une surprise et ç’avait été difficile à accepter, confie-t-il. L’année suivante, même si j’avais parlé avec quelques organisations, je n’avais pas vraiment d’attentes. Lorsque j’ai été invité au camp du Canadien, je me suis dit que je devais saisir ma chance. Lorsque j’ai signé mon contrat avec l’organisation, je me suis dit ‘Tant pis pour toutes les équipes qui auront levé le nez sur moi.’ C’était un grand sentiment de fierté. »

Teasdale se rappelle encore cette soirée où il a appris que le Canadien s’apprêtait à lui consentir un premier contrat professionnel. Il participait alors au camp d’entraînement de l’équipe à titre de joueur invité.

« J’étais seul dans ma chambre d’hôtel et mon agent m’avait appelé pendant la soirée, se souvient-il, souriant. Lorsqu’il m’a dit ‘On va te mettre en communication avec les patrons de l’agence’, je me doutais que quelque chose se tramait. Quand j’ai appris la nouvelle, je sautais sur les lits de la chambre et j’ai appelé mes proches. Mes parents et un bon ami sont venus me rejoindre pour souper avec moi puis au restaurant, on avait croisé Joël Bouchard et Daniel Jacob, qui étaient déjà au courant de la nouvelle.

Le lendemain, quand on m’a informé que Marc Bergevin voulait me voir, je suis devenu stressé, mais c’était un bon stress, poursuit-il. Il m’a annoncé la nouvelle dans son bureau et il m’a dit ‘Sais-tu ce qui pourrait t’empêcher d’avoir une carrière professionnelle? Un couteau et une fourchette!’ Joël lui avait raconté qu’à mes débuts chez les juniors, j’étais plus gras que la moyenne et que j’avais dû perdre du poids. Joël ne l’avait jamais oublié, et Marc s’était fait un plaisir de me le rappeler à la blague. »

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