L’importance d’impliquer les équipes déjà qualifiées pour les séries

Habituellement, toute équipe de hockey rêve d’obtenir un laissez-passer en vue des séries éliminatoires. Elle profite de ce moment de répit pour recharger les batteries et panser les bobos en vue des rondes à venir. La situation est toutefois bien différente pour les joueurs des huit équipes déjà qualifiées pour le bal estival dans la Ligue nationale cette saison.

 

Simon Bédard | Hockey Le Magazine

Rédacteur en chef

 

Dans l’esprit des joueurs des huit clubs déjà assurés de participer à la première ronde des séries, il n’y a jamais eu de doute : ils ne pouvaient tout simplement pas se permettre de se reposer quelques semaines de plus pendant que 16 autres formations allaient reprendre leur rythme en disputant la ronde de qualification.

« C’était quelque chose qui était important à insérer dans la formule du retour au jeu 2020 de la Ligue nationale, commente le défenseur des Bruins, Jérémy Lauzon. Tu ne pouvais pas instaurer une telle formule et laisser ton Top 8 ne pas disputer un seul match avant le début de la première ronde. Ça va nous remettre dans le bain, mais en même temps, ce seront des matchs extrêmement importants afin de préserver notre position au classement. On va arriver prêts et avec l’intention de remporter chacun d’entre eux. »

Lauzon fait référence au petit tournoi à la ronde que se disputeront les quatre équipes de chacune des deux associations. Ce tournoi permettra non seulement aux joueurs de se délier les jambes, mais aussi de déterminer le classement général avant le début de la première ronde.

« J’étais en faveur de beaucoup de choses dans le plan présenté par la ligue, mentionne l’attaquant du Lightning, Yanni Gourde. En tant que joueur, on veut tous jouer au hockey et pour nous, il n’a jamais été question de ne pas vouloir recommencer. Ce qu’on aimait beaucoup de ce plan, c’est que ç’allait donner droit à des séries qui ressembleront vraiment à ce qu’on voyait par le passé, une fois la première ronde débutée. C’est certain que le play-in, on n’avait pas vraiment envisagé ça au départ, mais j’aime la façon dont on en est venus à une entente. Le tournoi à la ronde entre les équipes du Top 8 donnera droit à d’excellents duels. Il va y avoir beaucoup de compétition et les gars vont se battre pour chaque petit détail. Ça va donner droit à de gros matchs.

Si les huit équipes qualifiées avaient eu à patienter pendant toute la ronde de qualification, alors que les 16 autres formations jouaient entre trois et cinq matchs chacune, ç’aurait été vraiment différent parce que tu ne peux pas ton synchronisme sur la glace si tu es en attente, poursuit Gourde. Considérant le fait qu’on va avoir été arrêtés pendant trois ou quatre mois, ça va quand même être difficile de retrouver notre niveau de jeu et d’être efficaces. Ces matchs seront importants pour retrouver notre game, mais aussi pour bien jouer dans notre système et retrouver cette chimie qu’on avait avant l’arrêt des activités. C’est une bonne manière de faire. »

 

L’avantage de la patinoire, un facteur plus important qu’anticipé ?

Si, à première vue, la position au classement général pourrait ne pas vouloir dire grand-chose en cette année où toutes les équipes seront regroupées dans des villes hôtes et où l’avantage de la patinoire n’existera pas en tant que tel, Nicolas Roy rappelle que l’enjeu pour lequel batailleront les huit équipes lors du tournoi à la ronde sera beaucoup plus important qu’on ne pourrait le croire.

« Avoir le dernier changement de trio grâce à l’avantage de la patinoire, ça peut sembler banal pour les fans, mais ça aide grandement la plupart des entraîneurs, surtout au niveau de la Ligue nationale, fait remarquer l’attaquant des Golden Knights. Ça pourrait leur permettre, par exemple, de mettre une paire de défenseurs plus défensifs contre un trio plus offensif, des duels comme ça. Ce tournoi sera très important pour nous et l’avantage au classement pour les séries sera à l’enjeu. On va travailler fort et on va essayer d’obtenir tous ces petits plus là. »

 

Une formule à garder dans le futur ?

Contexte exceptionnel oblige, ce plan de retour au jeu 2020 sera loin d’être parfait et les dirigeants devront s’adapter au fur et à mesure que la situation évoluera. Par contre, comme le faisait remarquer Antoine Roussel précédemment, il s’agit d’une opportunité rêvée pour la Ligue nationale d’essayer d’innover et de rendre le sport encore plus attrayant pour les amateurs. Cette formule à 24 équipes impliquées dans la course pour une place en séries pourrait peut-être devenir la nouvelle norme, croient certains.

« Personnellement, j’aime ça, se réjouit Lauzon. C’est quelque chose de nouveau et les partisans aiment ça, la nouveauté. Je pense que ça pourrait attirer plus de partisans. En même temps, on ne l’a pas encore vécu, alors on ne sait pas comment les joueurs et les amateurs vont réagir, mais je trouve que ça donne la chance à plus d’équipes de remporter la coupe. Une équipe qui, normalement, n’aurait même pas fait les séries aura quand même une opportunité de pouvoir la gagner. Ce serait quand même une histoire incroyable si ça devait arriver. »

« Dans le contexte actuel, ça me va parce qu’avec la fin de la saison régulière qui a été annulée, ç’aurait été assez décevant pour les équipes qui étaient tout près d’accéder aux séries de ne pas pouvoir y prendre part, réplique Roy. Par contre, en temps normal, si on dispute la saison régulière au complet, je crois que le format à 16 équipes est préférable, car ça démontrerait qu’elle a une importance capitale si on veut avoir la chance de jouer en séries. »

Bref, du positif et du négatif, on n’a pas fini d’en relever ces prochaines semaines !

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