Lions de Trois-Rivières : trois leaders au défi colossal

Photo: Lions de Trois-Rivières

Un groupe de leaders joue toujours un rôle important dans un vestiaire, mais cela ne saurait être plus vrai dans la Ligue de la Côte-Est. Cette saison, Cédric Montminy, Mathieu Brodeur et Mathieu Gagnon ont hérité de ce rôle avec la nouvelle concession des Lions de Trois-Rivières. Nous sommes récemment allés à leur rencontre au Colisée Vidéotron afin de discuter du rôle accru qui les attend au sein de la nouvelle concession affiliée au Canadien.

 

Simon Bédard | Hockey Le Magazine

Rédacteur en chef

 

Les trois joueurs ne s’en cachent pas. Ce qu’ils vivent depuis qu’ils ont joint les rangs des Lions prend des proportions beaucoup plus importantes que ce à quoi ils avaient été habitués lors de leurs premières saisons chez les professionnels.

« La pression, je la ressens, confie Montminy, qui est devenu le premier capitaine de l’histoire des Lions. Tout est différent ici. Pas nécessairement à cause des partisans ou de mon entourage, mais plus à cause de nous, les Québécois, qui se mettons de la pression puisque nous jouons chez nous. Ça fait toujours mal de perdre, mais je pense que perdre chez nous, devant les gens que tu connais, dans ta province et dans ton amphithéâtre, c’est encore plus difficile. Maintenant, je suis prêt à faire face à cette pression. Peut-être qu’à 23 ans, je ne l’aurais pas été. »

À l’écouter parler, on constate rapidement que l’ancien attaquant du Rush de Rapid City, dans la ECHL, a l’étoffe d’un leader. Pas pour rien que l’entraîneur-chef, Éric Bélanger, en a fait son capitaine, même s’il était quelque peu méconnu du public québécois jusque-là.

« Je ne m’y attendais pas vraiment, je te dirais, confie le jeune homme de 26 ans. Tu ne t’attends jamais à ça. C’est certain que j’étais prêt à prendre un rôle de leadership. À ma première année à Rapid City, on m’avait nommé assistant au capitaine à la mi-saison. J’ai fait partie du leadership group du Rush pendant deux ans et demie sur trois. J’étais prêt à le faire ici, qu’on me donne une lettre sur mon chandail ou non. Je ne suis pas un gars qui va crier ou quoi que ce soit, mais j’étais prêt à prêcher par l’exemple. Pour moi, c’est une fierté. Surtout au Québec et pour la première édition des Lions. »

 

Deux vétérans des ligues mineures pour l’épauler

En Brodeur et Gagnon, Montminy est appuyé par deux vétérans des ligues mineures qui ont déjà roulé leur bosse aux quatre coins de la ECHL, de la Ligue américaine et de l’Europe. Ce n’est pas négligeable comme bagage.

« En tant que vétérans qui connaissent bien le circuit, on doit s’assurer que tout le monde garde le moral, affirme Brodeur, qui évolue chez les pros depuis 13 ans déjà. Si un joueur ne joue pas le vendredi, il peut rapidement être dans la formation le samedi et y connaître un bon match. Ensuite, avec les rappels ou les blessures, il peut vite se retrouver sur le premier trio le lendemain et ne plus jamais ressortir de la formation. Avec notre bagage d’expérience, il faut s’assurer que les gars soient positifs et alertes, qu’ils soient de la formation ou non. »

Gagnon abonde dans le même sens.

« On répète souvent à ceux qui jouent moins en début de saison d’être patients et de continuer à travailler fort, renchérit le robuste numéro 75. Une semaine, ils sont laissés de côté et lors de la suivante, ils sont rendus sur le deuxième trio. Le roulement de personnel est rapide et constant dans la ECHL. Il faut qu’ils se tiennent prêts car un jour ou l’autre, tout le monde aura sa chance. »

C’est d’ailleurs en raison de ce mouvement de personnel constant que Montminy croit qu’au-delà du groupe de meneurs, tous les joueurs des Lions doivent embarquer dans le train et exercer du leadership à leur façon.

« C’est important de garder une bonne communication avec tous les joueurs, conclut le capitaine. Il faut garder tous les gars impliqués dans le groupe parce qu’il y aura toujours du va-et-vient. C’est important que ton groupe de meneurs excède trois joueurs, car si l’un de ces trois-là est rappelé dans la Ligue américaine, ça va directement affecter ton leadership. Si un joueur est rappelé, mais que tu as cinq, six, huit ou dix meneurs dans le vestiaire, on n’en ressentira jamais les conséquences. La ECHL, ce n’est pas facile pour ça. Il y a du mouvement sans arrêt et les clubs passent en moyenne 40 joueurs par année, un peu comme dans la AHL. Il faut avoir un groupe de meneurs solide et tous tirer dans la même direction. »

 

LE GROUPE DE MENEURS DES LIONS

 

MATHIEU GAGNON 75 

NÉ LE 29 OCTOBRE 1992 (29 ANS)
À MONTRÉAL, QC
DÉFENSEUR DE 6 pi 2 po et de 216 lb

« Je suis un gars bruyant dans un vestiaire, qui aime parler et amener de l’énergie. J’aime garder notre banc alive. Je suis là pour parler avec les gars et les encourager. Dans le junior, j’étais un leader, mais sans lettre sur mon chandail. À mon arrivée chez les pros, on m’en a accollé une lors de mes quatre
dernières années. »

 

CÉDRIC MONTMINY 21

NÉ LE 2 MARS 1995 (26 ANS)
À SHERBROOKE, QC
ATTAQUANT DE 5 pi 11 po et de 190 lb

« Je suis surtout reconnu pour ma force de caractère. C’est quelque chose d’important. Je suis passé par tous les niveaux, comme le junior majeur, le junior AAA, l’Europe et la ECHL. Je me levais le matin, je mettais mes bottes de travail et je m’en allais au boulot. Ç’a forgé mon caractère. Je ne me laisse pas vraiment distraire par le bruit extérieur parce que j’ai tout vécu au hockey. »

 

MATHIEU BRODEUR 25 

NÉ LE 21 JUIN 1990 (31 ANS)
À LAVAL, QC
DÉFENSEUR DE 6 pi 6 po et de 204 lb

« C’est le bagage d’expérience que je possède. C’est ma 13e année professionnelle à me promener un peu partout entre l’Europe, le semi-pro, la ECHL et la AHL. Je suis une personne calme, posée et constante sur et à l’extérieur de la patinoire. Plus les années de ma carrière avançaient, plus je prenais plaisir à prendre les plus jeunes sous mon aile et partager mon expérience. »

 

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