Notre sport national, notre passion : Marc Messier

Crédit photo: Jocelyn Michel

Comédien reconnu pour avoir campé plusieurs rôles d’importance au théâtre, au cinéma et à la télévision, dans des productions telles que Broue, Lance et compte et Les Boys, pour ne nommer que quelques-uns des titres qui figurent à son impressionnant CV. Marc Messier a également su tirer son épingle du jeu sur la patinoire en tant que joueur. À preuve, il a déjà reçu une invitation pour participer à un pré-camp de sélection du Canadien junior! Rencontre avec un prolifique et légendaire comédien qui raffole de notre sport national et qui a eu l’opportunité de combiner ses deux passions à plus d’une reprise.

 

Simon Bédard | Hockey Le Magazine

Rédacteur en chef

 

Hockey Le Magazine Marc, dans un premier temps, parlez-nous de votre passion pour le hockey. À quand remonte-t-elle ?  

Marc Messier À la base, mon père était un maniaque de hockey. Le samedi soir, je m’installais avec lui et nous regardions le hockey religieusement. Je suivais ça avec intérêt et je jouais également sur la patinoire extérieure. Tous mes cadeaux de Noël étaient en lien avec le hockey. D’ailleurs, j’ai encore une paire de gants que j’avais reçue à Noël et avec laquelle j’avais décidé de dormir ! Dans le sous-sol, j’avais fait une réplique d’un vestiaire de hockey que j’avais vu sur une photo. Entre l’âge de cinq et 12 ans, j’ai pratiquement joué au hockey à tous les jours. À l’adolescence, j’ai pris un virage différent, mais je jouais quand même dans certaines ligues organisées. Je me suis rendu jusqu’au niveau junior B et j’ai joué pour l’équipe de mon collège.

 

HLM Il semblerait que vous ayez déjà reçu une invitation pour participer à un camp préparatoire du Canadien junior à Montréal. Racontez-nous cette expérience.

MM J’avais 15 ans à l’époque. Dans ce temps-là, le Canadien junior tenait des pré-camps au cours desquels tous les meilleurs joueurs du Québec étaient invités, car il avait pratiquement un droit acquis sur les hockeyeurs québécois. Il y avait des recruteurs dans chacune des villes et ils en sélectionnaient quatre ou cinq par ville, et les meilleurs étaient retenus pour participer au camp principal du Canadien junior. J’avais passé la fin de semaine là-bas et j’avais parlé avec Cliff Fletcher, Claude Ruel et le Prof Caron. Un peu plus tard, j’avais été approché par un dépisteur des Bruins de Boston. Il nous avait amenés, Marc Tardif et moi, à un camp des Bruins de Victoriaville, qui étaient alors un club-ferme de Boston. Il m’avait dit que si ça m’intéressait, je pouvais aller au Boston College pour mes études et y poursuivre ma carrière, mais je préférais demeurer ici et jouer pour les équipes du collège. Lorsque le théâtre est entré dans ma vie, le hockey est tombé deuxième ! [rires]

 

HLM Parlant de théâtre, Lance et Compte et votre personnage de Marc Gagnon ont été très marquants dans votre carrière. Parlez-nous de l’impact que ç’a eu pour vous.        

MM J’avais 35 ou 36 ans à l’époque et je me souviens très bien d’avoir vu ce projet dans les journaux et de me dire ‘Mon dieu, c’est-tu plate ! Si j’avais eu 20 ans, j’aurais fait l’audition et j’aurais eu de bonnes chances de jouer là-dedans.’ Deux semaines plus tard, on me téléphonait pour auditionner pour le rôle d’un vétéran de 35 ans du nom de Marc Gagnon. Pour l’audition sur glace, je savais que mes chances étaient bonnes puisque je me débrouillais assez bien pour un comédien. On m’a donné le rôle et ç’a été le début d’une aventure extraordinaire !

 

HLM Lance et Compte vous a fait vivre un bon nombre d’expériences marquantes, mais qu’avez-vous trouvé le plus extraordinaire, justement ?        

MM Lors de la première année, la grande majorité des scènes de hockey était tournée au Colisée de Québec. Nous allions à Québec pendant 10 ou 12 jours pour les tourner et nous prenions une pause de tournage lorsque les Nordiques ou les clubs visiteurs devaient pratiquer. J’ai vu les joueurs des Nordiques, du Canadien, Mario Lemieux et un paquet de vedettes s’entraîner ! Dans le National de Québec, il y avait cinq ou six rôles d’acteurs, mais pour le reste, il s’agissait d’anciens joueurs qui avaient joué chez les professionnels. D’ailleurs, ma doublure pour certaines scènes était Bob Girard, qui a notamment joué pour les Capitals et les Seals. Lance et Compte, c’était les coulisses du hockey que les gens ne connaissaient pas nécessairement à l’époque. Le milieu du hockey avec les gars qui étaient de jeunes millionnaires. C’était bien tourné et le producteur, les réalisateurs et l’auteur se faisaient un devoir de montrer les choses telles qu’elles étaient. Nous arrivions avec quelque chose de très réaliste et ç’a été un moment bien spécial.

 

HLM Votre rôle de Bob, dans Les Boys, n’a laissé personne indifférent également. À quel point cette expérience a-t-elle été marquante dans votre cheminement ?

MM Ce qui était différent, c’est que nous ne jouions pas des joueurs professionnels. Nous étions des joueurs d’une ligue de garage et c’était davantage une comédie. Ça portait davantage sur le comportement de boys qui peuvent parfois être colons lorsqu’ils se retrouvent ensemble dans un vestiaire ou dans un contexte de hockey [rires]. Le but, c’était que ce soit drôle et plaisant à tourner. Pour le côté hockey, nous n’avions pas cette pression de reproduire des joueurs de la Ligue nationale. C’était une bonne gang, notamment lors du tournage des premiers films. Tout le monde s’entraidait, offrait le meilleur de soi-même et il y avait plein de personnes talentueuses et drôles au sein de ce groupe. Les personnages ont pris de l’ampleur et il y a des scènes qui sont demeurées mémorables. « La dureté du mental », quelle expression extraordinaire, finalement ! Ç’a vraiment frappé fort.

 

HLM Vous avez déjà eu la chance de rencontrer votre idole de jeunesse, Henri Richard. Expliquez-nous comment cette rencontre s’est déroulée ?

MM Même si je ne suis pas un grand golfeur, j’ai déjà pris part au tournoi de golf de Guy Carbonneau et je lui avais dit ‘Si tu pouvais me mettre sur le même quatuor qu’Henri Richard, je serais tellement content.’ Il avait acquiescé à ma demande et j’ai pu passer l’après-midi en compagnie de mon idole. C’était un monsieur absolument gentil. Écoute, je connaissais sa carrière par cœur ! Il était extrêmement impressionné car je lui disais ‘Je ne sais pas si vous vous rappelez, contre Detroit, vous aviez encaissé une mise en échec de Pronovost [Claude] et vous vous étiez fracturé un bras derrière le filet.’ Il était tombé en bas de sa chaise et il m’avait dit ‘Tu te souviens de tout ça? Voyons donc!’ Tout comme moi, c’était un homme un peu timide, mais quand il devenait à l’aise, il était assez comique.

 

EN TIRS DE BARRAGE

Ton équipe préférée dans la LNH ? Le Canadien, évidemment.

Quelle est l’équipe que tu détestes le plus dans la LNH ? Les Flyers à cause de l’époque des Broad Street Bullies. Je les détestais vraiment beaucoup !

As-tu des idoles de jeunesse ? Je m’identifiais beaucoup à Henri Richard. Quand je jouais, je portais d’ailleurs le numéro 16. Plus tard, je suis devenu un grand fan de Guy Lafleur et de Mario Lemieux.

Qui t’impressionne le plus actuellement dans la LNH ? Nathan MacKinnon et Mitchell Marner.

Tes joueurs préférés chez le Canadien présentement ? Nick Suzuki, Jesperi Kotkaniemi et Alexander Romanov.  

Le plus beau chandail dans la LNH ? Le nouveau chandail bleu du Canadien. Assez pour aller m’en acheter un à la première occasion pour porter quand je joue au hockey au parc. Celui des Rangers, également.  

Et celui que tu aimes le moins ? Le vieux chandail orange et noir des Flyers ne m’est pas très sympathique ! [rires]

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