Ryan Poehling : la constance avant tout

Photo G
Photo Getty

Il y a un peu plus de deux ans, Ryan Poehling connaissait une soirée magique à son premier match en carrière dans la Ligue nationale: trois buts et un autre en fusillade dans une victoire du Canadien contre les Maple Leafs au Centre Bell. Une vedette était née! Cette saison, il a peaufiné certains détails de son jeu dans la Ligue américaine pour devenir un joueur plus complet. Entrevue avec un jeune homme en pleine rédemption, qui a été l’une des belles histoires de cette saison 2021 avec le Rocket de Laval.

 

Simon Bédard | Hockey Le Magazine

Rédacteur en chef

 

Même si bien des choses ont changé depuis, Ryan Poehling prend toujours plaisir à se remémorer cette soirée du 6 avril 2019. Lors du dernier match de la saison 2018-2019 du Canadien, alors que la formation était assurée d’être exclue des séries éliminatoires, il avait profité de ses débuts dans le circuit pour connaître une soirée magique dans un match contre les Maple Leafs.

« C’était définitivement spécial, se souvient Poehling lors d’une entrevue accordée à Hockey Le Magazine. Plus jeune, j’étais un grand partisan du Wild du Minnesota et je jouais au hockey parce que j’aimais ça. Lorsque j’ai fait le saut au collège, le hockey est devenu un peu plus sérieux et j’ai commencé à réaliser que ce n’était peut-être pas impossible d’en faire une carrière, un jour. Puis, lorsque tu joues ton premier match dans la Ligue nationale, tu te rappelles que tu avais toujours rêvé d’y jouer au moins un match lorsque tu regardais le Wild. Connaître une telle soirée au Centre Bell, c’était quelque chose d’unique que j’ai pu partager avec mes parents et mes frères. En plus, c’était la fête de mon père deux jours avant cette soirée. Que ma famille soit dans les gradins, après tout ce qu’elle avait fait pour moi depuis que j’étais enfant, c’était quelque chose que je n’oublierai jamais. »

Pour certains, la suite ne s’annonçait qu’une formalité. Toutefois, ça ne s’est pas tout à fait déroulé ainsi. En plus d’avoir subi une commotion cérébrale lors d’un match préparatoire contre les Panthers, il a été limité à deux points (1-1) en 27 parties avec l’équipe la saison suivante, sans oublier qu’il lui a fallu disputer 36 parties avec le Rocket.

« Les commotions cérébrales, c’est toujours sérieux comme blessure et tu ne veux jamais en subir, convient l’Américain. Le hockey occupe une grande place dans notre vie, mais au bout du compte, le plus important demeure ta santé mentale et physique. Ç’a été un gros pas de recul pour moi et je voulais revenir au jeu le plus vite possible, mais à un certain moment, tu sens que tu n’es pas tout à fait toi-même et c’est un peu épeurant. Tu ne sais jamais ce qui va se produire et à quel point tu seras en mesure de récupérer. C’était difficile, mais je suis content de m’être rétabli et d’avoir surmonté cette épreuve. »

 

Plus complet et plus constant

Aujourd’hui, Ryan Poehling est passé par toute la gamme des émotions. Les 28 parties qu’il a disputées avec le Canadien lui ont permis de réaliser qu’il avait encore bien des choses à améliorer dans son jeu avant de pouvoir avoir un impact constant avec le Tricolore.

« Ce que ces parties m’ont fait réaliser, c’est que c’était une question de constance et je crois que je m’améliore en ce sens, analyse le numéro 41 du Rocket. Il y a tellement de bons joueurs dans la Ligue nationale qu’il est important de pouvoir produire offensivement, bien sûr, mais aussi d’être capable de bien jouer dans son territoire. Je ressent une grande fierté autant à contribuer offensivement qu’à pouvoir aider mon équipe dans ma zone. Cette saison, ce qui est plaisant, c’est que j’inscris des points au tableau, mais mon entraîneur me fait aussi confiance dans des missions défensives et dans certaines facettes du match. Je voulais faire preuve de constance sur une base quotidienne et je n’ai pas connu autant de mauvais matchs que je pouvais parfois en avoir l’habitude. »

Peu importe la tribune, Joël Bouchard n’a pas manqué de vanter les mérites de son vétéran cette saison. Aux premières loges pour assister à sa transformation, il a notamment salué sa soif d’apprendre et de s’améliorer.

« Deux de mes trois frères étaient plus âgés que moi et lorsque j’étais plus jeune, peu importe le sport que l’on pratiquait ensemble, je voulais compétitionner encore plus qu’eux pour pouvoir les surpasser, se remémore Poehling. Le hockey, ç’a toujours été à propos de la compétition et de l’éthique de travail.

Pour ce qui est de Joël, il m’a appris beaucoup de choses, poursuit-il. Pour un jeune, c’est difficile de faire le saut des rangs collégiaux aux professionnels. Au niveau collégial, c’est un bon calibre de jeu, mais il y a quand même beaucoup d’espace sur la patinoire. Chez les pros, c’est pas mal différent et tu dois prendre ton travail très au sérieux. Joël m’a fait réaliser beaucoup de choses, comme l’importance du positionnement de mon corps, comment bien utiliser mon bâton et toutes ces petites choses auxquelles tu ne penses pas nécessairement, mais qui vont faire de toi un joueur plus complet peu importe le système de jeu dans lequel tu devras jouer. »

Le moment présent est tout ce qui importe pour Ryan Poehling. Pour lui, pas question de regarder trop loin dans le futur, même si un poste de troisième ou quatrième centre pourrait peut-être l’attendre à Montréal l’an prochain. Il fait confiance à la vie et au chemin qu’on lui demande d’emprunter.

« Je suis heureux de l’endroit où je suis présentement, conclut le choix de premier tour du CH en 2017. Je joue beaucoup avec le Rocket et c’est une bonne chose pour moi. Je n’ai jamais eu autant de plaisir depuis que je suis chez les professionnels. Nous avons un bon groupe de gars et je veux devenir le meilleur joueur que je peux être pour moi-même et pour le club. J’espère retourner dans la Ligue nationale, mais rien ne presse. Je fais confiance au processus. »

 

Une relation spéciale avec ses trois frères

Le troisième d’une famille de quatre frères mordus de hockey, Ryan Poehling a eu la chance, au cours de son séjour de trois saisons avec St. Cloud State, d’évoluer avec deux de ses frères, Jack et Nick.

« On a remporté le championnat de la saison régulière de la NCHC ensemble à l’hiver 2019, mentionne-t-il. C’est probablement le trophée le plus prestigieux du hockey collégial avant le Frozen Four. C’était bien de les avoir à mes côtés. Tu joues avec eux à la maison lorsque tu es plus jeune, puis tu joues au collège dans la même équipe qu’eux. Connaître autant de succès ensemble, c’était un moment que nous n’oublierons jamais. Mon autre frère, Luke, n’a jamais joué au hockey avec nous, car il est un peu plus jeune. Nous avons une relation différente ensemble. Il joue présentement au hockey au secondaire au sein d’une superbe équipe. Il joue avec ses meilleurs amis avec lesquels il a grandi lors des huit ou neuf dernières années. Ça me rappelle de beaux souvenirs et je suis content de savoir qu’il vivra des expériences dont il se souviendra pour le reste de ses jours, lui aussi. Je suis très fier de lui et j’espère pouvoir le voir dès que possible. »

 

Des parents qui ont facilité les choses

Évidemment, avec quatre garçons qui jouaient au hockey, les parents de Ryan Poehling, Tim et Kris, ont certes vécu beaucoup d’action à la maison, mais aujourd’hui, il n’existe pas une personne plus reconnaissante que lui.

« Ils m’ont aidé énormément, louange Ryan. C’est toujours rassurant de savoir que peu importe où tu vas jouer ou ce que tu vas traverser comme épreuve, tes parents seront là et voudront simplement le meilleur pour toi. Parfois, comme ç’a été le cas la saison dernière par exemple, ça ne va pas toujours aller comme tu le souhaiterais, mais de savoir qu’ils sont là pour t’épauler, ça aide beaucoup et ça t’amène à avoir une autre perspective de la vie. Le hockey, c’est quelque chose d’incroyable, mais ce n’est pas tout non plus. Ça m’a aidé à simplement me concentrer de jouer au hockey. Je savais que tout allait être correct, peu importe ce qui allait arriver sur la patinoire. Leur support constant a toujours été quelque chose que j’apprécie d’eux. »

Il y a présentement aucun vidéo de disponible.

Social