Alex Chiasson: le calme après la tempête

L’attaquant Alex Chiasson est aux premières loges pour assister aux prouesses de Connor McDavid (photo) et de Leon Draisaitl depuis le début de la saison. (Getty)

Le monde du hockey professionnel est rempli d’incertitude et Alex Chiasson est plutôt bien placé pour en témoigner. De ses débuts fracassants avec les Stars, en 2013-2014, jusqu’à sa conquête de la coupe Stanley avec les Capitals, en 2017-2018, en passant par des séjours infructueux au sein de deux organisations différentes, il a vécu tous les hauts et les bas d’une carrière dans la Ligue nationale en quelques années seulement. On a profité du bon début de saison des Oilers, avec lesquels il semble avoir donné un second souffle à sa carrière, pour prendre de ses nouvelles.

 

Simon Bédard | Hockey Le Magazine

Rédacteur en chef

 

Simon Bédard Alex, avant de s’attarder aux Oilers sur le plan collectif, j’aimerais qu’on parle de toi personnellement. Tu as vécu ta part de hauts et de bas ces dernières années, même après avoir remporté la coupe Stanley avec les Capitals au printemps 2018. Apprécies-tu encore plus la stabilité que t’offrent les Oilers aujourd’hui ?

Alex Chiasson Les années précédentes n’ont pas toujours été faciles pour moi. Ma coupe Stanley avec les Capitals m’a amené beaucoup d’expérience. L’an passé, j’ai eu une belle opportunité de pouvoir jouer avec Connor McDavid et Leon Draisaitl ici, à Edmonton. J’ai eu du temps de jeu sur l’avantage numérique et j’ai pu connaître une saison de 22 buts. C’est une belle situation pour moi, avec les Oilers, et j’ai de belles affinités avec ces gars-là. Cette saison, je suis plutôt confiné au troisième trio, mais ça arrive que ça change au cours d’un match. Malgré les difficultés, j’ai persévéré et l’an dernier, j’ai su saisir ma chance. Mon choix numéro un était de demeurer ici et l’organisation a cru en moi en m’accordant une prolongation de contrat de deux ans. Le changement, ça fait partie de la game et ça ne m’a pas empêché de travailler. Aujourd’hui, je me retrouve avec une jeune équipe qui a encore beaucoup à gagner et qui pourrait être des prochaines séries éliminatoires. Une fois que tu es qualifié, tout peut arriver ! On en a eu la preuve au cours des dernières années.

 

SB D’ailleurs, après le premier quart de la saison, les Oilers étaient en très bonne posture en occupant le premier rang de la division Pacifique. Comment analyses-tu votre début de saison ?  

AC On a connu un bon début de saison. On pense tout de suite à la domination de McDavid et Draisaitl qui nous aide beaucoup. On joue mieux en équipe que par le passé. Le système de jeu est vraiment noir ou blanc, alors chaque joueur sait clairement ce qu’il doit apporter au groupe pour qu’on puisse connaître du succès. De plus, ça passe peut-être un peu inaperçu, mais nos deux gardiens de but, Mike Smith et Mikko Koskinen, nous offrent du jeu de grande qualité et ils nous gardent dans la game lorsque c’est plus serré. On a aussi quelques jeunes joueurs qui ont plus d’expérience et qui ont su saisir leur chance lorsqu’elle s’est présentée. L’équipe est en bonnes mains, mais on demeure l’une des plus jeunes formations de la Ligue nationale. Le personnel d’entraîneurs croit en nous et ça nous donne une chance de l’emporter chaque soir.

 

SB Dirais-tu que la culture a changé chez les Oilers ? Après tout, au cours de l’été, les deux changements les plus significatifs sont survenus au septième étage, avec l’arrivée de Ken Holland comme directeur général et de Dave Tippett comme entraîneur-chef.    

AC L’environnement a changé de manière positive à Edmonton. L’organisation s’est dotée de deux hommes d’expérience qui ont déjà œuvré au sein d’organisations gagnantes. Holland a été à la tête des Red Wings pendant plus de 25 ans, alors que Tippett a beaucoup d’expérience dans le monde du hockey, notamment avec les Stars et les Coyotes. Il apporte une certaine stabilité derrière le banc et on est tous sur la même longueur d’ondes. Depuis le début de l’année, on remarque un vent de renouveau et les changements apportés à l’extérieur de la glace expliquent en partie le succès qu’on connait présentement.

 

SB Sur la glace, les succès des Oilers s’expliquent notamment par la prestation époustouflante des attaquants Connor McDavid et Leon Draisaitl. Qu’est-ce qui t’impressionne le plus chez eux ?    

AC Honnêtement, ils sont un peu dans une classe à part par rapport à d’autres joueurs. Ils ont beaucoup de drive et ils veulent être les meneurs de l’équipe. Lorsqu’ils jouent ensemble, ils ont une connexion qui est un peu difficile à expliquer. McDavid a de la vitesse et il aime attaquer le territoire ennemi et créer de l’espace devant lui ; Draisaitl, lui, est probablement l’un des meilleurs passeurs de la ligue et il est très bon défensivement. L’organisation est très chanceuse de pouvoir compter sur ces deux gars-là. Ce sont deux hockeyeurs exceptionnels, mais aussi deux jeunes hommes qui ont une bonne tête sur les épaules et qui savent où ils s’en vont dans la vie. Ça se ressent à l’extérieur de la glace et c’est contagieux dans le vestiaire. Chaque fois que tu les regardes jouer, tu apprécies le moment. Après tout, ce seront probablement les deux meilleurs joueurs à évoluer dans le circuit pour les 10 ou 15 prochaines années. C’est vraiment impressionnant de pouvoir les côtoyer au quotidien.

 

SB En terminant, j’aimerais que tu me parles de James Neal, dont l’air d’Edmonton semble lui faire le plus grand bien. Est-il vrai de dire qu’il a peut-être relancé sa carrière avec les Oilers ?

AC Je crois qu’il avait connu quelque chose comme 10 saisons consécutives de plus de 20 buts avant de connaître une période plus difficile avec les Flames. Il sait comment se positionner sur la glace et lorsque tu as connu autant de succès dans ta carrière, ce n’est pas quelque chose qui se perd en un claquement de doigts. Avec les Oilers, il a été placé dans une position pour connaître du succès et il a su profiter de cette opportunité. C’est une super acquisition pour notre équipe et c’est un gars qui a beaucoup de millage, notamment avec ses deux participations à la finale de la coupe Stanley et son nombre impressionnant de matchs éliminatoires. De l’expérience, ça ne s’achète pas et c’est ce qu’il apporte au sein de notre vestiaire. Il est très volubile et il n’hésite pas à nous parler entre les périodes lorsqu’on doit corriger certaines choses. Ça amène une dimension différente à un groupe un peu plus jeune.

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