Notre sport national, notre passion: Gregory Charles

Gregory Charles - Photo de courtoisie

Gregory Charles n’a jamais eu la chance de revêtir le prestigieux uniforme bleu, blanc et rouge en tant que joueur, mais son incroyable carrière de musicien lui a permis de se retrouver sur la patinoire du vétuste Forum et du Centre Bell en quelques occasions. Malgré son horaire chargé, il a récemment accepté de partager son expérience avec nous. Une passion qui se fait ressentir dès les premiers échanges avec lui.

 

Simon Bédard | Hockey Le Magazine

Rédacteur en chef

 

HLM Gregory, es-tu un amateur de hockey?

GC Oui, mais surtout un méga-ultra optimiste de hockey et du Canadien. Je suis un amateur à un point tel qu’il y a deux ans [en 2017-2018], quand ç’allait tout croche, j’étais l’un de ceux qui rappelaient aux gens que c’était dans ces moments-là que le Canadien avait besoin de ses partisans. Quand t’es fan d’une équipe, tu l’es jusqu’au bout. Ça ne doit pas seulement servir à critiquer tous les mouvements de personnel effectués par les dirigeants. La conquête de la coupe Stanley par les Blues, l’an dernier, prouve que c’est lorsque ça va moins bien que ton équipe a besoin que tu la supportes. Ça ne me déprime pas quand le Canadien perd. Ça m’achale un peu, mais je suis vraiment de nature optimiste et je trouve que mon devoir, en tant que partisan, c’est d’encourager ces gars-là, un peu comme je le fais en musique avec mes élèves. Ce n’est pas à nous d’établir les standards et les limites de notre équipe, mais bien de tout faire afin de l’aider à surpasser les attentes.

 

HLM Le lien qui t’unit au Canadien est vraiment fort et unique, à ce qu’on peut voir!

GC Je suis un fan à la vie, à la mort du CH. À l’époque des Nordiques, j’aimais les voir bien faire et je ne leur souhaitais jamais de malheur, mais je demeurerai toujours un ardent partisan du Tricolore. Chez nous, ça représente quelque chose de spécial. Mon père a déjà marché avec Martin Luther King et lorsque je lui ai demandé qui était son héros dans la vie, il m’a répondu ‘Jean Béliveau’. Ça dit quelque chose ! Un jour, après l’un de mes spectacles au Centre Bell, mes parents se dirigeaient vers moi pour me voir et mon père était presque rendu dans mes bras. Lorsqu’il a aperçu Jean Béliveau, qu’il n’avait jamais encore rencontré, il a rebroussé chemin et il s’est dirigé vers lui pour lui serrer la main. Pour lui, il représentait un homme d’une grande noblesse. À la maison, on a vraiment un amour et une passion profonde pour ce sport-là.      

 

HLM Donc, si on comprend bien, ce sont tes parents qui t’ont transmis cette ardeur pour le hockey et le CH?

GC Mon histoire d’amour avec le hockey remonte à il y a très longtemps. Je viens d’un petit village, dans le comté de Drummondville, qui s’appelle St-Germain-de-Grantham, et on jouait avec Yvon Lambert à la patinoire extérieure. Mon grand-père était un grand fan de tous les numéros 9. Il aimait autant Maurice Richard qu’Andy Bathgate, vous voyez le genre ? Lorsque mon père est arrivé ici, dans les années 1960, il est aussitôt tombé en amour avec ce sport-là. Plus jeune, je connaissais Al MacNeil avant de connaître Pierre-Elliot Trudeau. Je viens d’une famille d’encyclopédistes, donc j’en connaissais pas mal à ce sujet. Ç’a toujours été un sujet très présent à la maison. Dans ma famille, le hockey est aussi important que la musique.    

 

HLM Quel type de partisan du Canadien es-tu ?

GC J’ai toujours assisté à une quinzaine de matchs par saison. J’étais là lors des séries éliminatoires de 1986, 1989 et 1993, entre autres. Mon rapport avec le Canadien a toujours été très, très fort. Je me rappelle de Sergio Momesso et de Serge Boisvert, par exemple. Je ne suivais pas seulement les grandes vedettes de l’équipe. Je suis aussi du genre à avoir eu un chandail de tous les joueurs, même de Jim Roberts. Comme kid, j’étais un super fan de Jacques Lemaire. Je trouvais que c’était le meilleur joueur du club au moment où il était là. C’était un centre qui, à mon avis, était sous-estimé. Il y avait toujours trois ou quatre rivaux qui fonçaient vers lui, ce qui laissait le Démon Blond fin seul à l’aile. J’aimais aussi Pete Mahovlich. On disait toujours qu’il ne passait jamais la rondelle, mais il finissait toujours parmi les meilleurs passeurs de l’équipe.

 

HLM Au cours de ta carrière, tu as déjà eu la chance d’interpréter les hymnes nationaux au Forum et au Centre Bell. Pour un passionné comme toi, il doit s’agir d’un sentiment spécial?

GC Le feeling est vraiment fantastique. J’interprèterais les hymnes nationaux au Centre Bell n’importe quand ! C’est aussi l’occasion, pour les gens qui assistent au match, de te démontrer une certaine forme d’affection. Une fois, la saison dernière, je ne sais trop pourquoi, mais j’ai eu l’impression que les applaudissements des gens étaient aussi une sorte d’affection envers moi et mon travail. Comme artiste, c’est rare que tu reçois quelque chose comme ça dans un contexte autre que l’un de tes spectacles. Faire partie de l’environnement du CH, c’est toujours un gigantesque honneur pour moi. Ce n’est peut-être pas à titre de joueur, mais il y a un sentiment spécial à embarquer sur la patinoire, l’instant de quelques minutes, devant tous ces amateurs. Ça me fait vibrer à fond !

 

HLM En terminant, tu as été au cœur du Habs Band, qui s’est donné en spectacle lors de quelques matchs du Canadien au Centre Bell l’an dernier. Comment as-tu trouvé l’expérience?    

GC Le Canadien a été l’une des premières organisations à innover de la sorte. On était installé entre deux rangées, dans les estrades, et c’était bien dans son ensemble, mais dans un amphithéâtre où les billets ne sont pas tous vendus, voire où certaines sections doivent être fermées, l’expérience serait encore plus probante. Après l’année hasardeuse de 2017-2018, je voulais contribuer à rendre l’expérience client encore plus intéressante la saison suivante et ç’a mené au Habs Band. On a reçu une multitude de bons commentaires, mais on n’avait pas beaucoup de temps pour jouer. Je suis certain qu’on va voir de plus en plus d’initiatives du genre au cours des prochaines années, car l’expérience client hockey va être appelée à changer.

 

En tirs de barrage

*Ton équipe préférée dans la LNH ? Le Canadien !

*Quelles équipes détestes-tu le plus dans la LNH ? Les Sharks et les Flames.

*Ton ou tes idoles de jeunesse ? Yvan Cournoyer et Jacques Lemaire. Par contre, mon joueur préféré à vie demeurera toujours Henri Pocket Rocket Richard. Il est l’un des plus sous-estimés de l’histoire !

*Qui t’impressionnes le plus actuellement dans la LNH ? Sidney Crosby. Il n’est pas arrêtable ! Il est comme le Roger Federer du hockey.

*Ton joueur préféré chez le Canadien présentement ? Brendan Gallagher. Il y a des joueurs plus talentueux que lui, mais il ne va jamais abandonner sur la glace.

*Le plus beau chandail dans la LNH ? Celui des Blackhawks.

*Et celui que tu aimes le moins? Le chandail le plus foncé des Coyotes. Ce n’est pas nécessairement parce qu’il est laid, mais bien parce qu’il n’a pas vraiment l’air d’un chandail de hockey.

*En juin prochain, le gagnant de la coupe Stanley sera ? L’Avalanche. Ça va être LE club de l’Association Ouest !

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